‹ Les feuilles d'automne: suivis de plusieurs piec̀es nouvellesChapitre 12 sur 23 · A MES AMIS S.-B. ET L. B · texte numérisé non relu

A MES AMIS S.-B. ET L. B

Bue» 9iag»!

Gori.

Âinis, mes deux amis! mon peintre, mon poste! Vous me manquez toi^ours, et mon âme inquiète

Tous redemande ici.

Des deux amis, si chers à ma lyre engourdie, Pas un ne m*est resté. Je t'en yeux, Normandie,

De me les prendre ainsi !

Ils emportent en eux toute ma poésie :

L*un, avec son doux luth de miel et d'ambroisie.

L'autre avec ses pinceaux.

Peinture et poésie où s'abreuvait ma muse, Adieu votre onde! Adieu l'Aiphée et l'Aréthuse

Dont je mêlais

▼IlfOT-BniTlÈll. 97

Adieu surtout ces cœurs et ces âmes si hautes, ^ Dont toujours j*âi trouvé, pour mes maux et mes fautes, * Si tendre la pitié !

Adieu toute la Joie à leur commerce unie !

Car tous deux ! ô douceur ! si divers de génie, Ont la même amitié !

Je crois dMci les voir, le poète et le peintre ! Ils s*en vont raisonnant de Togive et du cintre

Devant un vieux portail ; Ou, soudain, à loisir, changeant de fantaisie, Poursuivent un œil noir dessous la jalousie,

A travers Téventail.

Oh! de la jeune fille et du vieux monastère,

Toi, peins-nous la beauté, toi, dis-nous le mystère.

Charmez-nous tour à tour.

A travers le Manc voile et la muraille grise Votre œil, 6 mes amis, sait voir Dieu dans Téglise,

Dans la femme Tamour !

Marchez, frères jumeaux, Tartiste avec Tapôtre, L^un nous peint Tunivers que nous explique Tautre ;

€ar, pour notre bonheur.

Chacun de vous, sur terre, a sa part quUl réclame. A toi, peintre, le monde ! A toi, poète, Tâme !

A tous deux le Seigneur !

Mai i83o.

H'mgt-ntmMvu.

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