DU DIEU DE LA GÉNÉRATION
Alors que dans une des légendes du cortège nous avons lu plus haut 1) que le Pharaon se rendait à la « demeure de son père Min seigneur de Snw.i », nous sommes ici en présence d'une autre forme du dieu ithyphallique « Amon- Ré taureau de sa mère». Cette substitution n’a rien de surprenant, car nous savons par de très nombreuses sources (? qu’à partir de la XVII: dynastie lépithète L-mwr.f (taureau [c’est-à-dire époux] de sa mére) a été attribuée au dieu local de Thèbes, Amon. Ce dieu, qui devint dès la XI dynastie mais surtout après dndlaon des Hyksos par les rois thébains de la XVII* dynastie et après le rétablissement de la capitale du royaume à Thèbes par Ahmôsis, fondateur de la XVIIT dynastie, le principal dieu du panthéon égyptien, s'était entre temps annexé la plupart des épithèles
(1 Voir ci-dessus, p. 122. | G@) En particulier Ja stèle n° 498 du British Museum : À Guide to the Egyptian Galleries (Sculpture), 1909, pl. XXI.
et attributs de son aîné et voisin de Goplos, avec qui il avait d'étroites aMnités. L'épithète «taureau de sa mère» fut, parmi ces annexions d'Amon, une de celles qui devaient avoir la plus longue carrière. Elle resta, en effet, attachée au nom seul d'Amon tout d'abord, puis au nom d'Amon- Ré lorsqu' Amon eut absorbé le dieu solaire Ré d'Héliopolis, et cela jusque sous les derniers Plolémées. Elle s'est probablement conservée en grec dans le nom de la divinité Kauñ@us où Kaur@ns, que nous relevons au moins chez deux auteurs grecs (1).
Au sujet des deux formes différentes sous lesquelles les monuments représentent le dieu Amon :
a) Forme cosmique, sous les traits d'un homme ordinaire, soit debout soit assis:
b) Forme féhchique, sous les traits d'un homme toujours debout au corps étroitement gainé, dans l'attitude ithyphallique, apparaissant dès la AI: dynastie et qui ressemble en tout et pour tout à la forme commune du très ancien dieu local de Coptos et d’Apou-Panopolis,
je renvoie à un très récent ouvrage de M. Sethe 2). C’est sous cette seconde forme qu'Amon emprunte à son voisin du nord l’épithèle k-muvi.f, taureau de sa mére», qui peut être jointe soit d'abord au nom Amon seul, soit plus tard au nom double Amon-Ré :
Je crois cependant que les relations entre Min et Amon sont à présenter sous une forme un peu différente de celle qu'a proposée M. Sethe. Ce n’est pas Amon, mais bien Amon-Ré qui apparaît sous la première forme, dite
«:. forme. cosmique. Amon proprement dit, avant sa fusion avec RE, est, au
contraire, -dès la plus ancienne représentation que nous en connaissions,
celle des blocs do temple de Senousret I“ récemment retirés de l'intérieur . ;
port À Amou qui est désigné par les inscriplions.
du IT pylône de Karnak UM}, représenté sous la forme ithyphallique ct gainée, que M. Sethe a appelée féuichique. Bien loin donc d’être originaire d'Hermopolis, ainsi que l'a pensé M. Sethe ©}, Amon n’est pas autre chose dès son origine qu'un Min thébain , une réplique tardive à Thèbes du dieu de la génération que l'on vénérait depuis la plus haute antiquité à Coptos, cité éloignée de Thèbes de 46 kilomètres à peine et entretenant avec la future capitale du royaume d’étroites relations de toute nature. Le caractère de dieu cosmique ne sera conféré à Amon que plus lard, après sa fusion avec le dieu solaire Ré d'Héltopolis.
L'assimilation entre Min et Aron à partir de la XVIIT° dynastie s’est accomplie, ainsi que l'a montré M. Sélim Hassan ®), au détriment de Min, qui a presque tout donné à Amon sans en rien recevoir : « Dans les hymnes et inscriptions religieuses de ce temps | c'est-à-dire du Nouvel Empire], ditil, on trouve des épithètes propres à Min qui ont été transférées à Amon- Min. Les éléments amoniens, dans toutes les inscriptions, sont insignifiants, ou presque inexistants. Dans les hymnes propres à Amon-Râ, toutes les
0) Cf. Cuevrier, Annales du Serv. des Antig., t. XXVIIL, XXIX et XXX.
