‹ Les ferments [microforme]Chapitre 16 sur 17 · LE CRE DU NOURRICIER · texte numérisé non relu

LE CRE DU NOURRICIER

Elle admire en secret l'épuisement vainqueur

Qui donne je triomphe aux droitures du cœur.

J'épeile constamment les secrets de la terre

Pour assurer aux miens la vigueur salutaire:

J'épands les blés jaunis, comme un imimense émail Où le Seigneur écrit: ‘La paix soit au travail!” J'alimente la vie autour de ma campagne,

Ei jusqu'à vos banquets aux menus de Cocagne,

Je porte le trop-plein de ma fécondité,

Et ralfermis l'espoir en la fraternité,

Je grandis mon pays en m'exaltant moi-même, Et je monte plus haut vers l'idéal que j'aime,

En déchirant l'humus où se cache un trés

r, Afin que sous ma béche il jaillisse de l'or. Ah! vous ne savez pas ce que vaut une fable, Quand vous vous attardez insolemment à table Et laissez l'indigence achever de mourir

Au pied de vos balcons lassés de voir souffrir. Vous ne comprenez pas que la pitié des hommes

Est un devoir auguste, à l'étage où nous sommes.

Combien de miséreux ployés sous le fardeau! |

Pour un piètre michon et pour un verre d'eau -

Qu'ils vieaneat mendier aux portes de service |

Et que vous refusez en condamnant le vice,

Combien de vos festins n'ont-ils pas défraves?

De la grève en haillons vous êtes elfravés, |

Mais vous thésaurisez le sang de la Misère!

4 Combien de mutilés vous ont rendus prospères? Demandez maintenant ce que valent mes bras Pour grandir un pays que vous tondez à ras.

Vous inspirez la haine à l'ouvrier des villes, | Ce fils de paysans dont les mains sont serviles, Et vous le rendez lâche en lui donnant l'orgueil, Pour hâter sa descente à l'oubli du cercueil.

Car c'est vous, les cités, par vos fôètes menteuses,

Qui créez aux guérets des âmes vaniteuses, |

Et jetez dans la rue en groupes désœæuvrés

Les phalènes du sol vers l'Idole attiré Les humbles peuvent bien nier vos consciences,

Et tuer le repos, pour que la patience

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