L'AURORE S'ALLUME
Vérité, beau fleuve Que rien ne tarit!
Source où tout s'abreuve, Tige où tout fleurit!
Lampe que Dieu pose Près de toute cause !
Clarté que la chose Envoie à Fesprit !
Arbre à rude écorce, Chêne au vaste front, Que selon sa force L'homme ploie ou rompt; D'où l'ombre s'épanche; Où chacun se penche, L'un sur une brar.che, L'autre sur le tronc!
Mont d'où tout ruisselle l GouSre où tout s'en val Sublime étincelle Que fait Jéhova!
Rayon qu'on blasphème!
OEil calme et suprême Qu'au front de Dieu même L'homme un jour crevai
0 terre ! ô merveilles Dont l'éclat joyeux Emplit nos oreilles,
Éblouit nos yeux!
Bords ou meurt la vague Bois qu'un souflle élague, De Ihorizon vague Plis mystérieux !
Azur dont se voile L'eau du gouflre amer, Quand, laissant ma voile Fuir au gré de l'air.
Penché sur la lame, J'écoute avec l'âme Cet épithalarae Que chante la mer !
Azur non moins tendre Du ciel qui sourit, Quant, tâcliant d'entendre Ce que dit l'esprit.
Je cherche, ô nature, La parole obscure Que le vent murmure, Que l'étoile écrit!
Création pure!
Être universel!
Océan, ceinture De tout sous le ciel!
Astres que fait naître Le souffle du maître.
Fleurs ou Dieu peut-être Cueille quelque miel!
0 champs! ô feuillages, Monde fraternel !
Clocher des villages