‹ Les fiancés du SpitzbergChapitre 46 sur 47 · I. Die Lebc · texte numérisé non relu

I. Die Lebc

LKS FIVNCKS DU SPITZRE1\G

et décharnées, elle piil l;i main de l'un el de l'autre, iiiurnuira leur nom avee une prière, puis rcloniba sur sa couche : et ses lèvres étaient encore entr'ou\erles en un dernier sourire, el une lueur du soleil couchant, pénétrant par la claire-voie, répandait sur ses Joues une teinte rosée, comme celle qu'on voit, en une belle journée d'hiver, colorer la neige.

11 semblait qu'elle venait de s'assoupir en un songe paisible.

Elle était morte!

Kn ce moment, le navire entrait dans leport de Hammerfest. On eût dit qu'elle n'attendait que son arrivée sur la plage scandiiia\c pour V exhaler son dernier soufïle.

Le lendemain, un long cortège conduisait au cimetière le cercueil de (Marine. Toute la ville l'aimait, la douce et bonne jeune lille. et tous ceux (pii l'avaient connue assistaient pieusement à ses funérailles.

Marcel s'avançait en tête du convoi, la figure défaite, le cteur navré, comprimant par \ni suprême efl'ort sa mortelle douleur, pour soutenir les pas tremblants du pilote éploré.

« Venez avec moi, lui dit-il quand il l'eut reconduit à sa demeure ; venez vivre avec moi. Par la vertu des liens qui nous unissent, par la mémoire de Carine, je vous aimerai comme un père. Vous avez perdu votre fille ; vous retrouverez en moi un fils dévoué.

— Non, non, répondit Lax ; je ne ((uitterai plus ce coin de terre ([ui est mon dernier

espoir. Là, elle est ensevelie ; là, bientôt, je serai enseveli près d'elle. Allez, mon généreux enfant ; retournez dans votre pays,, moins cruel q<ie celui où vous me laissez. Emportez dans votre âme le souvenir de notre pauvre aimée, et quelquefois pensez à celui cpu n'aspire qu'à la rejoindre. »

Le navire sur lequel tant de scènes de deuil se sont accomplies est rentré à Dunkerqvie.

M. Vansivep a embrassé avec un transport de joie Hlondeau et Marcel qu'il croyait à jamais perdus. I^a rumeur produite par cette dramatique expédition a de nouveau attiré l'attention sur lui, et le ])réfet lui a enfin remis ce qu'il désirait si vivement, le brevet de chevalier de la Légion d'honneiu'.

Rosa-Marie s'est fait raconter par le capitaine les principaux incidents de cette longue traversée, surtout l'histoire de Carine, que rhonnêle 13londeau ne pouvait esquiver et qu'il s'efforçait d'a'bréger.

Marcel, plongé dans vine morne mélancolie, a saisi avec empressement l'occasion d'entreprendre un lointain voyage qui seul pouvait faire quelque diversion à ses regrets.

11 navigue de nouveau avec Ulondeau sur les côtes de l'Amérique méridionale. Il n'a que vingt-cinq ans, et Hosa-Marie n'a pas cessé de l'aimer.

Il épousera peut être Hosa-Marie.

Rosa-Marie, assise prèsd"iiiio l'cnètre, regarde la mer.

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