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Le don de Dieu déposé dans cette âme est magnifique et rax-e. — Villemain.
Quel homme, ce Hugo! Je viens d'en lire quelque chose: il est divin, il est infernal: il est sage, il est fou; il est peuple, il est roi: il est homme, femme: peintre, poète, sculpteur: il a tout vu, tout fait, tout senti: il m'étonne, me repousse, et m'enchante. — Eugénie de Guérin, Journal.
Entreprenant, multiple, divers, infatigable, son talent s'approprie le monde entier. Tous les temps, tous les aspects du monde physique et moral, l'histoire et la spéculation, la méditation intime et le fracas des événements, les délices du foyer et les préoccupations de la politique, le gigantesque, l'imperceptible, le rationnel et le fantastique, le beau et le difforme, se donnent rendezvous dans ses vers. ... La vie, toute la vie; l'histoire, toute l'histoire; l'homme, tout l'homme, voilà son objet. . . . Parmi nos poètes à peine il en est un seul aussi cordial que lui et aussi riche en paroles saisissantes. — Vinet.
II a ouvert une époque dans notre histoire littéraire. Il a été à la fois très fort et très nouveau. On n'a longtemps voulu voir en lui qu'un chef d'école; il a été plus et mieux que cela, un créateur, un initiateur. Je ne vois personne à lui comparer en ce genre, ni Ronsard, ni Corneille, ni Voltaire. Ajoutons qu'il a été plus extraordinaire que les plus grands; Victor Hugo
n'a pas été seulement nn génie, il a été un phénomène. . . . Le merveilleux, c'est qu'un écrivain si épris de la forme et de la couleur des choses, vivant d'une vie si intense dans le dehors, le plus objectif assurément de nos poètes, en ait été, à l'occasion, le plus ému et le plus profond. Il sait toucher et faire rêver. Il a des mots qui donnent une expression à l'ineffable où l'on sent passer je ne sais quoi d'infini. Il avait une âme, n'en doutons pas, celui qui, blessé de la caducité des plus chers souvenirs, reprochait si plaintivement à la nature sa sérénité et son oubli. Il avait le sens de la grande mélancolie, celui qui s'écriait:
O soleils descendus derrière l'horizon.
Il avait été troublé du mystère de nos destinées, celui qui les interrogeait en un vers sublime:
Où va. Seigneur, où va la terre dans les deux?
On n'aura pas complété cette image, on n'aura pas réuni tous les rayons dont la tendresse populaire se plaisait à faire une auréole au poète, si l'on ne joint à la magie du talent et à la puissance de l'œuvre les idées généreuses et les qualités personnelles, le patriotisme, l'humanité, la foi. Oui, la foi! Victor Hugo était optimiste, c'est-à-dire croyant; il avait confiance dans la nature humaine, dans la société et son avenir. La gloire n'ii-a jamais aux sceptiques; le peuple n'aime que ceux •qui partagent les certitudes ou les illusions dont il vit lui-même. Ed. Scherer, Le Temps, mai 1885.
Si nous admettons volontiers en France pour articles de foi, et sans trop nous inquiéter de ce qu'ils signifient, certains apothegmes, décisifs en raison même de leur banalité, tels que: la poésie est un cri de cœur, le génie réside tout entier dans le cœur, nous oublions plus volontiers encore que l'usage professionel et immodéré des larmes offense la pudeur des sentiments les plus sacrés. INIais Victor Hugo est un génie mâle qui n'a jamais sacrifié la dignité de l'art à la sensiblerie du vulgaire. . . . C'est un grand et sublime poète, c'est-à-dire un irréprochable artiste, car les deux termes sont nécessairement identiques. Il a su transmuter la substance de tout en substance poétique, ce
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•qui est la condition expresse et première de l'art, l'unique moyen d'échapper au didacticisme aimé, cette négation absolue de toute poésie; il a forgé, soixante années durant, des vers d'or sur une enclume d'airain; sa vie entière a été un chant multiple ■et sonore où toutes les passions, toutes les tendresses, toutes les colères généreuses qui ont agité, éinu, traversé l'âme humaine dans le cours de ce siècle, ont trouvé une expression souveraine. Lecoxte de Lisle, Discouys de réception à l'Académie.
Victor Hugo fut un très grand homme; ce fut surtout un homme extraordinaire, vraiment unique. Il semble qu'il fut créé par un décret spécial et nominatif de l'Éternel. Toutes les catégories de l'histoire littéraire sont en lui déjouées. La critique qui essayera un jour de démêler ses origines se trouvera en présence du problème le plus compliqué. — Ernest Renan.
Sa grandeur, quoi qu'on pense de ce qu'il a cru, imaginé ou chanté, est, comme celle des Dante, des Milton, et de quelques anciens, indépendante des idées dont il s'est inspiré. Nous pouvons déjà contempler sa statue idéale, dressée dans la mémoire des hommes de l'avenir, à côté des statues de ces génies, et bien au-dessus de celles des autres poètes de notre langue, parce qu'il a remué des idées plus profondes, donné une forme admirable à de plus grands sentiments, et créé une langue poétique nouvelle. — Rexouvier, Victor Hugo : le poète.
Dans l'énorme amas de ces vers, de ces pièces de théâtre et de ces romans, le départ se sera fait entre l'excellent et le moins bon. Mais, outre que des chefs-d'œuvre sans une tache assurent au poète une place incontestée parmi les tout premiers maîtres -de son art, ceux qui ont le culte des lettres lui garderont, à côté de leur admiration, une vraie piété à cause du magnifique exemple de volonté continue qu'il a donné soixante ans durant ■et qui a fait de lui, au sens où Carlyle prenait cette formule, un véritable héros littéraire. — Paul Bourget, Times, février, 1902.
