ACTE I, SCÈNE V
MARIO
Vous ne me... connaissez pas?..
ANDREA
Non...
Vous ne m’avez jamais vu?..
ANDREA
Non...
MARIO, avec douleur.
Ah!., tous mes rêves!..
MICAEL.
Quelle a dû être votre fi ayeur!..
ANDREA
Je montais un jeune cheval pour la première fois. Il m’a emportée. Impossible de le maîtriser, et la peur m’a saisie. 11 m’a pris alors comme une sorte de vertige .. les maisons, les arbres, les rochers fuyaient derrière moi. Tout a coup, j’ai aperçu de loin un pncipice; j’ai voulu prier, je ne le pouvais pas, je ne me souvenais plus... j’ai appelé ma mère... qui est morte!.. Puis un homme se jette au-devant du cheval et se suspend à sa crinière., c’était vous... je vous reconnais. C’est lui! me disje... Dieu veut que nous mourions ensemble! . Alors je n’ai plus eu peur, la mémoire m’est revenue, je me suis rappelé la prière do mon enfimee; je n’ai plus lutté : mes bra.s ont abandonné les rênes et sont retombés sans force, j’ai senti deux larmes qui coulaient sur mes joues, et mes yeux se sont fermés comme si je m’endoi niais... Voilà tout ce que j’ai éprouvé, tout ce que ma mémoire me rappelle...
MARIO, bas.
Elle t’aime, frère, elle t’aime !
MICAEL.
Moi aussi j’avais reconnu en vous celle que depuis un mois je rencontre presque chaque jour, celle dont je ne pouvais détourner mes regards, mais dont j’ignore même le nom.
ANDREA
Je m’appelle Andrea.
' MARIO ET MICAEL.
Andrea!...
ANDREA
Andrea Frediano.
MARIO
Frediano!..
MICAEL.
Quoi!., vous... vous êtes...
ANDREA
D’où vient cet étonnement?...
M LES FIANCÉS D’ALBANO