7 La conception tardive suivant laquelle Amon aurait été originaire d'Hermopolis est susceplible, semble-t-il, des deux explications suivantes :
a) Suivant M. Sethe, les prêtres d'Hermopolis, soucieux de procurer à leur ville un surcroît d’imporlance, auraient annexé à son panthéon local le vienx dieu de Thèbes, qui, durant la longue époque impériale, avait été la plus considérable des divinités: de toute l'Égypte.
b) Suivant M. Weill, au contraire, qui a bien voulu me communiquer ses impressions à ce sujet, ce serait Amon thébain lui-même qui, à son époque impériale, aurait absorbé et en quelque sorte annexé Îa théologie locale d'Hermopolis. M. Weill pense, en effet, pouvoir relever des traces de cetle annexion de la théologie hermopolitaine par Amon et son similaire Min au papyrus n° 1004 du British Museum, connu sous le nom de papyrus magique Harris n° Bo1, el notamment dans une formule où sont associés les huit dieux d'Hermopolis el le dieu Min de Coptos, et que l'on doit réciter en tenant à la main un œuf d'argile, symbole de l'œuf dont aurait été issu, suivant la croyance hermopolilaine, le soleil primordial (voir recto pl. VI, 1. 10 à pl. VIF, L. 1 du papyrus magique Harris : Cuaras, Le papyrus magique Harris, 1860, p. 95; Bunce, Fucsimiles of Egyptian hieratic Papyri in the British Museum, 1910, pl. XXV- XXVI: Amar, Sphinx, XX, 1916, p. 23 et 100; Lexa, La mapie dans l'Égypte antique, II, 1925, p. 38-39). Au sujet de l'œuf divin d'Hermopoiis, cf. Leresvre, Annales du Ssrv. des Antig., XXUI, 1923, p. 65-67.
© Hymnes religieux, p. 172-174.
épithètes sont empruntées à Min, le dieu voisin, ou à RA, le dieu prédominant et le plus adoré. »
L'hypothèse émise ces derniers lemps par M. Wainwright au sujet de la nature «atmosphérique » des relations entre Min et Amon ne m'a pas encore convaincu. Adoptant, avec quelques rares savants}, l'interprétation fortement discutable de M. Newberry l/, suivant laquelle le signe «#- servant à écrire le nom du dieu Min représenterait un «Thunderbolt», c'est-à-dire un aérolithe projeté du ciel sur la terre par la foudre, ce que nous appelons parfois une «pierre de foudre», M. Wainwright s'est efforcé, avec plus d'ingéniosité que de force persuasive, de démontrer qu'Amon de Thèbes, dieu de l'air et du ciel, avait aussi pour emblème un météorite. Il était donc, dès l'origine, en connexion intime avec son voisin et parent, beaucoup plus ancien, Min de Coptos, dieu de la foudre. Après sa fusion avec ce dernier, 1l lui aurait laissé la foudre même, mais aurait du moins conservé pour soi le météorite, lequel est de nos jours encore assez communément confondu avec la foudre 5).
Plus circonspect, M. Sethe s'est jusqu'à présent refusé à risquer une interprétalion de l’'énigmatique symbole fétichiste de Min, «+, dont 1l conlinue à admetire qu'il fait penser à un verrou : «die räthselhafte an einen Riegel erinnernde Holzschnitzerei » ().
Mais je ne veux pas insister sur celle question, qui m’entrafnerait un peu trop loin de mon sujet. Quoi qu'il en soit, dès la XVIII* dynastie, sur l'obélisque de la reine Hatchepsout à Karnak, apparaît la divinité Kamoutef- Min Les “D — 0. Cette forme, qui est, à ma connaissance, la plus
(7 Par exemple MM. G. Foucart (in Hasrincs, Encyclopædia of Religion and Ethics) et À. Monet, Le Nil et la civilisation égypüenne, 1926, p. 54 : «le «foudre» désigne à la fois Min et le IX* nome», et p. 63, tableau des nomes où le 1X° nome de Haute- Égypte est appelé «foudre de Min.
® Annals of Archæology and Anthropology of the University of Liverpool; vol. II, 1910, p. bo-ba et pl. XIX.
® Cf. Annales du Serv. des Antig., XXVIIL, 1928, p. 175-189 (The aniconic Form of Amon in the New Kingdom) et Journ. of Egypt. Archæol., vol. XVI, 1930, B 35-38 . (The Relationship of Amün 10 Zeus and his Connexion with Meteorites),
® Urpeschichte, etc., 1930, p. 15, S 19.
