‹ Les fiancés; roman historique (volume 2)Chapitre 1 sur 39 · II PRÉFACE DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

II PRÉFACE DU TRADUCTEUR

quelques lignes par-ci par-là, mais des pages entières (chap. XXIV, XXXIV, XXXV, XXXVI, XXXVII et XXXVïII), et jusqu'au quart (chap. XXXII) , jusqu'au tiers (chapitre XXVIII), jusqu'à la moitié (chap. XXXI) de certains chapitres ; et ce qui n'est pas moins grave, ce qui outrepasse même toute licence, c'est que le traducteur se soit aussi permis de faire table rase de presque toutes les citations et de tous les renvois aux sources authentiques auxquelles Manzoni a laborieusement et scrupuleusement puisé pour nous faire les deux admirables récits de la famine et de la peste ; enlevant ainsi à ces récits leur caractère positivement historique, et laissant au lecteur la faculté de croire que Manzoni a pris dans son imagination la description qu'il nous donne de ces deux terribles fléaux.

Quoi qu'il en soit, et malgré ses nombreuses imperfections, cette traduction a néanmoins sufflà établir en France la réputation de ce livre, et à donner de son auteur la haute opinion que sa belle intelligence et son noble cœur lui ont à si juste titre et si universellement méritée.

Mais, à coup sûr, bien des réserves ont dû être faites in petto par les lecteurs compétents qui, en France, n'ont pu juger l'ouvrage de Manzoni que sur la traduction en question ; et ces réserves n'étaient que trop légitimes.

C'est dans le but de leur enlever tout prétexte, en rétablissant la lettre et l'esprit de cet admirable livre dans leur vérité, dans leur exactitude et dans leur intégrité les plus scrupuleuses, que j'ai entrepris cette nouvelle traduction des PromessiSposi^ que j'offre aujourd'hui au public.

En m'imposant cette tâche si ardue, je n'ai pas eu, je dois bien l'avouer, seulement en vue un intérêt littéraire d'ordre purement spéculatif; je me suis aussi, et surtout, inspiré d'un sentiment de patriotique susceptibilité. Du moment, en effet, où le hasard a fai^t tomber sous mes yeux cette traduction des Fiancés, et que j'ai eu ainsi l'occasion d'en relever les nombreux défauts, mon amour-propre national s'est révolté à l'idée de laisser plus longtemps ces défauts tacitement et impunément courir au compte et à la charge de notre illustre Manzoni, et de laisser croire au public fran-

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