‹ Les feuilles d'automneChapitre 32 sur 125 · PAN · texte numérisé non relu

PAN

"OXos voos, 6\oî i^ws, oXos o(pdaX/j.ôs. — Clém. Alex.

Si l'on vous dit que l'art et que la poésie C'est un flux éternel de banale ambroisie, Que c'est le bruit, la foule, attachés à vos pas, Ou d'un salon doré l'oisive fantaisie,

Ou la rime en fuyant par la rime saisie, 5

Oh ! ne le croyez pas !

0 poètes sacrés, échevelés, sublimes, Allez, et répandez vos âmes sur les cimes, Sur les sommets de neige en butte aux aquilons. Sur les déserts pieux où l'esprit se recueille, 10

Sur les bois que l'automne emporte feuille à feuille. Sur les lacs endormis dans l'ombre des vallons ! Partout où la nature est gracieuse et belle, Où l'herbe s'épaissit pour le troupeau qui bêle, Où le chevreau lascif mord le cytise en fleurs, 15

Où chante un pâtre assis sous une antique arcade. Où la brise du soir fouette avec la cascade Le rocher tout en pleurs ;

Partout où va la plume et le flocon de laine ;

Que ce soit une mer, que ce soit une plaine, 20

Une vieille forêt aux branchages mouvants.

Iles au sol désert, lacs à l'eau solitaire.

Montagnes, océans, neige ou sable, onde ou terre.

Flots ou sillons, partout où vont les quatre vents ;

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