NO
Lait naturel.
Gain 37.
Gain 19. j
Gain 23.
Gain 25.
Gain 62.
Gain 36.
Gain 57.
Gain 70.
Lait à demi peptoaisé.
Gain 67.
Perte 6.
Perte 6.
Gain 12.
Gain 83.
Perte 7.
GaiD 10.
Gain 95.
Gomme on n'avait pas laissé d'intenralle entre les deux séries d'expériences, les poids, au début de la seconde, étaient les mêmes qu'à la fin de la première. Le brusque changement de régime dfes n°* 3 et 4 produisit un trouble notable dans leur nutrition; néanmoins leur santé générale n'en souffrit pas, et ils montrèrent la même avidité que par le passé, malgré ce régime modifié. Diîrant les trois premiers jours, les n"* 3 et 4 augmentèrent de poids d'une manière inusitée, — disproportionnellement en comparaison de leurs camarades.
Puis il y eut un arrêt; pendant les quatre jours suivants, non seulement ils ne gagnèrent pas en poids, mais semblèrent même avoir subi une légère perte. Dans les derniers trois jours, ils avaient
engraissé et semblaient être tout à fait remis du trouble temporaire causé par le changement de régime. Cette série de phénomènes me suggéra l'explication suivante, sur l'exactitude de laquelle je ne me permettrai pas d'insister. Il me semblait que le repos forcé, imposé aux organes digestifs pendant une période de vingt jours , durant laquelle on s'était servi d'aliments complètement peptonisés, avait dû temporairement en affaiblir la vigueur naturelle, précisément comme l'inactivité d'un membre en diminue pour un temps la force musculaire. Durant la première période qui suivit imniédiatement le changement de régime, les forces digestives en disponibilité furent subitement rappelées à reprendre leur besogne; mais, par suite de l'affaiblissement produit par le manque d'exercice, elles étaient incapables de répondre à l'appel avec la promptitude voulue, et pendant ce temps les matériaux non digérés s'accumulaient dans l'intestin. C'est cette accumulation qui expliquerait l'augmentation inusitée du poids pendant la première période. Durant la suivante, l'embarras digestif se fit sentir : ce qui provoqua un arrêt dans les processus d'accroissement et de nutrition ; les animaux cessèrent de croître et d'augmenter de poids. Pendant la dernière période, l'affaiblissement temporaire des organes digestifs alla en se dissipant, à mesure que l'exercice leur redon-
naît leur vigueur originaire, et raccroissement ainsi que l'augmentation de volume recommencèrent.
Que cette explication soit juste ou non, les conclusions que semblent indiquer ces faits n'en restent pas moins vraies : c'est qu'abstraction faite de quelques cas particuliers, où la force digeslive est tout à fait perdue ou complètement paralysée, il est plus avantageux de se servir d'une nourriture soumise à une digestion artificielle partielle que de celle complètement digérée. Si le sujet jouit .encore de quelques forces digestives, il vaut m^eux les utiliser que de les laisser se détériorer davantage par manque d'usage. Gela est d'accord avec la règle appliquée à toutes les fonctions affaiblies, où nous cherchons à concilier un repos partiel avec un exercice modéré.
Expériences cliniques sur V emploi des aliments peptonisés.
L'extrême difficulté que l'on a d'arriver à de» conclusions satisfaisantes touchant l'action de» agents thérapeutiques n'est ignorée d'aucun esprit judicieux. La difficulté est plus grande encore quand il s'agit d'indiquer l'action des agents dié-
tétiques. J'ai recueilli dans ma pratique médicale un nombre considérable de faits, embrassant uae période de deux ans, touchant l'emploi par les malades du lait peptonisé et du gruau au lait peptonisé; il me serait donc facile de grouper fn faisceau les cas où une amélioration et même la guérison auraient suivi l'emploi de ces agents diététiques. Mais des preuves de ce genre seraient illusoires, à moins d'être contrôlées par une analyse des circonstances particulières de chaque cas, qui me permettrait d'isoler l'influence de ses moyens diététiques. Dans l'immense majorité des cas, une pareille analyse est complètement impossible : les conditions particulières que l'on devrait prendre en considération sont très multiples et leur influence relative très difficile par conséquent à déterminer. Dans une question de œ genre, on est obligé, dans une certaine mesure, de se tenir en garde contre les impressions générales et les déductions basées sur les conditions physiologiques. Il y a néanmoins certains cas, incurables pour la plupart, dans lesquels les conditions sont suffisamment simplifiées pour qu'on puisse en tirer des conclusions directes, dignes de foi.
Je trouvai que le gruau au lait peptonisé était généralement préféré au lait peptonisé , comme plus agréable au palais ; aussi le plus grand nom-
bre de mes observations portent-elles sur la première de ces préparations. J'eus aussi lieu de me cotivaincre qu'à part quelques très rares exceptions le gruau au lait peptonisé était très bien toléré par l'estomac des malades, et qu'un régime exclusivement borné à cet aliment pouvait être suivi pendant des semaines consécutives sans provoquer le plus léger symptôme d'appauvrissement dans la nutrition.