(1 Cf. la variante ‘eg LI M fu mentionnée par Wilkinson (Hanners av and Customs, HE, p. HA
ancienne jusqu'à présent relevée, est curieuse en ce sens qu’elle donne la préséance au dieu Kamoutef sur Îe dieu Min. Ge n'est qu'à partir de la XIX° dynastie que l'ordre inverse apparaît, donnant à Min la première place. Exemples :
SE #8 W— (stèle de la XIX° dynastie à l'Ouâdi Hammâmät : Couvar Monrer, /nscript. Ouädi Hammämät, n° 238, p. 110 et pl. XLV);
À Dr M. À (calendrier thébain publié par Viner, Rec. de trav., VIE, p. 169-170);
À + De (cercueil n° h1047 du Caire, époque bubastite : Gauraien, Catal. gén., Cercueils anthropoïdes, p. 135);
Ts M (slaiue n° Aoa17 du Caire, époque bubasto-saite : Lecnain, Calal. pên., Statues et statuettes, IT, p. Lo );
La Ph ( Edfou : Prec, /nscrept. ludrogl., 2° série, pl. 58.1; Kom Ombo : Kom Ombos, If, n° 546).
Le papyrus n° sok7h du British Museum donne (col. If, 1. 15 : cf. Lance, Das Weisheisbuch des Amenemope, p. 30) une variante curieuse : SU À ke D VO « Min en tant que Taureau des Taureaux de sa mére». |
Quelquefois aussi l'épitbète Kamoutef-est employée seule et désigne expressément le dieu Min : es NN — (naos de Coptos au Musée du Caire : Pere, Koptos, p. 20; Serne, Urk. griech.-rôm. Zeit, p. 64; Roœpen, Catal. gén., Naos, n° 70031, p. 116).
À partir de la X{X° dynastie également apparaît se divinité tripartite : PRE er <E À 2 ve pe ( ({psamboul : L., D., LT, 89: k = Toit, V,p.1h1);
— F1 gi: (salle tie de Karnak, ds de Ramsès IV : L., D., IT, 220 a);
f | EN — | Lanzone, Dixionario hi — 7 CCCXXXIL,
Cetle divinité à triple nom peut même devenir, quoique plus rarement cependant, un dieu à quadruple nom, sous la désignalion in-Amon-Ré-
Kamoutef :
EL Se Se — (Maruerre, Dendérah, 1, pl. 23);
<F LE Se 2: — (propylône du PS de Khonsou à Karnak : L., D., IV, 124).
Enfin l’épithète 2 | A [>| (propylône du temple de Khonsou à Karnak : L., D., [V,194) ou — | = Y* Tiemple ptolémaïque de Deir el- Médineh : Piesc, Inseripl. hidrogl., T, pl. GLXXX , »}, «sur son prand siège» ou «sur le grand sige», accompagne assez souvent celle désignation du dicu 1thyphallique en tant que laureau fécondant sa mère. Sur le sens à attribuer à cetle épithète on n'est pas d'accord : je ne crois pas que la $.{ avr. soit à identifier avec le hijw à gradins ou «reposow » du dieu.
Dans la légende de la fête de Min qui nous occupe ia, le nom de Min n'est pas mentionné, mais le dieu Amon-Ré-Kamoutef est clairement indiqué comme identique à Min, d'abord par son allitude ithyphallique, ensuite et surtout par les attributs tout à fait caractéristiques du dieu de Coptos. qui l’accompagnent.
Dans l'épithète Kamoutef c’est la fonction génératrice et reproductrice, la fonction sexuelle du dieu Min et de son similaire le dieu Amon, qui est mise en évidence, à l'exclusion de toutes les autres nombreuses qualités et fonctions de l'une ou l'autre de ces deux formes divines. Une autre épithète, plus rare à la vérité, était synonyme de cette dernière, celle de mnmn muwvi.f, «fécondateur de sa mére». Nous aurons l’occasion, d’ailleurs, de la rencontrer plus loin,
Elle se trouve au papyrus n° 3055 de Berlin, qui nous a conservé le rjtuel du culte divin journalier d'Amon publié, traduit et commenté par
L M. Moret (cf. page XIV, L. 6):
__ + 4 Let Leo) —"p°z Î à Min-Amon féodal sa mère» (Morer, L Rituel du culle divin, p. 124 : taureau de sa mère).
Une le épithète enfin du dieu Min en Min-Amon paraît avoir encore la même signification. On la rencontre dans la chapelle d'Azekbr-
138 HENFI GAUTHIER.
amon du temple de Débod en Basse-Nubie : YF ..... CN = n$uw.t bjlj Mnw..... shn mwl.f «le roi de Haide el À Basé. Le gypte Min..... embrassant sa mère » ll, Il s’agit évidemment de la racine 8 (7 sln, «entourer de ses bras, embrasser, tenir dans ses bras ».
