‹ Les fiances d'Albano drame en cinq actesChapitre 17 sur 76 · SCÈNE TI · texte numérisé non relu

SCÈNE TI

BRISQL’Ef, GINEVRA.

GINEVRA, d’un ton bref k Brisqucl.

Es-lu à la senofa Andrea Frediano?

BRisQL’trr.

Ma charmante, je suis son liùte, ainsi que le chevalier de Montfleury, mon maître.

GINEVRA, le regardant.

Vous n’étes pas de ce pays?

BRISQLET.

Je suis Français, ma chère, et Fi ançais de la rue .Montmartre, à Paris.

GINEVRA

Paris... je ne connais pas.

BRISQUET

Paris, près Nanterre.

GINEVRA

Je ne connais pas.

BRISQUET

Mon maître, par suite de la trêve, ou plutôt de la paix conclue entre les Viterbi, ses parents, et leurs terribles ennemis, a accepté l'hospitalité que lui offrait le seigneur Frediano. Le matin, M. le chevalier chasse avec Micacl Viterbi ; le soir, il cause avec la belle Andrea Frediano, etla nuit il joue avec moi au lansquenet.

GINEVRA

Il joue avec toi, son serviteur!

BRISQUET

Le lansquenet est sa passion , et, comme je suis le seul qui lui fasse crédit, il me fait l’honneur de jouer avec moi... il me doit déjà une fameuse somme; mais je suis tranquille sur cette dette et lui aussi... Mais parlons de vous, la, ma toute belle; êtes-vous femme, fille ou veuve, maîtresse ou servante?

GINEVRA

Je me nomme Ginevra .. je suis fille, et j’appartiens à lu senora Stefana. qui m'envoie pour remettre ce billet à Andrea; veux-tu t’en charger?

BRISQUET

Volontiers!.. Oh! je la connais, la senora Stefana : une taille et un port de reine... je l'ai vue à l’église... elle n’avait d'yeux que pour Micaël, et quels yeux!.. Ces regards-là, riiez vous, veulent peut-être dire : Je l'aime. Chez nous ils {liraient clairement ; Je vous hais.

GINEVRA

11 n’y avait pourtant là ni haine ni amour.

LES FIANCÉS d’ALBANO.

BRISQUET

Alors, c’élait de la jalousie... jalousie de lionne et de Ugre.sse.

GINEVRA

Peul-être !

BRISQUET

Stctana sait-elle qu’ Andrea est fiancée à Micaël?

GINEVRÀ.

Oui.

BRISQUET

Et elle écrit à sa rivale? J’ai envie de passer sa lettre dans le vinaigre. Elle est peut-êti‘e empoisonnée.

GINEVRA

Allons donc I on ne tue pas .ses ennemis avec le poison, chez nous, mais avec...

BRISQUET

Le poignard et la carabine... je sais. Ah çà! est-ce que les femmes se passent aussi ces petites fantaisics-là?

GINEVRA

Chez You.s, les femmes trompées ne se vengent-elles pas?..

BRISQUET

Oh ! si fait ! mais en Franco elles se vengent sans couteau ni ' fusil... leur vengeance profite toujours à quelqu’un et ne fait do mal à personne... si votre mari ou votre amant vous trompe, je serai trop heureux de vous apprendre la manière de vous venger.

GINEVRA, le repoussant.

N’oublie pas le billet de Slefana ; adieu !

BRISQUET

Serviteur!.,. (Clnevra sort par la baie du fond, la suivant des veux.)

De quel ton elle m'a dit ça! Ah! si la maîtresse ressemble à la servante... ce billet-là ne doit pas être unbillct doux.(Lc chevalier entre par 1a gauche.)

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