La lettre finale = du mot wfs.f est douteuse
LES FÊTES DU DIEU MIN. En
« Apparition du Roi, pireille au lever du soleil hors de son palais de vie, stabilité et force. Sa Majesté se rend sur la litière à la demeure de son pére Min pour contempler sa beauté '}.» |
Ce texte n’a pas été inentionné par la plupart des éditeurs antérieurs. Rougé et M. Daressy l'ont, cependant, traduit.
La traduction du premier contient quelques inexactitudes. « Le roi sort, comme le disque lumineux, de son palais» n’est pas clair. D'une part, le mot psd®) ne signifie pas «disque lumineux », et d'autre part, il ne s’agit pas ici d'un mot unique psd déterminé à la fois par le disque rayonnant £ et par le disque et Îe trait ©; nous avons affaire, en réalité, à deux mots, dont le second explique le premier, psd r «le lever du soleil», synonymes de wbn r'. Rougé a, d'autre part, ajouté par erreur, ici comme dans tous les textes similaires suivants, l'adjectif possessif « après le mot wis.i «pavots », «lihére» ou «palanquin».
L'interprétation de M. Daressy n’est pas non plus parfaitement conforme aux exigences grammoalicales. Ainsi, «le roi apparaît comme le solail brillant dans son palais» n'est pas exact : d'une part, en cflet, la préposition — indique ici la provenance, el non l'endroit où l’on se trouve, et d'autre part, le substantif *, 7 «apparition » est synonyme de 17 «sortie». De même est inexacte la traduction Daressy x Sa Majesté se rend dans son palanquin» car le texte porte & «sur», non \ «dans», et ne fait suivre le substantif wts.t d'aucun adjectif possessif. |
Il'en est de même pour la toute récente traduction de M. Sélim Hassan ©) : « Apparition du roi, comme rayonne Rä dans son palais V. S. F. Sa Majesté se rend sur sa hüère vers la maison de son père Min, pour voir ses beautés ». Ici, comme sur l'exemple de Philæ cité par l'auteur, le roi n'apparait pas dans son palais, mais hors de son palais, sens convenant parfaitement à la préposition Y ou ==. Il n’est pas sur sa litière, mais sur une (ou sur La) litière. Enfin 1 ne va pas voir les beautés de son père Min, mais sa beauté.
(3 Rougé : «pour voir ses splendeursr. Bien que le mot nfr soit toujours employé au pluriel nfr.w quaad il est substantif, nons devons toujours le rendre par le singulier rbeautés. | | |
®- Anciennement B ne psd.
O1 Hymnes religieux du Moyen Empire, p. 160.
Les mots F4 7 = pr if Mnw «la demeure de son père Min» désignent évidemment la chapelle, ou peut-être simplement le naos, où résidait en temps habituel la statue du dieu et d’où les prêtres l'extrayaient aux jours des fêtes consacrées à Min, au nombre desquelles une des plus importantes, sinon la plus importante de toutes, figurait la cérémonie de la pr. ou procession. Î1 est assez malaisé de définir l’endroit où se trouvait cette chapelle ou ce naos. Existait-il une statue du dieu ithyphallique, autre forme d'Amon thébain, dans chacun des temples consacrés à ce dernier, {ant dans la ville que dans la nécropole de Thèbes? Ou bien, au contraire, n'y en avait-il qu'une seule, à Karnak probablement, et est-ce toujours de cette unique statue et de cette unique demeure du dieu qu'il s'agit, quel que soit l'édifice sur lequel nous voyions représentée la cérémonie de la «sortie» du dieu, Ramesseum, Médinet Habou, etc.? Je crois qu'en l'état actuel de nos connaissances il ne nous est pas permis de décider entre ces deux possibilités. |
Quant aux mots — >] Lie rm nfrw.f «pour voir sa beauté», qui ‘terminent la légende de l'apparition du rot, ils constituent une expression consacrée, qui élait usitée à l'égard de toutes les divinités, quelles qu'elles fussent, et qui n'était pas exclusivement réservée au dieu ithyphallique dont la «beauté» désignait spécialement, croit-on, le phallus en érection, objet d’orgueil du dieu et sujet d’admiration pour les fidèles à cause de fa fécondité universelle dont 1l était la cause et la condition. |
Après cette phrase, servant en quelque sorte de titre général à l'épisode du corlège, nous en venons à la description même de ce corlège, qui se divisera tout naturellement en trois parties : le palanquin royal et ses accessoires, les personnages qui précèdent le palanquin (section antérieure du cortège), et enfin ceux qui le suivent (section postérieure du cortège).