‹ Les fiances d'Albano drame en cinq actesChapitre 64 sur 76 · ACTE V, SCÈNE If · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE If

LE CHEVALIER

Je le sauverai.

BRISQüET.

Comment?

LE CHEVALIER

Je n'en sais rien, mais je le sauverai; j’irai pendant la nuit scier les barreaux de son cachot; j’irai lui porter une échelle de corde; je mettrai le feu à sa prison; je tuerai ses gardiens; enfin, pour le tirer des griffes qui le tiennent, j’userai du fer, du feu, de la corde, de tout!

BRISQUET

Monsieur veut-il me permettre de risquer une idée?

LE chevalier.

Tu as donc des idées, toi ?..

BRISQUET

Si monsieur le chevalier essayait plutôt de...

LE CHEVALIER

De quoi?

De l’argent,

LE CHEVALIER

Pour »a®'ner les gardiens... Oui, c’est une idée cela., mais de l’argent” il faudrait en avoir.

BRISQUET

Vous en avez.

LE CHEVALIER

OÙ ça ?

BRISQUET, lui donn»nl une lelire.

A l’ambassade de France; et voilà une lettre qui vous l’annonce.

LE CHEVALIER

Une lettre ! donne, (usant.) Ah ! bah ! cinq cent mille livres !

BRISQUET

Cinq cent mille livres!

LE CHEVALIER

Cette lettre est de mon pendu.

BRISQUET

Du pendu ? est-ce qu’il aurait recommencé. Monsieur? C’est qu’à ce coup-ci lajcorde serait bonne !

LE CHEVALIER

Il me mande qu’il a fait une immense fortune...

BRISQUET

Ahl

Qu’il a considéré comme un apport d’a.ssocié rargeiit que je lui ai donné; et, comme il a gagné un million, il m’en envoie la moitié.

Dluiîliîïci by -ogU

LES FIANCÉS D’aLBANO.

BftISQüKT.

La moitié! la moitié avons, Monsieur? Ah! l’honnétc homme le digne homme! hrave penclii, va! ’

CE CIIF.VAUEn.

Me voila redevenu riche ! riche! moi! mais je peux sauver

LiSt'’iP francs... j’ai cinq cent mille !ranc.s!..

uiable! je te dois déjà plus que ça, a toi ?..

. BRISQIET.

Oh! oh! Monsieur... moi... ça n’est pas sérieux.:.

LE chevalier,

neur!””™^"^’ sérieux! une dette de jeu... une delte d’hoii-

BRISQUET

Mai^s, Monsieur, je les aurais perdus, que je ne les aurais peut-être pas payes intégralement.

LE CHEVAUEH.

Toi, cest possible; mais moi, le chevalier de Monlflrurv ie n accepterai pas votre aumône, monsieur Briquet: que diah’le!

mon garçon, tu ne peux pas me donner des gages pour être à mon service. o o i eu., a

BRiSQüETj inTentoint un mensonge»

Monsieur, ça n’est pas une aumône... c’est...

LE CHEVALIER

Quoi?

BRISQUET

Cest une restitution...

LE CHEVALIER

Comment? cet argent est bien à toi, tu me l’as ga^iié.

BRISQUET

Monsieur ne l’a pas perdu.

LE CHEVALIER

Je ne comprends pas, explique-toi.

BRISQUET

Je trichais, Monsieur. •

LE CHEVALIER

Tu me trichais, toi, misérable P..

■»■ BRISQUET

l’hinSïîr'^’ Monsieur ne payerait jamais,., je trichais pour

LE CHEVALIER

Et je ne m en suis jamais aperçu... J’étais donc ta dupe ?..

Oui, Monsieur.

LE CHEVALIER

J’étais un sot, un niais?

BRISQUET

Oui, Monsieur.

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