‹ Les feuilees d'automneChapitre 56 sur 60 · A MADEMOISELLE LOUISE B · texte numérisé non relu

A MADEMOISELLE LOUISE B

Car vous avez le goût de ce qui seul peut vivre; Sur Dante et sur Mozart, sur la note et le livre,

Votre front est courbé.

Car vous avez l'amour des choses immortelles; Rien de ce que le temps emporte sur ses ailes

Des vôtres n'est tombé.

Quelquefois, quand l'esprit vous presse et vous réclame, Une musique en feu s'échappe de votre âme,

Musique aux chants vainqueurs, Au souffle pur, plus doux que l'aile des zéphires. Qui palpite, et qui fait vibrer comme des lyres

Les fibres de nos cœurs.

Dans ce siècle où l'éclair reluit sur chaque tête. Où le monde, jeté de tempête en tempête,

S'écrie avec frayeur.

Vous avez su vous faire, en la nuit qui redouble, Une sérénité qui traverse sans trouble

L'orage extérieur.

Soyez toujours ainsi! l'amour d'une famille;

Le centre autour duquel tout gravite et tout brille;

La sœur qui nous défend ; Prodigue d'indulgence et de blâme économe ; Femme au cœur grave et doux; sérieuse avec l'homme,

Folâtre avec l'enfant !

Car pour garder toujours la beauté de son âme.

Pour se remplir le cœur, riche ou pauvre, homme ou femme,

De pensers bienveillants.

Vous avez ce qu'on peut, après Dieu, sur la terre, Contempler de plus saint et de plus salutaire,

Un père en cheveux blancs l

31 décembre 1S31,

A MADEMOISELLE LOUISE li.

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