RAPSODIE
Trois siècles ont pour eux gardé le souvenir,
Malgré l'oubli des lois qui le voudraient ternir,
Et l'âme qui vibrait aux chocs de Sainte-Foye,
À pour devise, encor, les mots: “Jamais ne ploye!"”
Ils ont vu Courcelette, Ypres et Festhubert,
En marchant aux Prussiens le cœur à découvert.
C'est pour ceux-là que je travaille et que je peine,
En dorant les grains lourds qui font pencher leur [gaine.
Je hâte la récolte, afin que nos Poilus
’assent victorieux l'homicide talus,
Aux côtés de Barré, d'Asselin, et De Serres,
Pour prendre l'Aigle Noir et lui rompre les serres.
Bo: pied, bon œil, le regard vif, Et le sourire aux commissures, Is ne craignent pas les blessures Qui leur entreront dans le vif.
Is iront à la baïonnette Malgré la grèle dex obus, Vers les inattingibles bats,
Mais ils V feront place nette
[Is eulbuteront l'Allemand Dans la tranchée où dans la plaine, Et vaineront sans reprendre haleine,
Quand méôme, où ne sait trop comment
Sous les armes, ils ont la Gloire, Et voient dans les plis du drapeau Paraitre le Petit-Chapean,
Connie un présage de vietoire
Le sang fort de la Liberté Coule dans leurs membres robustes, Et l'on sent battre sous les bustes,
Dans ces nobles cœurs, la Fierté.
Pour guérir la détresse humaine Qui clame vers le Ciel: “Je crois! * AU Dom es peuples mis en croix
His triompheront Dieu les mène!
KAPSODt
Petit grain de ble,
Quel deuil à trouble
Lu paix de nos chaumes” Tu mouilles ma paume,
Petit grain de ble
Ceux qui sont morts viennent parler à ceux qui vivent
IS brisent un moment les liens qui les rivent
A leur monde invisible où ne vont pas nos veux
Dans la tranquillité des soirs mystérieux,
J'entends sourdre la voix du Pass, qui sommeille
Dans les alluvions où j'enfouis l'oreille.
Elle dit, cette voix. que le droit du plus fort
A les mêmes rigueurs contre le saint effort.
L'Europe n'est pas seule où la Justice pleure.
On veut qu'en mes vertus la g&‘nérosité meure
Pour avoir trop aimé l'âme du sol natal,
Et jusque dans mes bois, un gendarme brutal
Veut me faire oublier le doux parler des mères,
Qui depuis si longtemps berçait mes œuvres chères,
| C'est un crime on reux que d'être blé francais,
dans les champs que je suis
femmes normandes,
ne faut pas germer Avoir été loulés par no Mais obéir aux VŒuXx des sentences gourmandes,
Qui voudraient étoulfer de nielle et d'arrèts
Les ferments immortels cimentés aux gucrets
Voix mélodieuse de France, Tu chantes en Ontario Le poème de la soullrance
En un clair élan de brio!
Ta parole est une harmonie, Qui s'amuse aux gammes des sons
| En virtuose d'ironie,
Et change le deuil en chansons,
Ta vigueur est toujours vivante.
(On n'enchaine pas un gosier. ) Tes mots sont la flamme mouvante
Dont s'illumine le brasier.
RAPsSOn Tr
Toute Tumicre des Coupoles Cherche ta suave bein, Car en l'altitude où tu Voles, Tu retlètes Ja Ve rite
lu restes la porte de l'üme Et des vœux meilleurs de l'esprit Toute largesse te proclame
Toute ignorance te proscrit
Tu dis les volontés divine Et brûüles des feux de la Croix Les taudis cachôs des ravines
Et 16 domaines où tu crois
Tu demeures hautaine et libre,
Depuis le geste de Brûlé
sur nos fronts ton rayon vibre,
Car tu fus ici la première; AUX ruines tu survécus Dans ta vaillance coutumière,
Et tes fils ne sont Pas vaincus.
| Que le ciel soit pur où voilé,
LES FERMENTS Lève ta voix victorieuse Sur le sol que tu fée mdas.
Il n'est d'étape glorieuse
Sans ton cri, dans les Canadas.
Monte vers des hauteurs nouvelles, Malgré les fers, malgré la Loi.
Toujours grande tu te révèles,
Et notre loyauté, c'est Toi!
Petit grain de blé
Trop souvent criblé,
La vivace flore Renaïît à l'aurore, Petit grain de blé!
a cé e] © Z