DESCRIPTION GÉNÉRALE
Le cortège royal est arrivé à destination; il a atteint «la demeure de son père Min», c'est-à-dire la chapelle du dieu. Pharaon a mis pied à terre et, faisant face à la chapelle à l'intérieur de laquelle se dresse la statue du dieu, 1] fait à cette dernière le rite de l'encens et de la libation sur une table formée de trois autels reliés ensemble à mi- “hauteur par un large lien
el chargés de diverses provisions de bouche.
La légende, tracée en une ligne horizontale au-dessus de l’encensoir du
roi, répèle en en la résumant la phrase du texte-programme relative à celte : offrande : ==
CC A* Rate d'offrandes à son pére
tit EL IEUE
& E Min, pour. qu “il fasse le don de vie».
: Le roi, surmonté de ses cartouches et du vautour aux ailes éployées représentant la déesse Nekhbet de Haute-Égypte, est en grande tenue d'apparat. Il porte toujours le casque hprè.
Derrière Jui, u une | colonne verticale donne le texte suivant :
La photographie permet de reconnaître à Médinet Habou, en avant des cartouches royaux, deux colonnes d'méroglvphes, dont la moitié supérieure de chacune a été mutilée et dont les publications antérieures n'ont pas tenu compte :
Do D TONER =
SEE (oil) (NT)
« Apparition du rot............. un nullion d'années pour faire une offrande [grande à son père Min], puisse-t-1l accorder de très nombreuses fêtes juhilares au rot Ramsès Ill.»
La répétition du mot * 7 dans cette légende paraît confirmer la traduction que j'ai donnée de ce verbe dans le texte gravé derrière Îe roi.
Quant au dieu, il est représenté debout sur un piédestal rectangulaire assez élevé, à l'intérieur du dais dont le toit est décoré d’une frise d’uræus dressés et coiffés du disque solaire. [l est dans l'attitude habituelle du dieu ithyphallique, dont il a tous les attributs usuels, corps étroitement gainé, bonnet à mortier surmonté des deux hautes plumes et muni à sa partie postérieure d’un long bandeau rigide tombant jusqu'aux talons, barbe postiche recourbée, pendentif sur la poitrine, fouet ou bâton à lanières de cuir servant à frapper les ennemis, soutenu par la main droite levée en l'air, etc. Je n'insisterai pas sur chacun de ces attributs caractéristiques du dieu, surtout après l'étude minutieuse qu'en a faite récemment M. Sélim Hassan dans ses Hymnes relmieux du Moyen Empire. Je voudrais relever seulement quelques points.
D'abord la gaine dans laquelle sont enserrées les deux jambes étroitement unies du dieu est peut-être une preuve à ajouter à celles que nous possédons de l'ancienneté de Min par rapport à son voisin et rival thébain, Amon. S'il faut en croire, en effet, une légende de basse époque, dont
(1 Sur le sens de ce mot or «se lever comme le soleil», caractérisant les apparitions en public des dieux et du roi, et sur ses relations avec le verbe 13 © wbn, voir SéLim Hassan, Hymnes religieux, p. 169-170. Le mot est rendu dans le texle grec du décret de Canope par #Éo8etar (cf. Serne, Hieropl. Urkunden der griech.-rôm. Zeit, p. 148).
Plutarque s'est fait l'écho}, ce serait [sis qui aurait séparé l’une de l’autre les jambes d'Amon primitivement réunies, pour permettre à ce dieu de se mouvoir. Cela n'a pas empêché, du reste, qu’on ait souvent aussi représenté Amon dans la même attitude gainée, dite parfois momiforme P.
La plupart des attributs caractéristiques de Min ont été, en effet, empruntés à ce dieu par la forme ithyphallique d’Amon lorsque s’accomplit la fusion entre les deux voisins, et en particulier les deux hautes plumes et le bandeau £5d 6).
Derrière Min sont figurés les deux attributs caractéristiques qui l'accompagnent presque invariablement, la butte conique au portique décoré des deux cornes de bovidé et la double fleur stylisée à longue tige debout sur le support en forme de façade de chapelle.
Le piédestal sur lequel reposent les pieds du dieu paraît être une litière munie de longs brancards destinés à son transport. Nous verrons, en effet, à l'épisode suivant, cette litière figurée en grand et dans tous ses détails.
La légende désignant le dieu et exprimant les remerciements qu'il adresse au Pharaon en reconnaissance des bons offices que ce dernier vient
(9) CE De [side et Osiride, $ 6a : re Qnai wepi roù Auds à EddoËos pufodoyeiv Afyumllous, &s Tv oxeÀGr ouumeQux6To» aûré y) duvauevos Badléeiv, dm aioyüvns épnula SiérpiGev, # dè Îous diareuoboa xai diaolfoaoa Ta pépn TaÿTa TOÙ güparos éprimoëa rhv mopelar wapéoyer « Eudoxos dit encore au sujet de Zeus que les Égyptiens racontent comment, ses jambes s'étant développées collées l'une à l'autre, il ne ‘pouvait CE archèr, et, par honte, restait dans la solitude, Mais Isis sépara ces jambes et les TAN > Procurant ainsi à son corps une démarche agile.» — Noir, sur cette légende, +0 FBURE ; Sphinæ, V, p. 85-86. | me gainée (menschengestaltiges Idol), voir ce qu'a écrit tout récemment schichte, y, elc., p. 17). eau et ces plumes apparaissent comme coiffure du faucon déterminant éu Min dès 1 les texles des Pyramides ($$ 1928 c et 1948 a) : cf. Junxer, P: | Aussi M. Tabbé Tresson, dans sa publicalion de la stèle de F pre j: es d'Archéol. orient. 1. IX, p. 24), til cru
quece bandeau était également porté par e Bousiris et Sopdou du nome Arabique b. 23,5 30, et Urgeschichte, etc. » p.66). —
arr, Du d caractère UE de la FRE pha-
de lui témoigner, occupe trois colonnes verticales tracées en avant de sa haute coiffure :
UE À D mm Ti NT = i—
& Paroles dites par Amon-Ré-Kamoutef ( sic) : je le ie loule force el toute vicloire; je l'accorde toute santé et toute dilatation de cœur (= joie). »
En outre, au-dessous du phallus du dieu et au-dessus du petit roi agenouillé face à ses jambes et lui présentant les deux vases à vin, une courte colonne de texte, mutilée, laisse encore reconnaître les signes suivants : foi— + A «éternellement en qualité de roi des deux terres (c'està-dire de l'Égypte)», qui conslituent la fin de la légende en trois colonnes tracée au sommet. |
Enfin derrière les hautes plumes formant la coiffure du dieu, on lit les mots . .. Î { — «1l donne loule ne, stabilité et force ».