S(U LES FEUILLES
Quand Modëne étrangle râle sons l'archiduc ; Quand Dresde lutte et pleure au lit d'un roi caduc ; Quand Madrid se rendort d'un sommeil léthargique ; Quand Vienne tient Milan ; quand le lion Belgique , Courbé conune le bœuf qui creuse un vil sillon , N'a plus même de dents pour mordre son bâillon ; Quand un cosaque affreux , que la rage transporte, Viole Varsovie échevelée et morte , Et souillait son linceul , chaste et sacré lambeau , Se yautre sur la vierge étendue au tombeau ; Alors, oh! je maudis , dans leur cour, dansleur antre , . Ces rois dont les chevaux ont du sang jusqu'au ventre! Je sens que le poète est leur juge ! Je sens Que la muse indignée , avec ses poings puissans j Peut , comme au pilori , les lier sur leur trône , Et leur £dre un carcan de leur lâche couronne , Et renvoyer ces rois , qu'on aurait pu bénir, Marqués au front d'un vers que lira l'avenir î
d'automne. 205
Oh ! la muse se doit ava. peuples sans défense. J'oublie alors l'amour, la Cunille , l'enfance, Et les molles chansons , et le loisir serein, Et j'ajoute à ma Ijrre une corde d'airain!.
Novembre 1831*
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