RAPPORT DU CHIMISTE
(FRank T, Saurr, maître-s-arts, membre de la Société de Chimie)
OTTAWA, 10 février 1888.
À M. le Professeur Wyw. SAUNDERS,
Directeur des Fermes Expérimentales de la Puissance, Ottawa.
Monsieur, —J'ai l'honneur de vous soumettre ici mon rapport sur la nature et l'étendue du travail auquel j'ai été occupé depuis que j'ai été appelé au mois d'août dernier à la position de Chimiste des Fermes expérimentales de la Puissance.
Le 10 août 1887, d’après les instructions du Ministre de l’agriculture, je vous acCompagnai dans un court V0Ya8 aux Etats-Unis de l'Est afin d'examiner les labo. ratoires des principales stations agronomique: et des principales universités quant à leur outillage et quant à leurs types d'appareils les plus nouvea recueillant ces renseignements était de nous mettre d ter notre laboratoire permanent porfectionnements auxquels en est arrivé pour les tr dans toutes les branches de la chimie agricole.
eus la vive satisfaction de trouver nces réunie à sa session annuelle, endant les deux jours que je passai dans cette ville, je pus donc entendre lire et disquelques-uns des savants les plus Pus me rencontrer aussi avec plusieurs chimistes venus de dont les travaux se rapportent à la science agricole, Plute courtoisie à visiter leurs laboratoires et me fournirent
Uomme exemple de l'avantage qu'il y a à ontendre lire et discuter des mémoires scientifiques sur des sujets d'une importance et d’un intérêt comme la ville d'Ottawa a récomment souffert d’une sévère épidémie de fièvre typhoïde, il ne sera peut-être pas hors de propos de dire quelques mots d’un mémoire sur ‘* Les causes de la fièvre typhoïde et les moyens d'éliminer ces Causes” qui fut lu par le docteur Albert R. Leeds de New-Jersey. Il citait nombre de cas de fièvre typhoïde dans différentes villes et qu'il avait reconnus provenir d’un approvisionnement d’eau impure et Contaminée. Il établissait clairement que dans les cas étudiés par lui, l'investigation avait démontré que les eaux dont les person saient usage avaient été souillées typhoïde. Dans certains Cas, la source de l'infection était à plusieurs milles de distance de la localité où s'étaient produits les effets mortels.
On croit en général que la fièvre typhoïde est causée par un bacille qui se trouve ordinairement en nombre considérable dans l'eau qui en est infectée, et la
Pour purger l’eau de ces bactéries et la rendre ainsi salubre et potable. consiste simplement à ajouter un demi-grain d’alun à chaque gallon d’'ea veut employer. Toute Ja matière tourbeuse est ainsi propres en même les bactéries : l’eau devient claire et limpide et est préféra
+ Une eau contaminée provenant de Mount Holly où l’auteur avait constat
Par centimôtre cube n’en Contenait après ce traitoment que 8 par ©. c.; cette eau
veaux | acides & dont on a guère tant au lieux m est refot le sol et gazoline possible du carb.
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passé: ensuite à travors deux Papiers À filtre stérilisés de to: t organisme bactérien, Nous entendîmes plusie discussions aussi intéressantes qu'instructives, mais n pour que nous pussions en retirer autant de profit que séancer d’une société si distinguée.
À New-York je visitai aussi les laboratoires de chimie e
l'Ecole des mines Columbia et les trouvai admirablement disposés et ontillés pour les travaux dans toutes les branches de ces deux sciences, I] es
était devenue Parfaitement pure urs autres communications et otre temps était trop limité si nOus avions suivi toutes les
qu'il y a nécessairement différence d'installation entre les ceux càù l’on ne s'occupe que de travail
sivement à l'enseignement et mais que sous beaucoup de ra
tin à vapeur relié au calorifère mission de la Vapeur, l'eau de la
cuve est amenée à la tompérature d'ébullition, Une antre particularité était les
tables à plaques d’ardoise qui résistant à l'action des acides et des alcalis, conservent une surface toujours unie et sans taches, chose fort désirablo mais impossible avec des tables de travail simplement en bois, Le tirage de la cheminée de ce laboratoire étant très énergique, il n’ i
aVantage, Car quand le devant de la hotte est fermé de por plus ou moins entravé dans ses manipulations,
Nous visitâmes ensuite la Station agronom New Haven, i
me plusieurs chimistes travaillent pièce se trouvent être fort £ênantes, X tables du milieu conduisent les eanx
nt sur les terres, I] n'y a pas de cabinet.
