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AYANT-PROPOS
La science des ferments solubles ou chimiques, restée longtemps stationnaire, a fait dans ces derniers temps des progrès inattendus. Le nombre de ces composés a presque doublé en quelques années, grâce aux recherches des chimistes et' des physiologistes. De leur côté, les botanistes ont étudié minutieusement la localisation des ferments solubles dans les tissus des végétaux et les bactériologistes en ont rapproché les substances toxiques élaborées par les micro-organismes pathogènes.
Rassembler les faits anciennement connus, mais actuellement épars dans les publications les plus diverses, et y réunir ceux que les recherches récentes nous ont révélés, tel est le but que j’ai poursuivi en publiant ce traité.
AVANT-PROPOS
Peut-être trouvera-t-on que les prétendus ferments pathogènes (toxines microbiennes), sur lesquels on a pourtant déjà écrit des volumes, n’ont pas été l’objet de grands développements. Je me suis contenté, en effet, d’insister sur les principales propriétés de ces corps qui les rapprochent des ferments solubles ordinaires ; et, en cela, je crois avoir fait tout ce que me permettait le sujet lui-même. Il ne suffit pas d’avoir constaté que certains poisons microbiens sont influencés par les agents physiques et chimiques, comme le sont les ferments solubles, pour affirmer que les uns et les autres appartiennent à un même groupe de composés. La question est plus complexe et ne sera résolue que lorsqu’on saura, en particulier, comme nous le savons pour les ferments solubles, quels sont les principes chimiques sur lesquels agissent ces poisons et comment ceux-là sont modifiés par ceux-ci. D’ici là on pourra parler d’analogie, mais toute assimilation serait prématurée.
11 est certain, d’autre part, que pour relever l’intérêt des faits qui sont relatés dans ce traité, il eût fallu pouvoir les relier par une théorie générale de
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VU
Faction des ferments solubles. Malheureusement tons les efforts tentés jusqu'ici pour expliquer cette action n’ont pas abouti. On a bien émis plusieurs hypothèses dont quelques-unes ont eu; en leur temps, la faveur du monde savant 5 mais aucune d’elles n’est satisfaisante, pas même celle à laquelle je me suis rallié en dernier lieu, et que je ne soutiens qu’à défaut d’une meilleure.
Ce n’est pas à dire, pour cela, que les recherches que l’on poursuit depuis près d’un siècle, sur des composés qui n’ont été trouvés que chez des êtres vivants, n’aient pas eu d’influence sur les sciences biologiques.
Elles ont au contraire contribué, pour une large part, à étendre nos connaissances sur les phénomènes de la vie.
Chez les animaux, les ferments solubles sont les agents de la digestion et de la nutrition ; chez les végétaux, ils jouent un rôle important dans la germination ; chez tous ils président au déplacement des matériaux de réserve et à leur utilisation. En déterminant les conditions qui favorisent, retardent ou arrêtent leur action, on a par cela même
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fixé certaines des conditions qui favorisent, retardent ou arrêtent le développement des êtres vivants.
D’ailleurs tout n’est pas dit sur le rôle des ferments solubles. Pour qui réfléchit, par exemple, aux combinaisons qui peuvent résulter de l’action simultanée des ferments oxydants et des ferments hydratants, il n’est pas douteux que cette action doive être l’origine d’un grand nombre de principes immédiats renfermés dans les tissus vivants. Si l’on n’a rien trouvé encore dans ce sens, c’est que la connaissance des ferments oxydants est de date toute récente et que la question n’a pas attiré l’attention.
C’est de ce côté, semble-t-il, que devront se tourner désormais les efforts des biologistes.
Em. BOURQUELOT.
Le lîi janvier 1896.