CHRYSALE, ARISTE, CLITANDRE, HENRIETTE, ARMANDE
CHRYSALE, à Henriette, lui présentant Clitandre.
Allons, ma fille, il faut approuver mon dessein. Otez ce gant. Touchez à monsieur dans la main ', Et le considérez désormais dans votre âme En homme dont je veux que vous soyez la femme
ARMANDE
De ce côté, ma sœur, vos penchants sont fort grands.
HENRIETTE. '
Il nous faut obéir, ma sœur, à nos parents; Un père a sur nos vœux une entière puissance ».
ARMANDE
Une mère a sa part à notre obéissance.
CHRYSALE
Qu'est-ce à dire ?
ARMANDE
Je dis que j'appréhende fort Qu'ici ma mère et vous ne soyez pas d'accord ; Et c'est un autre époux,. .
CHRYSALE
Taisez-vous, péronnelle; Allez philosopher tout le soûl avec elle, Et de mes actions ne vous mêlez en rien. Dites-lui ma pensée, et l'avertissez bien Qu'elle ne vienne pas m'é chauffer les oreilles». AUons vite.
1. Cf. Bourg, gentilh., V. ti ; « Allons, touchez-lui dans la main et rendei glace au ciel de voire bonheur. »
2. Dans V Horace de Corneille, Curiace, annonçant à Camille qu'il a obtenu que le vieil Horace consentît à leur mariage, lui dit : « Vous ne deviendrez pas rebelle à sa puissance, > et Camille lui répond par ce vers de comédie, qui fait songer à Henriette :
I Le devoir d'une Bile est dans l'ubcissance.
3. S'il n'était si bonhomme, Clirysale battrait volontiers sa femme sur le dos de sa tille Armande. (Nisàbd.}