‹ Les feuilles d'automne (volume 2)Chapitre 33 sur 38 · RS · texte numérisé non relu

RS

Mon frère, la tempête a donc été bien forte, Le.vent impétueux, qui souffle et nous emporte De récif en récif, A donc, quand vous partiez, d’une aile bien profonde Creusé le vaste abîme et bouleversé l'onde Autour de votre esquif,

Que tour à tour, en hâte, et de peur du naufrage, Pour alléger la nef en butte au sombre orage, En proie au flot amer, Il a fallu, plaisirs, liberté, fantaisie, Famille, amour, trésors, jusqu’à la poésie, Tout jeter à la mer!

Et qu’enfin, seul et nu, vous voguez solitaire, Allant où va le flot, sans jamais prendre terre, Calme, vivant de peu,

Ayant dans votre esquif, qui des nôtres s’isole, Daux choses seulement, la voile et la boussole,

Votre âme et votre Dieul

Mai 1830,

A MADEMOISELLE LOUISEBR. À

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