Parmi les nombreux et divers caractères dont nous apparaîl revêtu Îe dieu Min, le plus important aux eux des Égyptiens était sans aucun doute, en effet, celui qui le désignait comme le dieu de la fécondation et de Ha génération. Cest pour mettre en évidence manifeste celte qualité de dieu créateur qu'ils ont invariablement, en lout temps et en tout lieu, représenté Min dans l'attitude ithyphallique, et c'est aussi ce trait que les Grecs ont seul retenu lorsqu'ils l'ont identifié avec leur dieu Pan. Lorsqu'il est attribué à Min, le mot jii, du OÙ d'; fre «beauté n’est pas, comme lorsqu'il est en relation avec telle ou telle autre divinité, ün terme général el vague; il constitue une allusion précise à la qualité primordiale et essentelle du dieu générateur, à savoir son phallus en érection. C'est de son phallus que le dieu est fier par-dessus tout et c’est de lui qu'il tire orgucil | et vanité. Exemples :
Liz Fe (stèle Vi de Leyde, I. 19, Nouvel Empire);
it
TIXNES— (Erwan-Grarow, Wôrterbuch der aegypt. Sprache, 1, p. 260);
ENT FU (Edfou — Prent, script. laérogl., 2° série, pl. o4,W);
LL DE (Edfou — — Pirus, op. cit., a° série, pl. 5o-5 1);
nn TE é «ati & ( Kom Ombos, n° 805 ); Dee ue D DE CrassinaT, Le Temple d'Edfou, IL, p. 56).
Devons-nous admettre que les Égyptiens ont donné 10, une fois de plus, libre cours à leur goût bien connu des jeux de mots? La supposition est assez plausible, car » DE ‘& est un des noms du phallus, se raltachant à la racine = | \K ‘b, se vanter, se glorifier, être fier (d’une chose, d’une
Q) CmAMPOLLION, Notices descriptives, Ï, p. 157; L., D., V, 18h et Text, V, p. 7;
Rover, Les temples‘ immergés de la Nubie, Debod bis Bab Kalabsche, p. 76 [ Umarmer seiner Mutter] el pl. 29. La déesse-compagne de Min est ici Nephthys.
qualité, etc.) : le phallus était donc par excellence La chose dont se glorifiau Min (cf. Eraan-Grarow, Wôrterbuch der aepypl. Sprache, 1, p. 178).
D'autres fois, l'épithète Ni Tdi — est complétée, ct en quelque sorte commentée, par uue autre, 470 & SELONEUT du mi» (= à Xe. Li. mt «das männhche Glied x : Enman-Grarow, Wôrierbuch der acaypt. Sprache, Il, p. 175).
La «beauté» du dieu, c’est-à-dire son phallus, est encore vantée dans les épithètes suivantes : so dl qui se manifeste par sa beauté» (Edfou : Prec, /nscript. lnérogl., 9° série, pl. 54), 4 h : ir. « dimer-veillant les dieux par sa beauté» (Crassinar, Le Temple d'Edfou, 1, p. 97).
Au lieu des mots «sa beauté » on trouve parfois les mots nki.f, «sa force, sa vigueur », qui lont certainement allusion à l'énergie fécondante déployée par le membre viril. . | .
a )N=+ ie Re « Horus en tant que Ain Jer de sa vigueur »
oo texte géographique dE . légendes du V° nome de Haute- Égypte : : Crassinar, Le Temple d'Edfou, 1, p. 338 ); |
HN s— (Cuassiar, Le Temple d'Edfou, 1, p. oz et IF, P-
c) a (inscription géographique dans le sanctuaire du temple d'Edfou : Roucé, Mélanges d'archéolome et d'hstore, 1, p. 104 [ «poussant dans sa force»] el Revue ie 1865/I1, p. 333 È dans l'attitude de sa force »]). |
Les textes de l'époque gréco-romaine, et lent ceux du temple d'Edfou, où une salle spéciale était consacrée au dieu de la génération, abondent en épithètes et en allusions dans lesquelles sa fonction essentielle de mâle par excellence, de taureau jeune et vigoureux, est mise en évidence avec une remarquable complaisance. Voici, au hasard, quelques-unes de
ces épithètes :
1° FF À. — % « Min mâle des dieux » (Cuassinar, Le Temple d'Edfou, I, p. 38); variantes : Xe.—] , (Rocemonrex, Le Temple d'Apet [ OEuvres | 0) Temple de Darius à l'Oasis El-Khargah (cf. Baucsew, Reise nach der Grossen Oase,
pl. 27, col. 38), où les épithètes & sont, à la vérité, attribuées à Amon ithyphallique et non à Min.
