DANS L'ALCOVE SOMBRE
Il dort, innocence !
Les anges sereins Qui savent d'avance Le sort des humains, Le voyant sans armes.
Sans peur, sans alarmes, Baisent avec larmes Ses petites mains.
Leurs lèvres effleurent Ses lèvres de miel.
L'enfant voit qu'ils pleurent Et dit: Gabriel!
Mais l'ange le touche.
Et, berçant sa couche, Un doigt sur sa bouche, Lève l'autre au ciel.
Cependant sa mère, Prompte à le bercer, Croit qu'une chimère Le vient oppresser.
Fière, elle l'admire, L'entend qui soupire, Et le fait sourire Avec un baiser.
10 noTembie 1831.
SXI
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Marc-Aukèle.
Parfois, lorsque tout dort, je m'assieds plein de joie Sous le dôme étoile qui sur nos fronts flamboie ; J'écoute si d'en haut il tombe quelque bruit; Et l'heure vainement me frappe de son aile Quand je contemple, ému, cette fête éternelle Que le ciel rayonnant donne au monde la nuit.
Souvent alors j'ai cru que ces soleils de flamme
Dans ce monde endormi n'échauffaient que mon âme;
Qu'à les comprendre seul j'étais prédestiné;
Que j'étais, moi, vaine ombre obscure et taciturne,
Le roi mystérieux de la pompe nocturne;
Que le ciel pour moi seul s'était illuminé I
Novembre 1829.