ACTE III, TABLEÀÜ II, SCÈNE V. 4o
guérirait... Mais mais j’y songe je puis nie fier à lui...
avec un serviteur de Dieu, nulle trahison à craindre... Mon père?...
MARIO, qui s’était tnii à lire, se retournant rers Delmonte.
Vous êtes encore là?
DELMO.NTE.
Oui... j’ai à vous demander...
MARIO
Quoi?.. • '
Une grâce...
, MARIO
Pour qui?
DELMONTE.
Pour un malheureui qui va mourir, peut-être.
MARIO, se levant.
■' Condüisez-moi vers lui.
DELMONTE, l’arrêlant.
Vous appartenez à Dieu? ' '
MARIO
Oui.
DELMONTE.
El tout secret qui vous est confié est un” dépôt sacré?..
MARIO, ouvrant le livre et lisant.
« Celui qui se confie au ministre de Dieu est comme s'il se confiait à Dieu lui-même, o
DELMONTE.
Ainsi aucune considération humaine n'autorise à trahir, à livrer ce secret?
MARIO
Aucune!..
DELMONTE, hésitant.
Alors même qu’il s’agirait d’un meurtre?..
MAItfO.
Un meurtre!...
DELMONTE.
Alix parents de la victime, aux magistrats qui cherchent l’a.ssassin, il ne vous est pas permis de dire : Je le connais, le voilà.
MARIO
Non...
DELMONTE.
Et pour le coupable, vous n’aurez pas de paroles de malédiction?..
MARIO
A ce malheureux, il reste encore un refuge..... le repentir...
DELMONTE, à genoux.
Je me repens !.. mon père, je me repens !..
LES KEANCÉS b’aLBANO.
, , SIAIUO.
C>ii’iivoz-viius dit! le meurtrier...
DKLMONTE.
C'est moi!..
MARIO
Vous ..., (n se laisse tomber sur un fauteuil. — Dolmonle reste prosterné à ses pieds.) Vous!..
DELMONTE.
Oui, dans un trans]inrt de colère, de fi.rie ateuglc, j’ai tué un homme à qui je, n’avais pas détlaté la vendetta.. Je l’ai frappé en traître! sans lui laisser le temps de sc défendre!...
MARIO
Ah!..
DELMO^TE, cffiayé.
Oh! VOUS ne me dénoncerez pas!..
MARIO
Je ne sais rien je n’ai rien entendu... Mais dans vos yeux
hagards, ce n’est pas le remords que je lis : c’est la peur... oui, vous avez peur... on assassin est toujours un Icàchc!..
DELMONTE.
Peur!., non... pas de la mort... mais de la honte!...
MARIO
La honte est dans le crime, et non dans le châtiment.
■ " DELMONTE.
Mourir de la main du bourreau !.. (So mpproebiint de Mario dont il serre les genoui.) Non, non !.. '•
Et si un autre était accusé?..
DELMONTE.
C’est impossible !
■MARIO
Pourquoi?
DELMONTE.
C’est impossible ! * ...
MARIO
- Si cela était pourtant, laisseriez-vous donc un innocent mourir à votre place?..
DELMONTE, arec honte.
J’ai peur du bourreau.
MARIO, arec iodigualion.
Misérable!
. V DELMONTE.
Oh!...
MARIO
La punition de Dieu ... ne la redoutez-vous pas?
DELMONTE.
Que faire pour racheter mon crime?,.