INÉDITES
L'AVABICE ET L'ENVIE.
COHTB.
L^Avarice et rEnvie, à la marche incertaine, Un jour s*en allaient par la plaine Chez un n^liant ou chez un fou :
Chez vous, ou chez quelqu*autre, ou chez moi-même. . . en Elles allaient je ne sais où, [somme
Comme le héron du Bonhomme.
Bien que sœurs , ces monstres hideux Ne s'aiment pas ; aussi, tout le long de la route, Sans se parler il»cheminaient tous deux.
L*ÂTarice, le dos en voûte, Examinait ce coffkv hasardeux
Pour qui sans cesse elle redoute.
L*£nYie aussi Texamlnait sans doute, Comptant tous les écus dans son coffkv entassés. Chemin faisant, dame Avarice Se répétait pour son supplice * « Je n^en ai point encore assez ! »
De son côté, TEnvie, au regard louche.
Lorgnant cet or, objet de tous ses soins, Pliait en se tordant la bouche :
180 P0É8IB8 iiiÉDnir.
« Elle en a trop, car j*en a! nioUiS' »
Chacune à^ foçon méditait sur ce eoffiré :
Désir soudain à leurs yeux s*offre, Désir, ce lUeu galant, qui seul peut exaucer Tous les souhaits qu*on lui veut adresser.
Désir dit aux deux sœurs : « Mesdames,
» Je suis galant, tous êtes femmes, » Choisissez donc tout ce qui tous plaira,
» Trésors, honneurs, eiccBtera;
» Surtout expliquons-nous sans trouble :
» La première qui parlera
• Aura tout ce qu'elle voudra ; —
» La seconde en aura le double. »
Vous jugez dans quel embarras
Ce discours mit nos deuxluronnes ; Avares, envieux, que faire en un tel cas?
Chacune des deuxsceurs en mumtyant tout bas *. « Que me font, ô Désir ! tes trésors, tes oouronnet? » Que m'importent ces biens que m'aeeorde ta loi ?..,
» Une autre en aura plus que moi» »
— Et chacune à ce mot funeste,
D'hésiter sans savoir pourquoi.
Le Désir, dieu léger et lesta,
Les donne au diable, jure, peste.
Et s'indigne de rester coi.
L'Envie, enfin, toujours Implacable et cruelle,
Regarde sa sœur en grondant.
Puis, tout à coup, se décidant :
« Que l'on m'arrache un osil, » dUnelle !
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