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LE PAVOIS (OU PALANQUIN) DU ROI

Le roi, casque hpr£ en tête, en grande tenue d’apparat, est assis sur un fauteuil à l'intérieur d’un dais porté sur un brancard muni de quatre longs et forts bras et reposant sur les épaules de douze hommes, six à droite et six à gauche, six en avant et six en arrière. Le nombre des porteurs est ici plus considérable que dans la majeure partie des cas, où ils ne sont que huit. Dans les intervalles des têtes de certains groupes de

porteurs, on voit la tête d'un autre personnage, isolé, qui paraît conduire la marche. Les pieds du roi sont posés sur un double coussin ou tabouret à l'avant duquel est attaché, les mains liées en arrière, un captif de toute petite Laille. Chacun des côtés du fauteuil royal est flanqué d'un lion marchant, dont la têle supporte un faucon {coiffé du disque solaire) et un uræus dressé {coiffé de la couronne du Sud). Au-dessus du lion est encore représenté un sphinx à tête humaine, marchant, la queue recourbée. Derrière le haut dossier du fauteuil se tiennent debout deux déesses coiffées de la plume d’autruche À, protégeant de leurs ailes ouvertes la personne royale (RIT SL) n

Un grand flabellum ou parasol est fixé verticalement, derrière le dais royal, à l'un des brancards qui supporte ce dais. Trois chasse-mouches sont, en outre, inclinés dans la direction du dais par trois ptérophores, à savoir un devant la personne royale et deux derrière elle, pour lui donner de l'air et pour écarter d'elle, en même temps, les insectes importuns qui devaient pulluler jadis pendant la saison chaude, comme ils le font encore aujourd lui en Haute-Égypte. nr

Cette litière el ses accessoires, ainsi que le personnel chargé de veiller au bien-être du roi, différent assez notablement de la litière qui a été décrile par Devéria, d'après une scène empruntée à une tombe thébaine de la XVII dynastie ().

Le dais abritant le roi est couronné par une corniche de vingt ©) uræus dressés coiffés du disque solaire.

Sous la litière sont représentés quatre serviteurs de petite taille, qui semblent être obligés de se courber légèrement pour pouvoir se tenir dans le peu d'espace qui leur es laissé. Ce qu'ils portent est assez peu net pour les deux premiers; le troisième tient à la main gauche une bandelette et à la main droite un flabellum; le quatrième tient un bâton (ou un arc?) dans la main gauche et peut-être, comme l'ont dit Jollois et Devilliers, le carquois et les flèches du roi dans la main droite.

(9 CF. Devérn, Mémoires et fragments, Ï (Bibliothèque éyptologique, t. IV), p. 145- 146. — Voir des représentations analogues sous les XVIII" et XIX* dynasties dans Cæamporrion-Ficeac, L'Egypte ancienne, pl. 86, p. 321; L., D., III, 9 et 421; Prissz D'Avennes, Monuments égyptiens, pl. Il; ManierTe, Abydos, I, pl. 31; etc. .

G Et non quatorze, comme ont dit Jollois et Devilliers.

L: légende décrivant la litière royale est gravée tout en haut à gauche, au-dessus des princes royaux qui avaient l'honneur de porter eux- ne leur auguste père : W° ju |: IN Dai E ù à. Vert?

Lit « Sa Majesté se rend à la demeure du dheu; les fils ds el les pr asia $rw (1) portent sa beauté ».

Les mots TG ht-ntr «maison du dieu» sont une autre désignation de pr if Muw «la demeure de son père Min», que nous avons déjà rencontré dans la légende décrivant l'apparition du roi hors de son palais, dont la légende présente constitue la continuation et le développement. Malheu- reusement ces mots ne sont pas plus explicites que le simple mot “a et ne nous renseignent en aucune façon sur la nature de cette demeure : chapalle ou simple naos.

Noter que les mots Li «sa beauté» [ «ses splendeur » Rougé] sont employés 1c1 comme désignation de la personne même du roi; nous en pou- | vons conclure qu'il en était de même lorsqu'ils étaient appliqués à un dieu : 1ls désignaient alors la statue même du dieu.

La photographie ne peut donner qu'une idée très imparfaite de l'aspect éclatant de cette représentation, que rebaussaient de vives couleurs, encore assez bien conservées en raison de leur élévation en hauteur qui les a ellicacemenñt protégées contre les souillures de toute sorte dont le temps et les hommes ont sali les registres inférieurs. |

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