‹ Les feuilles d'automneChapitre 28 sur 125 · A***, TRAPPISTE A LA MEILLERAYE · texte numérisé non relu

A***, TRAPPISTE A LA MEILLERAYE

'Tis vain to struggle — let me perish young — Live as I hâve lived; and lov^e as I hâve loved; To dust if I return, from dust I sprung, And then, at least, my heart can ne'er be moved.

Byrom.

Mon frère, la tempête a donc été bien forte, Le vent impétueux, qui soufifle et nous emporte

De récif en récif, A donc, quand vous partiez, d'une aile bien profonde Creusé le vaste abîme et bouleversé l'onde 5

Autour de votre esquif.

Que tour à tour, en hâte, et de peur du naufrage. Pour alléger la nef en butte au sombre orage,

En proie au fiot amer, Il a fallu, plaisirs, liberté, fantaisie, 10

Famille, amour, trésors, jusqu'à la poésie.

Tout jeter à la mer!

Et qu'enfin, seul et nu, vous voguez solitaire. Allant où va le flot, sans jamais prendre terre.

Calme, vivant de peu, 15

Ayant dans votre esquif, qui des nôtres s'isole. Deux choses seulement, la voile et la boussole,

Votre âme et votre Dieu !

Mai 1830.

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