‹ Les ferments [microforme]Chapitre 8 sur 17 · RAPSODIE · texte numérisé non relu

RAPSODIE

RaAPsontr

Petit grain de blé

De forces comblé, Dis-nous quel mystère Te lève de terre,

Petit grain de blé?

Cest Dieu, c'est la Nature, et c'est l'ordre des mondes, Qu° versent dans le pré l'or de mes perles blondes, Un hasard n'a fait naitre au regard des humains,

Et j'ai mis l'avenir en leurs fébriles mains

Je surgis de la mort et je produis la vie,

Pour que jamais la faim demeure inassouvie Chez les êtres égaux voués au méme sort, Cest pour l'égalité que des javelles sort

le fluide qui passe en l'orbe des planètes, Et que n'attire pas l'éclair des baïonnettes.

le contiens tout le sang des cœurs miraculeux, Et mes ferments sont nés dans l'âme des aieux, \fin que la fierté des fécondes jeunesses,

En qui le juste voit les fougues vengeresses, Abatte les abus sans cesse renaissants,

Comme une ivraie éparse aux toxiques puissants, Qui soude à mes côtés son écaille hypocrite

La fausseté, partout, cherche un Bien qui l'abrite: Le vice en ma douceur invente un vitriol,

Et transforme mes sucs en poisons d'alcool,

HAPSODiI 41

De ta frèle tige Vastu, sans vertige, Jusques an palais puiser l'ablais

De ta lrole tige?

Dien commande, et je marche où m'attend le sillon. De l'aurore endormie au couchant vermillon, Pendant que les pierrots chantent mes cpousailles, Je vole dans la joie immense des semailles

Le parsan loyal me donne plus d'amour,

En brovant sous ses pas l'étape d'un long jour, Que le riche orgüucilleux n'en garde en sa vieillesse Pour le trésor qui fuit sa tragique faiblesse.

C'est aux huümbles que parle en son langage pur Le crépitement vif et chaud de mon fruit mûr; Sur leur front ravonnant du prodige des marnes, Et dans leurs bras nerveux que la tâche décharne, Passe un courant divin descendu d'outre-ciet,

Mais le courant se brise au porche solennel,

Dont la grille forgée où la pitié s'enferme

Ne veut pas s'entrouvrir aux appels de la ferme.

Je vais où me conduit le sort de l'épillet.

Ma fleur y tombe, et voit les flammes de juillet Semer sur le vallon des prismes de victoire,

Où ta pensive main recommence l'histoire.

Petit grain de blé D'œuvres accablé,

Ta vigueur s'évade Aux lointaines rades, Petit grain de blé.

Je m'élance en tous lieux où m'appelle un devoir,

Et j'apporte avec moi les baumes du terroir.

Je veux que le parfum de mes plaines fauchées Soutienne mes enfants à l'assaut des tranchées. Ceux qui portent là-bas l'audace des bois-francs, Sont issus de la glèbe et sortis de nos rangs.

IIS viennent du pays où la vague française

Roale son flot puissant qu'aucun môle n'apaise;

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