ACTE III, SCENK V
VADIUS
Allez, rinieur de balle', opprobre du métier.
TRISSOTIN
Allez, fripier d'écrits, impudent plagiaire.
VADIUS
Allez, cuistre...*.
PHILAMINTE
Eh, messieurs! que prétendez-vous faire?
TRISSOTIN, à Vadius.
Va, va restituer tous les honteux larcins Que réclament sur toi les Grecs elles Latins.
VADIUS
Va, va-t'en faire amende honorable au Parnasse D'avoir fait à tes vers estropier Horace.
TRISSOTIN
Souviens-toi de ton livre, et de son peu de bruit.
VABIUS.
Et toi, de ton libraire à l'hôpital'réduit.
TRISSOTIN
Ma gloire est établie, en vain tu la déchires.
VADIUS
Oui, oui, je te renvoie à l'auteur des Satires.
TRISSOTIN
Je t'y renvoie aussi.
VADIUS
J'ai le contentement Qu'on voit qu'il m'a traité plus honorablemenf. 11 me donne en passant une atteinte légère^, Parmi plusieurs auteurs qu'au Palais on révère; Mais jamais dans ses vers il ne te laisse en paix. Et l'on t'y voit partout être en butte à ses traits*.
< . La ballf, c'est l'enveloppe grossi^i'e des marchandises. Ue la le sens méprisant de re\pres;-ion de Vadius. Dans la. Femme juge et partie de NontûeaTy on lit: «En effet ce petit juge de bulle est fier. »
2. Cuistre, c'est-à-dire ■valet de collège. « Cuistre n'est qu'une autre prononciation de coustre, sacristain, du latin custos. Le sens aura facilement passé de serviteur d'église à serviteur de collefje. » (Littub.)
H. Voir BoiLEic, Sat. IV, vers 86.
4. C'est surtout dans la satire IX que Cotin est malmené. Son nom y Qgiire jusqu'à neuf fois. «Les amis du poète craignirent que le fréquent retour du mènie nom ne parût affecté et ne déplût aut lecteurs : Il faut voir, dit-il ; je consens d'ôfer tout ce qui sera de trop. On s'assembla, on lut la satire entière'; mais on trouva partout |e nom de Colin si bien placé, qu'on ne crut pas qu'il y eût aucun le ces endroits qui dût être retranché. » (Brossettb.)
TRISSOTIN
C'est par là que j'y tiens un rang plus honorable. Il te met dans la foule, ainsi qu'un misérable ; II croit que c'est assez d'un coup pour t'accabler, Et ne t'a jamais fait l'honneur de redoubler ; Mais il m'attaque à part, comme un noble adversaire Sur qui tout son effort lui semble nécessaire ; Et ses coups, contre moi redoublés en tous lieux, Montrent qu'il ne se croit jamais victorieux.
VADIUS
Ma plume t'apprendra quel homme je puis être.
TRISSOTIN
Et la mienne saura te faire voir ton maître.
VADIUS
Je te défie en vers, prose, grec et latin '.
Eh bien 1 nous nous verrons seul à seul chez Barbin «.