diverses, Bibliothèque épgyptologique, 1. IT, p. 231|) }, — 177 (naos de Coptos au Musée du Caire : Perte, Koptos, p. 20; ss Urk. der griech.rôm. Zeit, p. 64; Rœnen, Catal. gén., Naos, p. 116; voir aussi Cnassinar, Le Temple dEdfou, Il, p. 56, où One B nr est Pique à Amon- Ré-Kamoutel au lieu de Min), © 7 (Kom Ombos, I, n° 5o)0;
2° si À nn ne si ra «laureau jeune, fécondant sa mère » (Cuassinar, Le Temple d'Edfou, 1, p. 398 );
3° A «laureau couvrant les femmes » (Kom Ombos, X, n° 52); va- Je iii
rianies : mu, Î . «taureau fécondant ses femelles» (Guassinar, Le’ Temple d'Edfou, 1, p. ko7); Te ed: mTie/s 8 Ï— «lu es le taureau sur les femelles, vellant(e ) les femmes à la vue de sa
prestance» (ibid., [, p. 489); CR. el 3 GE — Le ps 1 A : BST «le ue eau couvrant les belles
it!
Jemmes (2) heal la (sa) semence aux dieux el aux déesses » (stèle romaine
22489 de Berlin, originaire d’Akhmim : Scuarrr, À. Z., LAIL, p. 94);
Le]
cg" t— Mere nl Mi) «ravisseur
de tous les mâles et de toute femelle, ..... mari fécondant les belles femmes
«qui est sur ses femelles dans la ville ’Ibtn (ibid.
par son phallus» (Edfou, hymne à Min : Dümicuen, Tempehnschnifien, 1, pl. XXXIT; Peur, Inseript. hiérogl., 9° série, pl. 46; Cuassinar, Le Temple d'Edfou, À, p. 390- 391)(®.
(1 Cette épithèle — 7 DE se trouve encore au temple ptolémaïque consacré au dieu Thot dans le sud de la nécropole thébaine (cf. Mazver, Le Kasr el-Agoûe, p. 47 et fig. 16).
() Cette épithèle était aussi attribuée au bouc de Mendès (voir Sera, Urk. der griech.-rôm. Zeit, p. 29).
L'orthographe dd —; dans laquelle le phallus est nié comme déterminatif du mot Ÿ rheauté», est une preuve à l'appui de ce que j'ai avancé plus haut, à savoir que, en parlant de Min, beauté et phallus étaient absolament synonymes el désignaient une seule et même chose.
@) Voir encore Kom Ombos, 1, n° 16 : «Min-Amon-Re, grand heu seigneur d'Onbos, dieu auguste, engendreur des. .... , seigneur des mâles (TX "}» |
Min n'est donc pas seulement le mari de sa mère; il est aussi l'époux de toutes les déesses et de toutes les femmes. Grâce à la vertu fécondante de son membre viril, c’est lui qui a engendré lout ce qui existe dans le monde: il est le dieu de la création, l’auteur du ciel et le modeleur des dieux, l'auteur de la terre ct le créateur des hommes, celui qui a fait les deux terres (c'est-à-dire la vallée du Nil), ainsi que les oasis et les sables du désert, etc. Il est donc également le père des dieux, entre autres de Ré (# KT.
side oo: Wuxinson, Manners and Cusioms, édit. Birch, vol. II,
. 24), | ue. de la terre cultivable, du désert aride, du ciel, des oasis, des hommes et des dieux, Min était enfin également son propre créateur. C'est ce qu'exprime une phrase de la stèle romaine n° 22489 de Berlin, originaire d'Akhmim : À AA « le trds puissant, s'engendrant soi-mêmé » Q),
Et cette fonclion du dieu remonte beaucoup plus haut que l’époque romaine, car la vignette du chapitre 165 du Livre des Morts (lequel est une supplique du défunt adressée aux diverses formes d'Amon) montre l'image d'un dieu ithyphallique avec le corps d'un scarabée sur la tête duquel se dressent les plumes caractéristiques d'Amon et de Min et qui lève le bras comme Min. Or le scarabée était, pour les Égyptiens, le symbole de l'être qui renaît sans cesse de soi-même. C’est en fécondant lui-même sa mère L D Le ou pan Je ) que Nin est l'auteur de sa propre
naissa nce.