PINS
Par suite de la sécheresse et de la chaleur de l'été les forêts ont souffert énormément par les incendies ; aussi los marchands de bois craignent-ils beaucoup que comme résultat les insectes ne se multiplient d’nne manière extraordinaire, Il a donc été décidé de préparer sous le plus court délai un bulletin traitant spécialement des insectes qui nuisent aux Pins. Lous les faits connus et ceux qui pourront être recueillis sur l'histoire de ces ravageurs y seront réunis, comme aussi la description des expédients les plus avantageux auxquels les exploiteurs des forêts ont recours pour protéger leur bois. Des demandes de contributions à ce travail ont été adressées de tous côtés et il faut espérer qu'avant longtemps nous pourrons livrer au
ublic d’utiles renseignements. Les deux insectes qui causent le plus de dégâts dans e8 Pins soit abattus, soit sur pied lorsqu'ils ont souffert du feu sont probablement 108 deux Colésptères Longicornes connus sous les noms de Monohammus confusor, Kirby, et M. Scutellatus, Say : le premier est gris avec taches formées de touffe de poils plus foncés, le second est noir moucheté de blanc. Voici en résumé comment ils se développent : L'œunf est déposé dans quelque crevasse ou trou de l'écorce; aussitôt éclos le ver s’ouvre un passage en mangeant les déblais jusqu’au cambium ou couche de bois en formation, où il passe la plus grande partie de {a première année, A l'approche de l'hiver il pénètre dans le vieux bois et au printemps su:vant s'y enfonce encore plus avant : il se transforme sans doute au printemps suivant en nymphe, sa troisième forme, et émerge comme barbeau dans le courant du troisième été.* Du moment que le fou à passé dans une forêt, les arbres non consumés offrent la nourri-
* Après avoir écrit les lignes ci-destns j'ai eu l’occasion d'examiner des Pins sur pied que le feu avait endommagés au printemps dernier : j'y ai trouvé des vers de toutes grosseurs entre demi-pouce et un pouce trois quarts de longueur. Ces derniers doivent je suppose, être près du terme de leur croissance. L'espace qu’ils avaient rongé sous l'écorce était très facile à voir. Ils avaient enguite creusé de un à dix pouces de profondeur dans le bois même. Ues observations donnent lieu de penser que dans des circonstances favorables ces gros rongeurs parcourent tout leur cycle d'évolutions en une seule année. Nous avons pris deg mesures pour Continuer ces recherches la prochaine saigon. Je suis très redevable à MM. Berkeley Powell (de la maison Perly et Pattee) et W. R. Thistlo, marchand de bois du district d'Otiawa, pour toute leur assistance dans cette intivesgation. [ls m'ont eux-mêmes accompagné à Pembroke et m'ont fait parcourir en voiture quelques portions de leurs immenses exploitations, qui avaient été plusieurs fois visitées par des incendiées. Grâce à leur prévénance à placer des
chevaux et des hommes à mon service, jai pu visiter des points éloignés et au besoin faire abattre des
ärbres peur les examiner.
et leur couper le à l’un des prinature de l'insecte
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ture qui convient aux larves : les fomelles les ont bien vite découverts et se mettent aussitôt à y déposer leurs œufs.
Ce dont il est surtout important de s'assurer c’est de l'époque de l’année où les femelles cessent de pondre, car si un incendie a lieu plus tard, los arbres ne courent aucun risque de la part des rongeurs jusqu’à la saison suivante. Les incendies ayaut été considérables dès le printemps, les marchands de bois ont dû employer beaucoup plus d'hommes dans les chantiers pour prévenir la destruction des arbres abattus.
Il paraît être démontré que les billots tonus à l'ombre pendant l'été sont ainsi très protégés contre les rongeurs. Dans une visite récente à Lindsay et à Fenelon Falls, Ontario, grâce à l'obligeance de M. J. A, Barron, M. P., j'ai pu me rencontrer avec plusieurs marchands de bois et maîtres-ouvriers de cette localité et obtenir d'eux beaucoup de renseignements utiles et pratiques, Je trouvai qu'ils n'avaient aucune confiance dans l'opération appelée ‘ rossage ” qui consiste à entailler l'écorce le long du billot ‘“ afin, dit-on, de laisser entrer Ja pluie ; ” mais tous étaient d’accord qu'on garantissait Certainement le bois des rongeurs en le couvrant de branches de Pin baumier (Balsam Fir), comme l'expliqua M. W. G. Perley, M. P. d'Ottawa, devant le Comité spécial d'Agriculture et de Colonisation ;
Si l’on a obtenu de bons effots du ‘ rossage ”, jo crois qu'ils sont das au fait que l'écorce s'étant alors séparée du bois, la couche de cambium s'est desséchée et n’a plus été une nourriture convenable pour le jeune ver,
Le Charançon à galles du Pin Rouge (Red Pine Gall-Weevil, Podayion gallicola, Riley).
L'été dernier, M. W. &, Harrington et moi fimes à Aylmer, P. Q., une intéressante découverte,
Sur les rameaux des Pins rouges, nous trouvâmes des quantité: de galles ovales longues d'environ un pouce et dont l'intérieur était occupé par des individus de cette espèce ; et j'ai constaté depuis que ce Charangon que l’on considère généralement comme très rare, est très abondant dans toutes les forêts de Pins dans le comté de Renfrew, Ontario. Pas un seul pied de Pin rouge qui n'eût la plupart de ses petits rameaux défigurés par les renfloments qu'avaient causés cet insecte. Dans les jeunes cônes à Aylmer il y avait aussi beaucoup d'échantillons du petit Scolytide, Dryacætes offaber, Mann, qui avaient détruit environ les deux tiers des cônes. Cette espèce perce aussi les pousses terminales du Pin blanc,
EPINETTES OU SAPINS.