Les cas où l'emploi des aliments peptonisés semblait produire les résultats les plus favorables étaient ceux d'une anorexie bien caractérisée et ceux où l'estomac en était arrivé à ne plus tolérer la nourriture et rejetait toute espèce d'aliments. On résumé rapide des résultats obtenus dans des cas de ce genre pourra, je le crois, être de quelque utilité.
Vomissements urémiques. — Dans la phase avancée de la maladie de Bright, des vomissements incessants, rebelles à tout remède, sont un symptôme fréquent. J'ai vu pourtant, dans quelques cas de ce genre, les vomissements cesser du coup et ne plus se répéter, grâce à l'usage du gruau ani lait peptonisé. La maladie n'en poursuivait pas moins son cours fatal, mais le mourant éprouvait on réel soulagement.
Catarrhe gastrique. ^-* Cette forme do catarrtoe gastrique , Némésis qui suit ordinairement les ex-
ces alcooliques, cède parfois immédiatement à l'emploi des aliments peptonisés. Dans la dernière période de la cirrhose, l'estomac en arrive souvent à ne plus tolérer aucune espèce de nourriture, à rejeter le bouillon et le lait dilué, pris même à doses minimes. Le soulagement procuré aux malades, dans quelques-uns de ces cas, par l'emploi du gruau au lait peptonisé, était frappant ; les vomissements s'arrêtaient presque du coup et l'intolérable sensation de distension était diminuée.
Crise du mal cardiaque. — Les personnes atteintes d'une dilatation cardiaque avec insuffisance valvulaire traversent, avant de succomber à leur mal, des crises qu'il est possible de soulager. Elles se manifestent par une stagnation générale de la circulation veineuse, par une forte congestion des poumons, du foie et des reins, ainsi que par une hydropisie galopante. Ces symptômes sont d'ordinaire accompagnés par l'insomnie et par un dégoût très prononcé pour toute nourriture. Je puis certifier que des aliments peptonisés procurent dans ces cas un soulagement marqué.
J'avais observé depuis longtemps, comme sans doute plus d'un parmi vous , que l'emploi d'une nourriture exclusivement liquide, — par exemple du lait, ou du gruau au lait, administré incessamment à petites doses pendant les heures de veille — produisait parfois un efiet excellent dans des cas
de ce genre ; bien entendu, on avait soin d'interdire au malade toute nourriture solide et copieuse. Aussi comme je ne manquai pas, en prescrivant les aliments peptonisés, d'insister sur ce qu'ils fussent administrés exactement de même, à petites cuillerées, les excellents résultats que j'en obtins tenaient certainement en partie à cette dernière circonstance. Pourtant, en observant l'effet des aliments liquides naturels et celui des mêmes aliments artificiellement digérés, administrés les uns après les autres, j'eus lieu de me convaincre de l'extrême supériorité de ces derniers.
Anémie pernideme. — Je suis porté à croire que, dans les premières phases de cette maladie exotique, les aliments peptonisés pourraient fournir une ressource précieuse. Quand le mal, quoique complètement déclaré, était comparativement d'origine récente, je réussis dans les derniers dix-huit mois à en enrayer le cours à l'aide du gruau au lait peptonisé. Dans un cas, par suite de l'irritabilité de l'estomac, on fut obligé, au commencement, d'administrer le gruau au lait avec de l'extrait pancréatique , par le rectum ; mais l'estomac arriva bien vite à le tolérer. Pour trois cas de ce genre, l'amélioration alla jusqu'au rétablissement complet. Mais, dans des cas anciens, j'échouai, en me servant des mêmes moyens, à obtenir la plus légère amélioration.
Ulcères gastriques. — L'emploi d'une nourriture exclusivement liquide, administrée continuellement de la manière ci-dessus indiquée, est un moyen thérapeutique aussi efficace que généralement adopté dans les cas de ce genre. Mais, depuis que je me sers du gruau au lait peptonisé, il me semble avoir obtenu des résultats plus satisfaisants encore, surtout dans les cas compliqués d'affections épigastriques. Le repos presque absolu que cet aliment procure à l'organe malade est un avantage de plus. Qu'il mé soit permis de citer un cas. Le malade souffrait d'hématémèses aussi fréquentes qu'abondantes et de vives douleurs à l'épigastre. L'irritabilité de son estomac était telle que la nourriture la plus simple, prise en quantité minime, était immédiatement rejetée. Le gruau au lait peptonisé fut néanmoins toléré du premier coup ; les vomissements ne se reproduisirent que deux ou trois fois, pendant les deux premiers jours du traitement, pour disparaître ensuite complètement, ainsi que les douleurs à l'épigastre. Pendant six semaines, le malade ne prit point d'autre nourriture, absorbant quotidiennement de deux à trois pintes du gruau en question ; il reconquit de l'embonpoint et des forces.
