‹ Les feuilees d'automneChapitre 15 sur 60 · LORSQUE L'ENFANT PARAIT · texte numérisé non relu

LORSQUE L'ENFANT PARAIT

Laissant errer sa vue étonnée et ravie, Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vie Et sa bouche aux baisers !

Seigneur! préservez-moi, préservez ceux que j'aime, Frères, parents, amis, et mes ennemis même

Dans le mal triomphants, De jamais voir. Seigneur, l'été sans fleurs vermeilles, \A cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles,

La maison sans enfants I

18 mai 1S30

Beau, frais, souriant d'aise à cette vie atnère Saintb-Beu vb.

Dans l'alcôve sombré, Près d'un humble aute^, L'enfant dort à l'ombre Du lit maternel.

Tandis qu'il reposa, Sa paupière rose, Pour la terre closo, S'ouvre pour le ciel.

Il fait bien des rêves.

Il voit par moments Le sable des grèves Plein de diamants; Des soleils de flammes, Et de belles dames Qui portent des âmes Dans leurs bras charmants.

Songe qui l'enchante!

11 voit des ruisseaux; Une voix qui chante Sort du fond des eaux.

Ses sœurs sont plus belles.

Son père est près d'elles.

Sa mère a des ailes Comme les oiseaux.

Il voit mille choses Plus belles encor; Des lys et des roses Plein le corridor; Des lacs de délice, Où le poisson glisse, Où Tonde se plisse A des roseaux d'or.

Enfant, rêve encore !

Dors, ô mes amours 1 Ta jeune âme ignore Où s'en vont tes jours.

Comme une alguo morte, Tu vas, que t'importe?

Le courant t'emporte, Mais tu dors toujours!

Sans soin, sans étude, Tu dors en chemin; Et l'inquiétude, A la froide main.

De son ongle aride Sur ton front candide, Qui n'a point de ride, N'écrit pas : Demain I

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