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Il est notre plus grand poète lyrique; il est presque notre unique poète épique. Il serait, comme style et comme rythme, le plus habile artiste en vers que nous ayons, si La Fontaine n'existait pas. Par là il vivra aussi longtemps que la langue française. Il deviendra même scolaire, par ses qualités, un peu aussi par ses défauts. Très facilement pénétrable, peu profond, peu compliqué, obscur seulement (et rarement) par la forme, ses beaux lieux communs, ses dissertations morales, ses larges et riches descriptions, ses narrations éclatantes complaisamment étalées, seront bien compris et bien goûtés des jeunes esprits, et leur seront une très belle et savoureuse récréation intellectuelle. Il a mérité ce prix, qui est celui des plus grands, par son amour de la belle langue où il avait appris à parler, et le don merveilleux qu'il a eu pour lui donner une nouvelle jeunesse et un nouveau lustre. — Emile Faguet, Études sur le XIXe siècle.
Poet, dramatist, novelist, historian. philosopher, and patriot, the spiritual sovereign of the nineteenth century was, before ail things and above ail things, a poet. . . . Les Feuilles d'Automne won an immédiate and universal homage : their unsurpassed melody was so often the raiment of émotion which struck home to ail hearts a sensé of domestic tenderness too pure and sweet and simple for perfect expression by any less absolute and omnipotent lord of style, that it is no wonder if in many minds there should at once hâve sprung up an ail but ineradicable conviction that no subséquent verse must be allowed to equal or excel the volume which contained such flowerlike jewels of song as the nineteenth and twentieth of thèse unwithering and imperishable Leaves. . . . The spiritual service of the greatest poet of this century has been in its inmost essence, in its highest development, the service of a healer and a comforter, the work of a redeemer and a prophet. . . . We know of no such great poet so good, of no such good man sogreat in genius. — Swixburne, A Study of Victor Hugo.
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In the power of crcation next to Shakespeare came Victor Hugo. Xo poet of modem times has, to my thinking, been gifted with so vast a power of imagination, of grasp of character, of dramatic force, and of command over verse. In one important quality which distinguishes Shakespeare from other poets — the comic — the French poet is wanting. Of grim humour he is a master; playfulness is found constantly in his songs and shorter pièces of verse; irony and satire he can deal in at will. But of what \ve understand by comic force there is nothing in \'ictor
Hugo. W. H. POLLOCK.
What is Victor Hugo ? He is the imagination of France in the century of trouble which followed her great Révolution — an imagination powerful, ambitions, disordered — a light of the world. though a light as wild as that of volcanic fiâmes blown upon b}' storm ; and he is also the better heart of France, tender and fierce, framed for manifold joy and sorrow, rich in domestic feeling and rich in patriotism, heroic yet not without a selfconsciousness of heroism, that eager, self-betraying, intemperate heart, which alternâtes between a déliant wilfulness and the t5rranny of an idea or a passion. . . . \'ictor Hugo lives on the one hand in the présence of his ideals, the objects of his wonder and his worship — Justice, Charity, Beauty, Liberty, Progress, Humanity. . . . But, on the other hand, over against thèse august abstractions are the gracions, abiding realities which rule the heart of man, âge after âge, with benevolent despotism — children, the father who has toiled for us, the mother who has served and loved, the husband and the wife, and once again children, the children who lie unforgotten in their graves. — Dowdex, The Poetvy of Victor Hugo.
Hugo's work is vitiated as an expression of life by the présence of an abounding insincerity in combination with a quality of self-sufïiciency so inordinate as scarce to be distinguished now
xiv LES FEUILLES D'AUTOMNE
and then froni an immense stupidity. His personages are alî expressions not of humanity, but of Victor Hugo. . . . His best and truest title to immortality is his poetry. In truth. the range and capacity of his genius in rhythm and rhyme are unparalleled in the literature of France. . . . His verse, with its infinité capacity of violence and calm, sunshine and thunder. apocalyptic fury and grâce ineffable, has something of the effect of the multitudinous seas as he saw and described them from his eyrie in mid-channel. The effect of his alexandrines, with their wealth of colour and light and energy, may fairly be paralleled with that of Shakespeare's iambics; while in their purity of form, the sweetness and distinction of their cadences, their richness of rhyme, their magical felicity of expression, his lyxical measures put the Pleiad and ail its works to shame. There can be no possible doubt that, in many of the relations of life, Hugo was a poseur of the first magnitude — that from the first he humbugged his contemporaries with a pertinacity and a success that are only equalled by his faculty of taking himself seriously. But there can be as little doubt that while essentially un-French — a combination, indeed, of Teuton and Celt, and moreover absolutely lacking in sanity — he was a lyrist of the first order, a master of words and cadences, an artist in rhythms and rhymes. — W. E. Henley in Chambers's Encyclopœdia.
\'ictor in drama, victor in romance, Cloud-weaver of phantasmal hopes and fears, French of the French, and lord of human tears; Child-lover; Bard, whose flame-lit laurels glance, Darkening the wreaths of ail that would advance Beyond our straits, their claim to be thy peers; Weird Titan by thy winter weight of years As yet unbroken, stormy voice of France!
Tennyson.