A MADEMOISELLE J
Au fond de la coupe est la lie, Au fond des rêves la folie, Au fond de l'aurore le soir.
Toujours quelque bouche flétrie, Souvent par ma pitié nourrie, Dans tous mes travaux m'outragea.
Aussi que de tristes pensées, Aussi que de cordes brisées Pendent à ma lyre déjà !
Mon avril se meurt feuille à feuille ; Sur chaque branche que je cueille Croît répine de la douleur; Toute herbe a pour moi sa couleuvre; Et la haine monte à mon œuvre Comme un bouc au cytise en fleur !
La nature grande et touchante, La nature qui vous enchante.
Blesse mes regards attristés.
Le jour est dur, l'aube est meilleure.
Hélas! la voix qui me dit : Pleure!
Est celle qui vous dit : Chantez!
Chantez! chantez! belle inspirée!
Saluez cette aube dorée
Qui jadis aussi m'enivra.
Tout n'est pas sourire et lumière.
Quelque jour de votre paupière
Peut-être une larme éclora!
Alors je vous plaindrai, pauvre âme I Hélas ! les larmes d'une femme,
n2 LES CHANTS DU CRÉPUSCULE.
Ces larmes où tout est amer, Ces larmes où tout est sublime, Viennent d'un plus profond abîme Que les gouttes d'eau de la merl
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La pauvre fleur disait au papillon céleste :
— Ne fuis pas ! Vois comme nos destins sont différents. Je reste,
Tu t'en vas!
Pourtant nous nous aimons, nous vivons sans les hommes
Et loin d'eux, Et nous nous ressemblons, et l'on dit que nous sommes
Fleurs tous deux!
Mais hélas! l'air t'emporte et la terre m'enchaîne,
Sort cruel!
Je voudrais embaumer ton vol de mon haleine
Dans le ciel !
Mais non, tu vas trop loin ! Parmi des fleurs sans nombre
Vous fuyez, Et moi je reste seule à voir tourner mon ombre
A mes pied^,.
17li LES CHANTS DU CRÉPUSCULE.
Tu fuis, puis tu reviens, puis tu t'en vas encore
Luire ailleurs.
Aussi me trouves-tu toujours à chaque aurore
Toute en pleurs!
Oh ! pour que notre amour coule des jours fidèles,
0 mon roi, Prends comme moi racine, ou donne-moi des ailes
Comme à toi! —