spécial pour les balances : Chaque chimiste a ja sienne sur la portion de table qui lui est assignée, Cet Arrangement bien que faisant éviter des pertes de temps n’est nullement à recommander, car une balance délicate ne peut manquer d’être bientôt fortement corrodée par les vapeurs inévitables dans une pièce où plusieurs analystes sont À l’œuvre,
De là nous nous rendîmes à la Station expérimentale d’ Un bâtiment $
; le plus grand a 19 pieds sur
16, le plus petit 17 sur 12, Quand la chose est faisable, la i peuvent s'effectuer conque d’ \ hes chimiques, C'est on partixige une atmosphère pure rs présents dans l'air d’un erst est que les plafonds y murs et plafonds de nos nouveaux laboratoires soient lambrissés, car les plafonds plâtrés attaqués par les vapeurs
acides se décolorent bientôt et s'écaillent en pelliculos qui en tombant dans los vasos
est refoulé sur la surface de la 8azoline dans un réserv le sol et à une distance convenable du bâtiment. gazoline qui se fait ainsi, constitue le 8az employé. Afin de retire possible de ce gaz comme combustible, il importe d’
du carbone; il faut’ pour cela amener un second courant d’ai
l'appareil d’Amherst lo même dispositif qui refoule l'air sur la gazoline fournit aussi
once s/0115
lo courant pour les becs, Le docteur Goeseman, le directeur, nous informa que l'appareil fonctionnait depuis plus d'un an et donnait entière satifaction, Lo gaz ainsi produit coûte de 81 à 81.25 les mille pieds, suivant le prix de la gazoline, Je me suis un peu arrêté sur cotte méthode de fabrication du gaz car il se peut qué nous de. vions adoptor quelque système de ce genre pour les iaboratoires de la Ferme,
À Boston nous crûmes utile de visiter les laboratoires de l'Institut de technologie, Pour l'étude de toutes les branches des sciences appliquées, nous trouvâmes cette institution richement pourvue d'appareils, instruments ot moïèles. Les laboratoires à l'usage des élèves sont vastes : plus de cent ésudiant peuvent y travailler à la fois. Il n’y a aucune étagère au dessus des tables, les étudiants ont Chacun leurs tiroirs et
souvent il va s’en dire, contient des quantités considérables de substances corrosives s'échappe par une rigole asphaltée, qu'on examine quand on le désire en soulevant les planches du parquet qui la recouvrent, On évite ainsi la dépense de déplacer de tomps en temps les tuyaux de conduite pour les nettoyer, et cette disposition se recommande encore à d’autres points de vüe là où des étudiante travaillent à l'étude pratique de la chimie, mais d'autre part, il y a fort à craindre qu'il ne se répande dans le laboratoire, des odeurs fétides, à moins qu'on n'entretienne constamment un
La question de la pureté des eaux de nos villes est, dans mon opinion, d’une si haute importance, que je me permets, par votre intermédiaire d'appeler l'attention du gouvernement sur les travaux do Mme Ellen H. Richards qui, au moment de notre visite, était occupée dans les laboratoires de l’Institution Susnommée, à l'analyse d’an nombre considérable d'eaux de l'Etat (Massachusetts) sur la demande de la commission sanitaire de l'Etat (State Board of Health). Ces travaux sont des plus utiles et des plus importants et on ne saurait trop insister sur la nécessité de commencer et de poursuivre méthodiquement à intervalles l'investigation de l’état de pureté de nos approvisionnements d'eau, À ce propos, je mentionnerai les travaux d'analyse d'eaux que poursuivent en Augleterre depuis quelques années les membres de la Société des analystes publics. Le résultat de loura labeurs a été d'amener une plus
c'tenus, Il a été proposé en Anglet ire certains types d'eaux d'après lesquelles on estime la pureté d’une eau quelconque, et ces types s'appliquent fort bien aux eaux de l'Angleterre; mais on ne peut guère s'en servir avec exactitude à l'égard de beaucoup d'eaux du Canada, à cause de la nature différente de la provenance, et avant que nous puissions déterminer ot adopter nous-mêmes des types particuliers, il nous
source d’un si grand nombre de maladies, il est d'une importance majeure que toutes les eaux publiques soient examinées par des chimistes compétents qui fassent rapport,—en outre, que les cultivateurs et autres qui s'approvisionnent autroment, aient la facilité, peut-être pour un coût modique, de faire examiner leurs eaux. 11
Où tout près de quelque autre source de souillure, Dans beaucoup de lieux où le terrain est sableux, les puits sont souvent des collecteurs de toutes les infiltrations sur Une vaste étendue et si l'on y laisse sur je sol les déjections ec los urines, la conséquence en est que l’eaa est simplement une eau d'égoui plus ou moins étendue.
