ROMANCÉ
Ayant que mes efaansons aimëcs y Si jeunes et si parfumées , Du monde eussent sid» Tafifront , Loin du peuple ingrat qui les foule ^
Gomme elles fleurissaient en foule ^ Vertes et fraîches sur mon front !
De Taibre à présent détachées ^ Fleurs par Faquilon desséchées , Vains débris qu'on traîne en rêvant , Elles errent éparpillées , De fenge ou de poudre souillées , Au gré du flot , au gré du vent.
Moi , comme des feuilles flétries ^ Je les vois , toutes défleuries , G)urir sur le sol dépouillé , £t la foule qui m'environne ,
d'automne. 197
En broyant du pied ma couronne Passe et rit de l'arbre effeuille !
S«|ptcmbre 1
Toi y verto , pleure si je meurs ?
— André Chenier. —
Amis , un dernier mot ! — et je ferme à jamais Ce livre , à ma pensée e'tranger d^ormais.
Je n'écouterai pas ce qu'en dira la foule.
Car, qu'importe à la source où son onde s'écoule ?
SOâ LES FEUILLES
Et que m'importe , k moi , sur Fayenir penché , Où ya ce vent d'automne au souffle desséche , Qui passe, en emportant sur son aile inquiète £t les feuilles de l'aihre et les yers du poète ?
Oui y je suis jeune encore , et quoique sur mon front, Où tant de passions et d'œuyres germeront , Une ride de plus chaque jour soit tracée , Gomme un sillon qu'y fait le soc de ma pensée , Dans le conrs inoertai^ du tev^s qui m'est doané. L'été n'a pas encore Uenle fois jtàjowé.
Je suis fUs de .e ««Je ! «Iioeœ», cJ.^ ««ée.
S'en ya de jma espnt , d'dle*«ine étoonér ,
d' AUTOMNE.. SÈ05
Et , détrompé de tout y mon culte n'est resté Qu'à vous , sainte patrie et sainte liberté !
Je hais Foppression d'une haine profonde.
Aussi^lorsque j'eûtendSydans quelque coindu monde, Sous un ciel inclément, sous un roi meurtrier, Un peuple qu'on égorge appeler et crier; Quand,par lesrois chrétiens auxbourreauiturcsli vrée , La Grèce , notre mère , agonise éventrée ; Quand rïrlande saignante expire sur sa croix; Quand Teutonie aux fers se débat sous dix rois ; Quand Lisbonne , jadis belle et toujoitrs en fête , Pend au gibet , les pieds de Miguel sur sa tête ; Lorsqu' Albani gouverne au pays de Gj^n ; Que Naples mange et dort; lorsqu'avec son bâton, Sceptre honteux et lourd q\ie la peur divinise , L'Autriche casse l'aile au lion de Venise;