LES FÉRMET^TS MÉTALLIQUES
une décomposition qui s'est produite, mais bien un . simple dépôt de particules extrêmement fines de métal, gui n'offrent certainement aucun danger.
Les dernières solutions d'argent qui nous ont été données par M. E. de Laire, solutions préparées dans les conditions les plus rigoureuses de propreté chimique, présentent des particules d'une finesse que G. Bardet n'avait pas encore constatée; quand elles déposent, le dépôt est d'une finesse remarquable et ce dépôt est adhérent au verre et si fin que, par agitation, il semble se redissoudre (ce qui n'est probablement qu'une simple apparence). Je n'aurais aucune crainte en me servant de semblables solutions, car l'activité dure tant que le liquide reste coloré, et l'introduction dans les tissus d'aussi petites quantités de corpuscules solides de si fines dimensions, ne me parait avoir aucun inconvénient.
G. Bardet a pu examiner à la Sorbonne, dans le laboratoire de M. Dongier, des solutions d'argent datant de plus d'une année ; ces solutions sont fort peu colorées; elles étaient restées dans le laboratoire sans qu'on eût pris aucune précaution particulière pour les conserver; le fond de la bouteille était tapissé par un abondant dépôt métallique, et cependant l'examen à l'ultra-microscope dénotait la présence de particules très fines encore très actives, et l'action catalytique avait persisté.
Ces considérations ont leur importance, car nous ne savons si l'on pourra arriver à conserver intactes
les solutions de ferments métalliques pendant très longtemps, et il n'est pas indifférent d^ savoir que leur activité se manifeste encore après la casse, pourvu qu'il reste des particules actives. »
50 Conservation des solutions. Leurs agents de destruction. — Si le titre d'activité se conserve, quand le dépôt du métal a déjà commencé, il arrive aussi, d'après G. Bardet, que cette activité disparaisse quand cependant rien n'annonce cette désagrégation de la solution ou plutôt cette agrégation des grains mobiles. Chose très curieuse et qui a été mise en lumière par Bredig, les ferments métalliques meurent comme les ferments organisés, comme les levures et comme les enzymes, quand on les chauffe au-dessus de 750 ou quand ils sont soumis à l'action de certains agents toxiques. Leur action catalytique cesse brusquement, sans que pourtant le métal ait paru subir aucune transformation : en effet, la solution garde absolument le même aspect.
C'est que l'acte fermentatif, qui n'est autre chose qu'une action catalytique, ne peut s'accomplir en dehors de certaines conditions physiques et chimiques, et .point n'est besoin, d'ailleurs, dé l'intervention de corps considérés comme toxiques, dans le sens que nous y attachons d'ordinaire ; il suffit du contact d'électrolytes, de sels très inoffensifs pour produire cette mort du ferment ; c'est ainsi que le chlorure de potassium tue instantanément l'activité diastasique d'une solution de ferments