‹ Les femmes savantes; comédie en cinq actes. Ed. nouv., à l'usage des classesChapitre 77 sur 99 · ACTE lY, SCÈNE III. g · texte numérisé non relu

ACTE lY, SCÈNE III. g

Tl semble à trois gredins ^ dans leur petit cerveau,

Que, pour être imprimés et reliés en veau.

Les voilà dans FÉtat d'importantes personnes ;

Qu'avec leur plume ils font les destins des couronnes :

Qu'au moindre petit bruit de leurs productions,

Us doivent voir chez eux voler les pensions ;

Que sur eux l'univers a la vue attachée ;

Que partout de leur nom la gloire est épanchée,

Et qu'en science ils sont des prodiges fameux,

Pour savoir ce qu'ont dit les autres avant eux.

Pour avoir eu trente ans des yeux et des oreilles,

Pour avoir employé, neuf ou dix mille veilles

A se bien barbouiller de grec et de latin.

Et se charger l'esprit d'un ténébreux butin

De tous les vieux fatras qui traînent dans les Uvres

Gens qui de leur savoir paraissent toujours ivres;

Riches, pour-tout mérite, en babil importun « ;

Inhabiles à tout, vides de sens commun;

Etpleins d'un ridicule et dune impertinence*

A décrier partout l'esprit et la science.

PHILAUINTE.

Votre chaleur est grande ; et cet emportement De la nature en vous marque le mouvement. C'est le nom de rival qui dans votre âme excite...

1. Gredin ici ne veut rien dire de plus que pauvre hère. C'est au reste le sens primitif de ce mot. « C'était un bon temps pour les gredins que celui de Chapelain, à qui la maison de Longueville donnait douze mille livres tournois annuellement pour sa Pucelle. » (Voltaire, Lettre à d'Arge)\tal.)

Qiin ce» gen? oui bonne grâce.

Qui, vont en chaque maison, Pleins lie Tcrence et d'Horace, En parler hor? de saison!

Ils ne font point de vi-ite.

Sans chercher des auditeurs ' Qui leur fassent un mérite De celui des vieui auteurs.

(Saiht-Evhemond . ) I. Apres cette tirade de Cliiandre, il faut relire le chapitre de .Montaigne sar le Pédantisme, {Essais, I,xiiii,)

8 i LES FEMMES SAVANTES.

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