‹ Les femmes savantes; comédie en cinq actes. Ed. nouv., à l'usage des classesChapitre 5 sur 99 · Se rendre, pour devenir. Cf. Tartuffe, III, iv · texte numérisé non relu

Se rendre, pour devenir. Cf. Tartuffe, III, iv

Kon, Damis; il sufût qu'il se rende plus sage.

6. Armande a le même orgueil que l'Arsène de La Bruyère. « Arsène, du plus haut de son esprit, contemple les hommes, et, dans l'éloigncment d'où il les voit, il est comme effrayé de leur petitesse. »

7. Armande se monte la tête, se grise de ses paroles; mais tout son lyris.me ne saurait la défendre de la pédanterie, comme l'attestent ces vers.

Me paraissent aux yeux * des pauvretés horribles'.

HENRIETTE

Le ciel, dont nous voyons que l'ordre est tout-puissant,

Pour différents emplois nous fabrique en naissant ;

Et tout esprit n'est pas composé d'une étoffe

tiui se trouve taillée à faire un philosophe ^

Si le vôtre est né propre aux élévations

Où montent des savants les spéculations,

Le mien est fait, ma sœur, pour aller terre à terre,

Et dans les petits soins son faible se resserre.

Ne troublons point du ciel les justes règlements,

Et de nos deux instincts suivons les mouvements.

Habitez, par l'essor d'un grand et beau génie,

Les hautes régions de la philosophie :

Tandis que mon esprit, se tenant ici-bas,

Goûtera de l'hymen les terrestres appas.

Ainsi, dans nos desseins l'une à l'autre contraire*,

Nous saurons toutes deux imiter notre mère :

Vous du côté de l'âme et des nobles désirs,

Moi du côté des sens et des grossiers plaisirs ;

Vous aux productions d'esprit et de lumière.

Moi dans celles, ma sœur, qui sont de la matière.

ARMANDE

Quand sur une personne on prétend se régler, C'est par les beaux côtés qu'il lui faut resscniblor "5, Et ce n'est point du tout la prendre pour modèle,

i. a. Misanth., II, y:

La géante parafi*uDe déesse aux yeux.

2. Dans le jargon des Précieuses ces mots horrible, terrible, furieux, tenaient une large place. Cathos et Madolon les ont toujours à la bouche. Les coteries littéraires ont de tous les temps eu du goût pour ces extravagances de langage. Nos romantiques ont ainsi abusé des mots immense, énorme, etc.

3. Le langage d'Henriette est simple et droit comme son cœur, net et juste comme son esprit. Notez le contraste entre les métapliores bourgeoises nu'elle emploie, et les images pompeuses chères à sa sœur. Henriette les reprend, non sans ironie.

4. Cela ne signiûe pas : « nous nous contrarierons dans nos desseins, » mais, « nos desseins sont dilTércnts, symétriquement opposés. » Cf. le latin contrarius, et RiciRB, Britannic, IV, ii :

J'eus soin de tous clioisir, par un contraire choix, 'De* gouTcroeiirs que Kome honorait de la voix.

5. On lit dans le Bolœana de Monchesnay : « Ce fut M. Despréaux qui corrigea ces deux vers de la 1" scène des Femmes savantei, que le poète comique kvait faits ainsi :

Quand >ur une pcrionne on prétend l'ajuster, C'est par les beaux cvt«i qu'il la faut ioiilcr.

Page 1