‹ Les ferments [microforme]Chapitre 5 sur 17 · L'OEUVRE · texte numérisé non relu

L'OEUVRE

Hardi! Faisons bleuvoir les tiges et les fanes, Avec le fruit charnu des glumes diaphanes.

Poussons notre conquête au rythme de la faulx. L'heure de la moisson veut des zèles rivaux.

La glèbe se remplit de javelles aurées

Au balancement dru des Mains accélérées, Coupons! Elargissons la courbe des andains,

Et laissons le musard à ses honteux dédains.

L'atavisime du sol a des droits de noblesse

Trop rudes pour les bras que la besogne blesse. L

Fauchons! Le bruit des laulx soulage les épis,

De richesses gavés et longtemps assoupis

Dans le mürissement des forces qu'ils recèlent,

Et dont les embhonpoints sous le fardeau chancellent.

Chantons à la vigueur des champs! Un refrain vieux.

Comme les vins cavés, se fait plus généreux,

Le neuf est aujourd'hui l'âme des vieilles choses, |

Et le froment renait du fléau des nivoses,

Les taillants sonnent clair, dans l'or des chalumeaux, Et leur fanfare éclate aux seuils de nos hameaux. Un crissement confus de paille qui s'écrôte

i Evoque les cargos, et les blés mis en crôte,

J Des jours où nos greniers, en vidant leur trésor,

Livrent à l'océan les céréales d'or.

Hardi, les gars! La brise au sein des champs déroule

Une majestueuse et permanente houle

Vibrante de soleil et de flots diaprés, |

Où plonge en grisolant l'alouette des prés,

Muse des paysans et

Hardi! Elle nous v

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