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LE TRANSPORT DE LA STATUE D'AMON-RÉ

REPRÉSENTÉ AU TEMPLE.DE LOUXOR (PL. VIll).

La Notice explicative des ruines du Temple de Louxor, publiée au Caire en 1893 par M. Daressy, mentionne (p. 63) une scène qui occupe le registre inférieur de la partie occidentale de la paroi nord de la petite salle J {faisant partie des construclions de la AVIL dynastie). « Le roi, dit-il, offre l’encens à Min porté en procession sur un brancard. Le corps des porteurs est caché par des draperies qui pentes Le êtes el les jambes sont seules visibles. » |

Albert Gayet, dans son édition restée inachevée du temple de de où La salle J de M. Daressy portail la lettre B, a reproduit celle scène, avec l'indication inexacte 3° registre au heu de 1° registre, au tableau inférieur de sa planche XLIX (LIV), fig. 119 (135 )(, et en a donné aux pages 80-81 de ce même ouvrage une descriplion, quelque peu fantaisiste d'ailleurs. Le dessin de Gayet aidera uulement le lecteur à se faire une 1dée exacte de la scène, car notre photographie est assez insuflisante, en raison du mauvais éclairage de la paroï, qui regarde le nord et ne reçoit presque jamais Îes rayons solaires.

Cette représentation ®? comporte une seule scène, celle de l'oflrande de

OÙ Mémoires publiés par les membres de la Mission archéologique francaise du Caire, t. XV, 1894.

.® Elle occupe l'emplacement désigné par le numéro 79 sur le plan du Temple de Louxor qu'ont publié Miss Porter et Miss Moss au volume 11, p. 98, de leur Topographical Bibliography de Thèbes: mais ce n’est pas elle qui est brièvement indiquée sous ce numéro 79 à la page 105; il ne s'agit là que de la scène du registre supérieur, alors que la scène qui nous intéresse occupe le registre inférieur de ce uuméro.

l'encens par Aimenophis IT à la statue du dieu ithvphallique transportée par dix prêtres sur un pavois non décoré. De ces deux rangées de cinq prêtres chacune, on ne voit, comme sur jes autres représentations 5imlaires, que les lêtes et Îes pieds dépassant vers le haut et vers le bas la tenlure qui recouvre le pavois. Le dieu transporlé n'est pas ici Min, comme au Ramesseum et à Médinet Habou, et comme l'a déclaré M. Daressy. Ce n'est pas davantage Amon-Ré-Kamoutef comme au temple de Ram- sès JIT à Karnak, mais tout simplement Amon-Ré seigneur de Karnak, =. Le dieu est cependant représenté sous les traits, dans l'attitude et avec loules les caractéristiques ordinaires du dieu de la génération, alors que d'après sa légende on s’altendrait plulôt à le voir figuré sous les traits de l’Amon ordinaire, le dieu cosmique non momiforme et non ithyphallique. | |

La légende ile la scène esl NE rmn.t nfr <porter le deu sur les épaules», expression qui est employée vers la même époque par le propriétaire de la stèle n° 10 d'Uriage, se vantant d’avoir, en sa qualité de prêtre a , «porté Amon sur son épaule pendant sa fèle et élevé Min vers son reposoir », AS RR ent NII ESS — D: 0. Gavet s'est done lourdement trompé en allribuant au roi l'action exprimée par le verbe rmx et en voyant là un geste‘du Pharaon tendant à amener la résurrection.

Immédiatement derrière le pavois s'avance Îc roi Amenophis Hf, coiflé du casque hrp$, exactement comme sur les autres représentations similaires, mais vêlu d’un costume plus simple que sur ces dernières. Du bras gauche tendu À maintient dans la position verticale la statue divine. Îl est suivi de

son À vivant, dont la légende dit : + USY dih- 27 he

«le double royal vivant à l'intérieur de (résidant dns) la salle d'adoration,

tout à fait À gauche du tableau, porte Æ 1j (0: — ) 7ÿ0- 7%

«c'est le bon dieu, le sagneur des deux terres Nibmaät-lié, en train d'escorter

lHovusRé su », tandis que la légende du roi lui-même, gravée | son père Amon-Ré seigneur de Karnak] PR La menlion du aa pr dv}.t «salle (ou chambre) d'adoration » est un détail

(5 Cf., entre autres nombreuses publications, Serue, Urkunden 18. Dyn., p. 1031: Morer, Revue égyptol., Nouvelle Série, F, p. 10.

À ajouler aux autres représentations similaires. M. Moret à montré que celle expression désignait deux choses différentes : dans les tombes, la chambre des libations, et dans les temples (cas auquel nous avons affaire ici}, les parties de l'édifice où élaient localisées les scènes du culte royal et de l’adoration du rot. Ge dernier, entré simple humain dans le pr dise, en sorlait dvimsé, el Y laissait alors Pimage de son «double», c’est-à-dire une personne avant exactement ses traits, mais de taille réduite.

La présence de ce double roval vivant confirme les renseignements donnés au Ramesseum et à Médinet Habou, où nous voyons qu'il est fait offrande non seulement aux rois défunts assistant à la cérémonie en leur qualité d’ancêlres du rot régnänt, mais aussi au k du roi régnant encore en vie (?,

Dane le rot, quatre servileurs portent sur leurs épaules, à l'aide d’un brancard , le socle (ou meuble) à bandes verticales et horizontales sur lequel se dressent verticalement {rois plants de lailue; c'est ce que Gayel a appelé improprement «un autel d'où s'élève un groupe de perséas», en rapprochant arbitrairement ces laitues des perséas mentionnés au papyrus d'Orbiney (conte des Deux Frères). | |

À droite de la scène, face à ce cortège de la statue d’Amon escortée du roi et du 4 royal, Amenophis [IT est à nouveau représenté faisant au dieu le rite de l'encens, exactement comme sur les autres représentations simihures. Ï porte là encore le casque Apr$. L'interprétation de Gavet suivant laquelle celte scène serait comme la «préparation de la reproduction» est inexacle. L'encensement n'est pas, comme 1l Le croyait, un «agent de renouvellement divin qui précède une renaissance », et il n’y à aucun lien soit de simultanéité soit de cause à effet entre «la flamme de la cassolette » el «l’érection phallique ». L'attitude ithyphallique était attitude habituelle et conslante du dieu de la génération, indépendamment de toute manifestation cultuelle de la part du Pharaon.

Du caractère religieux de la royauté pharaonique, n. 211-233. ET Voir ci-dessus, p. 61, 63 et 93. |

2. — LE TRANSPORT DE LA STATUE DU DIEU DE LA GÉNÉRATION SUR LA FACE EST DE LA TOUR NORD

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