Obstruction du pylore et des intestins. — Les aliments peptonisés semblent être spécialement indiqués dans ces cas. Pourtant je fus légèrement dé-
sappointé par les résultats obtenus. 11 est vrai que les vomissements cédaient presque toujours ; mais quant au dénouement fatal, dans lès cas de rétrécissement du pylore^ il n'y avait pas lieu d'admettre qu'il fût retardé même d'un jour. Quand l'obstruction n'était que temporaire, produite par une cause accidentelle 5 les résultats obtenus étaient certainement plus satisfaisants. 11 serait intéressant d'essayer l'usage du lait peptonisé ou partiellement peptonisé dan^ les catarrhes gastriques et intestinaux des petits enfants. Dans un cas très grave de ce genre, j'obtins immédiatement un résultat favorable; dans un autre, Testomac tolérait bien plus facilement cette nourriture que le lait simplement dilué. Il serait non moins intéressant d'expérimenter l'alimentation peptonisée dans la fièvre typhoïde et dans la vieillesse très avancée. Les potages, les gelées et les blanc-manger que l'on a appris à préparer permettent de donner plus de variété à ce genre d'alimentation et d'éviter ainsi le reproche de monotonie si souvent adressé au gruau au lait peptonisé.
Usage de Vextrait pancréatique mélangé aux alim&nts avant le repas. — L'emploi de l'extrait pancréatique pendant le repas ou immédiatement après ne peut avoir, selon moi, qu'une utilité fort limitée. En pénétrant dans l'estomac, les ferments pancréatiques y rencontrent l'acide du suc gaslri-
que; celui-ci, s'il est trop énergique, détruit l'activité des ferments. Pourtant, comme un intervalle de temps assez considérable s'écoule avant que l'acidité ait atteint ce degré, les ferments pancréatiques peuvent accomplir une certaine partie de leur besogne. J'ai administré plus d'une fois aux malades l'extrait pancréatique de cette manière, mais je n'ose pas décider s'il en est résulté quelque bien. Grâce à une légère modification que j'ai essayé d'appliquer depuis peu, j'espère obtenir de meilleurs résultats. C'est de mélanger l'extrait pancréatique aux aliments 15 ou 20 minutes avant de les manger. Certains mets dont se servent ordinairement les malades — les gruaux farineux, le lait, le pain^ le beurre, le lait légèrement coupé de thé, de café ou de cacao et les potages liés avec des matières féculentes ou du lait — sont très appropriés à cet usage. Une ou deux cuillerées à thé de la liqueur pancréatique sont ajoutées à quelque aliment servi tout chaud, et telle est la force active de la préparation que, tant que le malade mange encore, — à condition qu'il mange lentement, comme doit le faire tout malade,' — un changement visible se produit dans le creux même de son assiette : le gruau devient plus aqueux, le lait change un peu de couleur ou même se caille légèrement, et le pain trempé dedans s'amollit. Cette transformation continue dans l'estomac et il est
probable que l'œuvre de la digestion se trouve fort avancée avant que Tacide gastrique ait eu le temps d'intervenir.
Cette manière d'administrer les préparations pancréatiques est aussi simple que commode. On n'a besoin ni d'y ajouter de l'alcali, ni de les soumettre à la coction finale. La seule précaution à observer, c'est que la température des aliments auxquels on ajoute l'extrait pancréatique ne dépasse pas 150 F. (65^ G.). C'est un point qu'il est facile de vérifier, la bouche ne tolérant aucun liquide, même dégusté avec précaution, s'il dépasse 140° F. (60° C). Par conséquent, du moment où les aliments sont tolérés par le palais, on peut y ajouter l'extrait, sans compromettre en aucune façon l'activité du ferment.
Extrait pancréatiqtie ajouté aux lavements nutritifs. — L'extrait pancréatique est particulièrement adapté pour être administré avec les lavements nutritifs. On prépare de la manière ordinaire un lavement avec du gruau au lait et du bouillon, et, au moment même de l'administrer, on y ajoute une cuiller à dessert de liqueur pancréatique. Les ferments trouvent dans la chaude température viscérale un milieu favorable pour exercer leur action sur les matériaux nutritifs auxquels ils sont mélangés; et ici point de sécrétion acide pour intervenir dans le processus digestif et en enrayer la marche.
Ayaut eu l'occasion d'expérimeater cette méthode, j'en ai obtenu des résultats satisfaisants. L'un des cas était un malade atteint d'un abcès post-pharyngien qui lui obstruait complètement l'œsophage. Durant trois semaines, jusqu'à Tauverture de l'abcès, on soutint sa nutrition exclusivement par des lavements de gruau au lait, mélangé avec de l'extrait pancréatique.