J'ai reçu de la Colombie Britannique des larves qui ont produit le papillon de nuit, Æalisidora sobrina, Stretch ; ce joli papillon est brun avec taches d’un blanc argenté sur les ailes su périeures, tandis que les ailes supérieures sont presque entièrement blanches, Le révd George W. Taylor en les envoyant m'informait que cer chenilles commettaient de graves déprédations sur les Epinettes. La boîte où étaient les chenilles contenait des rameaux de Pin de Douglas; mais je trouvai qu’elles se nourrissaient indifféremment de Baumior ou Sapin blanc ou d’Epinette blanche, et toutes parvinrent à maturité, sauf deux qui étaient atteintes de parasites, Le rapport que M. Taylor prépare comme Entemologiste de !a Province, donnera sans doute tous les détails,
Le tableau qu’on nous fuit de la destruction des forêts d’'Epinettes dans la province de Québec est lamentable.
Le Barbeau de l'écorce de l’Eninette (Spruce Bark Beetle, Dentroctonus rufipennis, Kirby),
Aitaque.—Petit barbeau de forme cylindrique; étuis des ailes brun sombre ; tête et corselet presque noirs. La femelle perce l'écorce des Epinettes saines, pra-
tique sous l'écorce une galerie de deux où trois pouces de longueur et y dépose ses œufs À intervalles rézuliers. Chaque ver au sortir de l'œuf, se met à rongor en for-
dont on se plaint an Nouvoau-Brunswick et qui est mentionné Page 31 de mon raprt précédent, Voici d'intéressantes ohsrrations oi iginales qu'a enregistrées M. 0seph Andrews de Windsor Mills :—
“ Je vais vous donner le résultat de érvations pendant les onzo dernières années, En juin 1875, j'abattis sur ma fe: + une épinetté dont je désirais fabriquer des bardeaux, mais en l’écorçant jo remarquai que la partie blancho pulpeuse n'était qu'une masse de vers de Couieur blanche d'environ + de pouce de long, Comme l'arbre, à juger par l'extérieur, était parfaitement sain, je fus surpris de trouver tant de vermine au dedans et me mis à Chorcher sur le reste de l'arbre ; Partout je trouvai des quantités de petits barbeaux ou rongeurs encore à l'œuvre,
“ Leur mode d'opération était celui-ci : ils perçaient l'écorce jasqu’à la couche molle pulpeuse de la nouvelle couche du bois de l’année en voie de formation et y
déblayaient une galerie sur 1 à 34 pouces. De proche en proche ils évidaient une
petite encoche où ils déposaient un petit œuf blanc (dans cet ordre ! 1 - - Lt . 1 D !
Ceci était fait avec une régularité Surprenante, (Quand des myriades de ces rou- #eurs attaquaient un arbre, celui-ci n’en avait plus pour bien longtemps ; toutefois il y a quoiques portions de la contrée qui ne paraissent pas Jeur aller, J'ai remarqué que dans les districts où le sol est profond, sec, léger et gras, toutes les épinettes an peu grosses sont entièrement détruites; par contre sur un fond humide, sableux, On trouve rarement une épinette affectée,
“ J’ajouterai que quoique le rongeur envahisse les arbres jusqu’à leur sommet, il me Commence point sur les jeunes pousses, mais près du sol, et puis s'élève petit à petit.
Le soul remède qu’on puisse encore suggérer est le prompt abattage des arbres dès qu’on s'aperçoit du dommage,
MÉLÈZE D'AMÉRIQUE, ÉPINETTE ROUGE OU TAMARACK, La Mouche à scie du Mélèzo (Larch Sawfy, Nematus Erichsonii, Hartig),
Uet insecte ost encore ‘ès abondant dans les provinces de Québec et du Nouveau- Brunswick ; muis les Communications reçues à son Sujet me paraissent rassurantes, Il est vrai, il a envahi de nouveaux territoires, mais il a disparu dans beaucoup de lieux où il était en force il ÿ à trois ans.
Dans le district d'Ottawa la Mouche à soie adulte était très commune au printemps dernier ; cepondant les larves furent ensuite fort rares, et malgré mes efforts pour m’en procurer afin de les étudier, je ne pus y réussir, même dans un bosquet isolé Où j'avais vu les femelles occupées à déposer leurs œufs. Dans le Courant de l'été, les rameaux portant les œufs qui devaient bien alors être éclos, présentaient fort peu de traces de défoliation. Mais tous les observateurs n’ont pas pu en dire autant, Le professeur Saunders les a trouvées “ très abondantes dans certaines parties de la Nouvelle-Ecosse, surtout dans le comté de Cumberland Où en maints endroits il ne restait presque plus de feuilles sur les arbres.” M. G. U. Hay m'écrivait : “ Jo doute que les ravages de ces fausses-chenilles qui infestent les Epinettes dans quelques parties du Nouveau-Brunewick, soient moins sérieux cette année-ci, Dans une récente visite que jai faite à Miscou et Shippegan, j'ai remarqué qu'une grande Proportion des arbres
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En revanche, à Dalhousie, N..B., j'ai trouvé l'été
assé sans la moindre trace de ces larves, un marais à Epinettes dont les arbres en 1884 étaient presque entièrement défeuillés.
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