IX. — Abcès du sein
MM. J. L. Chirié et Ch. David ont présenté à la Société d'Obstétrique de Paris, les observations de quatre malades atteintes d'abcès du sein dus deux au streptocoque, un au pneumocoque, le dernier au staphylocoque, dont la guérison a été obtenue en évacuant le pus par aspiration, laissant le trocart à demeure, évacuant le sein deux fois par jour par expression douce, le lavant chaque fois avec la solution argentique et maintenant ensuite, grâce au trocart à robinet, le liquide argentiquç dans la cavité de l'abcès. On continue le traitement pendant deux à trois jours encore quand le pus est stérile, et l'on exprime journellement le sein jusqu'à ce que tout écoulement soit tari. Les auteurs se sont servis de l'argent colloïdal préparé par M. Victor Henry (1).
X. — Tuberculose pulmonaire. Pneumonie et broncho-pneumonie chez les tuberculeux.
Le fait que les ferments métalliques a]>ais9aient, dans quelques cas, les échanges respiratoires, semblait les indiquer dans le traitement de la tuberculose pulmonaire^ mais leurs efîets oxydo-réducteurs les contre-indiquent nettement, car s'ils diminuent l'oxydation des ternaires, ils accroissent la désintégration des albuminoïdes.
(1) J. L. Chirié et Ch. David, Société d'obstétrique de Paris, 20 dé^ cembre 1906.
Au début de mes recherches, je les ai employés^ dans des cas avancés et fébriles, dans l'espoir qu'en augmentant l'urée, ils diminueraient d'autant la formation des produits azotés toxiques provenant de la destruction des tissus. Tout d'abord, l'hypothèse a semblé se réaliser, mais d'autres observations nous ont montré bientôt qu'il n'en était rien, que les abaissements thermiques étaient irréguliers et temporaires, et que ni les symptômes principaux, ni l'évolution de la maladie n'étaient modifiés.
Plus tard, j'ai tenté de les employer dans des cas au début, mais . sans observer encore de résultats cliniques qui soient de nature à encourager de nouvelles recherches. Il en a été de même dans la granulie, dans la pneumonie caséeuse et dans les diverses formes de la tuberculose aiguë, • Par contre, sur 6 cas de pneumonie et de bronckopneu^monie aiguës sun^enues chez des tuberculeux avancés, il y a eu trois guérisons. On verra par l'examen du tracé n^ xvii, que l'action s\ir la températurea été très manifeste, et s'est renouvelée régulièrement à chaque injection. Ce tracé appartient à un menuisier de vingt-quatre ans, phtisique au deuxième degré, qui, le 3 juin, est pris, au milieu de son travail, de point de côté droit et de fièvre. On constate, le lendemain, les signes d'une pneumonie massive de
(1) M. Chirié a publié {Société d* obstétrique, décembre 1906) le cas d'une phtisique à la dernière période, atteinte de bronoho pneumonie diffuse et de septicémie, qui fut guérie par injections intraveineuses d'argent colloïdal électrique à petits grains.
tout le lobe inférieur droit, avec congestion à la base gauche, grande dyspnée, irrégularité du pouls, mauvais état général. La défervescence se produit le dixième jour, après trois injections de manganèse.
Du onzième au vingt-sixième jour, surviennent trois poussées nouvelles de broncho-pneumonie qui cèdent chacune à une seule injection. Le malade sort de l'hôpital le cinquante-septième jour^ sans fièvre, mais les lésions tuberculeuses ont évolué rapidement, et l'on perçoit, au sommet droit, les signes d'une excavation commençante.
Les ferments métalliques ont enrayé les poussées aiguës de broncho-pneumonie ; mais, sous l'influence de celles-ci, les lésions tuberculeuses ont rapidement progressé, sans que la médication ait eu aucune influence restrictive fsur leur évolution.
Nous avons eu un autre succès dans le cas d'une congestion pulmonaire chez un phtisique au premier degré, mais encore faut-il compter ici sur la possibilité d'une défervescence spontanée.
Donc, les ferments métalliques ne rendent aucun service dans le traitement de la phtisie pulmonaire, quelles que soient sa forme et sa période. Mais, ils pourront être employés pour hâter la résolution des congestions pulmonaires, broncho-pneumonies ou pneumonies chez les tuberculeux.
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