De Boston j'allai à Washington pour y visiter les laboratoires du Bureau de l'agriculture et en même temps assister à la quatième Convention annuelle de l’ 4ssociation cf Oficial Agricultural Chemists. Cette association, comme l'indique son nom,
nforma que l'ap- , Lo gaz ainsi line, Je me suis at que nous deà Ferme,
des dimensions, ion À pavé de
de technologie, rouvâmes cette Les laboratoires vailler à la fois.
leurs tiroirs et eau perdue qui, 1Ces Corrosives, on soulevant les de déplacer de disposition se illent à l'étude
ne se répande >nstamment un
inion, d’une ai eler l’attention oment de notre l'analyse d’un de la commisplus utiles et commencer et | pureté de nos aus d'analyse embres de la ner une plus t, plus grande
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à l'égard de ance, et avant aliers, il nous
quel l’état de )nnues être la re que toutes qui fassent t autroment, uUrs eaux. Il le campagne, mpagnes par ne GE bétail le lieux où le infiltrations nes, la consétendue,
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#0 COmpose de chimistes experts attachés soit an Ministère de l'agriculture do: Rtats- Unis soit à quelque Station °Xpérimentale d'Etat ou À quelque établissement d'éducation, auxquels incombe l'inspection officielle des engrais et qui s'occupent de tra vaux ot de recherches analytiques sur les terres, los nourritures Pour bestiaux, les produits de la laiterie ou d’autres industrios agricoles, Toutefois, tous autres chimistes sont admis à cette réunion et ÿ Sont invités à prendre part aux discussions, Il oat. résulté beaucoup de bien de ces GOnventions annuelles et de lu publication des transactions; on est ainsi arrivé À une plus grande exactitade ot à plus d'aniformité tant les méthodes que dans les résultats des analyses, et la population agricole en bénéficie grandement, Les présidents des divors Comités élus à l'assemblée annuelle de l’année paseée, lurent d'intéressants et substantiels rapports. Ces rapports portaient sur l'analyse de nourritures pour bestiaux, d'engrais 6: de produits de laiterie,
Le docteur W, H. Wiley, chimiste du Ministère de l’agriculture des Etae.Unis, AVOC uno extrême courtoisie me fit Parcourir les laboratoiros, qui sont dans le soussol du bâtiment et sont bien trop petits pour le nombre de chimistes qui y travaillent
ot la quantité de travail analÿtiquo qui S'y fait. Les tables disposées Je long des côtés sont abondamment fournies d’eau et de 822, et, recouvertes comme elles le sont de briques carrées blanches do siX pouces environ de côté, elles présentent une très nette apparence, Une table Centrale avoc large évier on son miliou est garnie de filtrer à succion d’un modèle perfectionné, au rombre de dix, ce qui met À même de mener de front un grand nombre d'ünalyses dans lesquelles ces utiles appareils sont vraiment indispensables, I] était réservé des places fixes pour l'appareil à dosage de l'ozoto par la méthode de Kjeldah! et pour l'appareil à extraction de Soxhlet, En fixant ainsi des appareils d'une manière Permanente, quand il y a assez de place pour cela, on évite de grandes pertes de temps à l'analyste, Jo vis aussi des chambres spéciales pour la photographie, pour le dépôt des produits Chimiques, des appareils, etc. Il y a production continue d'eau distilléo dans un alambie rattaché au calorifère.
Je fis encore une courte visite aux laboratoires de la fameuse université Johns Hopkius à Baltimore, mais comme ils sont disposés ot ontillés pour l'usage des étu-. diants, je n’entrerai pas dans les détails, Il ÿ à aussi là des chambres spéciales pour la photographie, l’analyse des 822, ot l'analyse par la méthode do combustion, —dans Ces dernières de vastes hottes Sont Coustruites au-dessus des fournaux pour entraîner les produits gazeux des combustions,
À mon retour à Ottawa, je dressai quant aux dimensions et à la disposition de nos laboratoires des plans que je vous ai soumis, Ils sont maintenant entre les mains de l’Architecte du Gouvernement, Nous avons jugé qu'il était fort à désirer d’avoir deux laborataires, un grand et uu petit, ct en outre une pièce pour les balances qui Pourrait servir de bureau au Chimiste,
Comme la construction n’a pu en être commencée à l'automne, il a été trouvé bon de chercher en ville uu local qui pût servir de laboratoire temporaire, Une pièce convenable, quoique petite, a été louée dans la même île de maisons que l'hôtel Russell; les conduites nécessaires d'eau et de 842 y ont été posées et nous nous sommes procuré une certaine quantité de produits chimiques et d'appareils,
Outre le travail de Supervision nécessaire dans l'installation et l’arrangement. des nouveaux laboratoires, j'ai pu préparer les rapports qui suivent ; ils feront comprendre la nature des travaux chimiques qui m'ont occupé.