‹ Les feuilles d'érableChapitre 32 sur 33 · L’OR A( JE · texte numérisé non relu

L’OR A( JE

Le* soleil est brûlant comme le plomb fondu : La nature se meurt ; partout l’herbe est flétrie Au fond des bois, le cerf, haletant, éperdu, Soupire et brame au bord de la source tarie.

Pas un souffle «le vent, dans la plaine ternie, N effleure les épis du blé roussi, tordu :

Le ruisseau ne dit plus sa fraîche symphonie, Ht de l’orchestre ailé le chant est suspendu.

Les Feuilles cl’ Erable

Mais un nuage noir, à la frange écarlate, Estompe le couchant : la foudre brille, éclate. Jette à tous les échos sa détonation ;

Le ciel s’ouvre : les blés s’inclinent sous l’ondée. . . . Et la nature alors, de nouveau fécondée,

Semble se prosterner en adoration.

l'N RAYON DR SOLEIL

1 )c grands nuages gris montent do I horizon ;

Le soleil jette à peine un regard à la terre :

Les feuilles et les Heurs roulent sur le gazon Et le torrent gonflé gronde comme un tonnerre.

Adieu le soir serein ! adieu le matin clair !

Sous les bosquets ombreux adieu les folles courses Adieu les voix d'oiseaux qui s'‘ croisent dans l’air Adieu le gazouillis des buissons et des sources !

Plus de gais moissonneurs attroupés dans les blés ! i lus d’amoureux rêveurs assis sous les tonnelles 1 Plus de concerts la nuit sur les Ilots étoilés !

Dans prés et les bois plus de parfums, plus d’ailes !

Mais parfois le soleil, déchirant les brouillards, Verse des lueurs d’or sur les flots et les chaumes ; Et l’on entend au loin les oiseaux babillards,

On respire partout de sauvages arômes.

L’arbre semble bientôt se rhabiller de vert :

Le vent folâtre joue avec ses rameaux souples ;

Et dans le creux du val, de feuilles tout couvert, L’on croit voir par moments errer de joyeux couples.

Ainsi que la saison des fleurs et des amours Sc sont évanouis mes rêves de jeunesse ;

Un nuage a passé tout à coup sur mes jours, Dérobant un soleil qui me versait l’ivresse.

Vu lia non de Soleil

Cependant quelquefois à travers mon ciel noir Un reflet radieux glisse à mon front morose. . . . Alors dans le passé lumineux je crois voir De mes bonheurs enfuis flotter l’image rose.

Et puis devant mes yeux rayonne l’avenir ; L’espérance renaît dans mon âme ravie. . . . Et le rayon qui brille un instant sur ma vie, C’est celui que le cœur nomme le souvenir.

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