‹ Les fermentsChapitre 11 sur 12 · DEMAIN · texte numérisé non relu

DEMAIN

"Je songe aux blés coupés qui ne sont point les nôtres, Et dont les épis mûrs font du pain pour les autres.'' Jean Richepin.

Le Chemineau.

Demain

"Je songe aux blés coupés qui ne sont point les nôtres, Et dont les épis mûrs font du pain pour les autres."

Jean Riehepin,

Le Chemineau.

Froments nouveaux, serrez vos rangs précipités. Faites-en le rempart des saines libertés, Afin que vos épis, en nourrissant les autres, Répandent la vertu des blés qui furent nôtres. Prodiguez largement vos levains généreux, Pour que l'homme ait au front moins de plis

[ténébreux:

L'âme qui ne croit plus aux fortes destinées Ne connaît pas la joie, et ses peines sont nées.

Je veux que ma vigueur allège les fardeaux

Chez ceux-là qui demain quitteront leurs bandeaux.

Je crois en l'avenir et pour lui je travaille

En réveillant le pain qui dort sous la broussaille.

La hache en main, j'abats l'ombre des pins géants,

Et rouvre aux feux du ciel tous les pores béants,

Afin que le soleil verse à foison la vie

Dans l'ombre où sa lumière ardemment poursuivie

Laissait mourir le germe et pâlir le ferment.

Je porte en l'abatis le chaud effarement

Du fer et de la flamme, et délivre la terre,

Que l'azur reconquis soulage et désaltère,

En noyant de ses rais l'éveil des noirs limons.

Puis je conduis le soc sous l'effort des timons,

Et le sol rudoyé des brûlantes novales

Féconde en ses retraits les gloires estivales.

Les blés semés, germés, dorés, mûris, coupés,

Pour remercier Dieu rouvrent les poings crispés.

Ce n'est pas en voyant s'épanouir la glèbe

Sous le regard ému des vieux et de l'éphèbe

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