I. — Considérations générales
J'ai suivi, pour l'étude des ferments métalliques, la même méthode que pour les diastases organiques. Les solutions employées furent celles d'argent, d'or, de platine et de palladium (hydrosols), et celle de manganèse combiné à l'albumine sous l'influence d'un alcali (organosols). La plupart de ces solutions furent préparées par G. Bardet, d'autres par Bour- NiGAULT, mon chef de laboratoire (1).
Les injections hypodermiques d'hydrosols ne provoquent aucune douleur. Les injections intraveineuses sont fort bien tolérées et n'ont jamais donné lieu à aucun accident. Mais, comme je l'ai dit plus haut, les injections hypodermiques d'prganosols sont douloureuses, en raison de leur légère alcalinité.
Ces solutions ne produisent, chez les animaux,
(1), Voyez pour le mode de préparation, p. 18, et Adrian , Bulletin général de thérapeutique, 30 mars et 15 avril 1904.
aucun effet physiologique appréciable à Tobservation simple. Il en est de même chez Thomme sain. Mais si Ton examine les modifications apportées dans les échanges généraux et respiratoires, la température et la tension artérielle, on observe des faits importants qui nous serviront de guide pour fixer les indications thérapeutiques que les ferments métalliques sont capables de remplir. [
II. — Action des ferments métalliques sur les échangées gpénéraux.
Mettons de suite au premier plan qu'après l'injection des ferments métalliques, l'examen clinique de l'urine suivant le procédé de Gubler donne exactement les mêmes phénomènes qu'après les injections des diastases organiques, à savoir la décharge d'acide urique, l'augmentation de l'urée, la formatioji d'une grande quantité de produits indoxyliques, l'apparition possible et toujours temporaire de l'albumine, enfin, la disparition fréquente d'une globulinurie antérieure, dans quelques cas pathologiques.
Cette similitude absolue d'effets est frappante. On peut dire que dans les cas morbides, elle ne manque pour ainsi dire jamais, surtout quand il s'agit d'affections pyrétiques. Elle comporte déjà, à elle seule, un argument décisif en faveur de la conformité qui existe entre l'action des diastases orga-
LES FERMENTS >iÉTALLIQUES, 71
niques et celle des ferments métalliques, et elle entraine, à propos de ces derniers, toutes les conclusions que nous avons tirées, à propos des premières et sur lesquelles je n'ai pas à revenir.
En ce qui concerne les ^changes généraux, il m'a été impossible de poursuivre avec assez d'exactitude mes olîservatiojas chez l'homme sain, mais en dehors d'une série d'analyses partielles, j'ai pu réaliser un certain nombre d'analyses plus complètes, dont l'une chez une femme très anémique atteinte de tuberculose à marche rapide, et l'autre chez une femme atteinte de fièvre typhoïde au dixième jour. ^ Les résultats des analyses sont consignés dans les tableaux n°' VI et VIL Examinons d'abord le tableau n^ VI :
1° Après chaque injection de solution manganésienne, on voit augmenter le résidu total, les résidus oi^anique et inorganique, les acidités apparente et réelle, l'azote total, l'urée, l'acide urique, et l'acide phosphorique lié aux alcalis, c'est-à-dire, les élé- ' ments les plus essentiels des échanges. De même parmi les rapports d'échange, on voit augmenter les coefficients d'utilisation azotée, de mobiUsation azotée, de déminéralisation protoplas«natique, et les rapports de l'acide phosphorique total à l'azote total.
2^ On voit diminuer le coefficient de toxicité urinaire, et le rapport de l'acide phosphorique des terres à l'acide phosphorique total.
Tableau N^ VL — Action des fenneill