DIFFÉRENTES FORMULES CYTOLOGIQUES SUIVANT LA FORME | DE TUBERCULOSE
Contrairement à Carrière et à Liebmann, qui considèrent l'éosinophilié comme sans valeur dans la tuberculose « tant elle est banale », MM. Bezancçon et de Jong ne trouvent jamais d'éosinophiles en quantité appréciable chez les tuberculeux et ils les considèrent comme la signature de l'asthme vrai ou d'états asthmatiformes des emphysémateux. À dessein nous ne prendrons pas nous-même parti dans ce travail, car, malgré nos nombreux examens de lames, nous n’avons pas donné au cours de nos recherches d'orientation à notre esprit dans ce seul sens. Pourtant, nous pouvons affirmer que sur un certain nombre
de lames de tuberculeux typiques, dépourvus d'asthme où
états asthmatiformes, nous avons trouvé des éosinophiles en quantité notable. Nous réservons à un travail ultérieur proba. ble 1° exposé des recherches que nous-entreprendrons. Fnvisageons maintenant, avec MM. Bezançon et de Jong, de différentes formules qui peuvent être discernées : a) PÉRIODE DE GERMINATION DE GRANCHER (stade anatomique) :
Présence de cellules mononucléées (réaction alvéolaire) macro-
excentrique, sans nucléole. Membrane nucléaire fine, proto-
ND
: phages endothéliaux. Wolff Eissner a concu un cyto-diagnostic
des crachats tuberculeux par la prédominance des lymphocytes. Nos auteurs disent qu'il a confondu les lymphocytes avec les cellules macrophages endothéliales jeunes et les cellules
bronchiques de remplacement, et les eee de noyaux pic
notiques des polynucléaires.
Quelle que soit l’origine de ces cellules, il est facile de ne
considérer que leur forme une fois pour toutes cataloguée et de faire un cÿto-diagnostic de la tuberculose au début d’après elles. Cette mononucléose spéciale nous indiquera. donc une réaction d’origine alvéolaire.
Dans les formes à début congestif, on trouvera des hématies et des flaques ou gouttes étalées d’ exsudat séro-albumineux.
:b) PÉRIODE DE RAMOLLISSEMENT. — Deux types :
1° Forme. bronchilique. — Mucus hyalin, réseaux bronchiques fins enserrant des polynucléaires, squelettes de cellules bronchiques à réaction colorante muqueuse, cellules mononu-
cléaires macrophages d’origine alvéolaire, plus où moins nom-
breuses.
2° Forme nécrosante. — Réseaux bronchiques à mailles épaisses enserrant des polynucléaires. L'ensemble formant sou-
vent une sorte de régime de dattes. Polÿnucléaires tous picnotiques à peine reconnaissables, à noyaux allongés. Exsudats séro-albumineux de temps en temps (réveil d'un foyer).
€) PÉRIODE CAVITAIRE. — Formule très variable car, au foyer de caverne se surajoutent toujours des foyers plus jeunes. Donc,
suivant le moment, le crachat et même la partie du crachat :
bronchite, alvéolite nouvelle ou nécrose.
4) PREUMONIE GASÉEUSE. — MM. Bezançon et de Jong, après avoir établi la formule de la Paso vraie, la comparent à la pneumonie caséeuse :
Dans la pneumonie on trouve au début du mucus et de
7 exsudat séro-albumineux avec des globules rouges et des
cellules jeunes de lépithélium pulmonaire. Puis, l’exsudat séro-albumineux diminue et disparaît tandis qu'augmentent les cellules pulmonaires jeunes et les macrophages endothéliaux.
PME Te Dans la pneumonie caséeuse, le début est le même. On peu cependant trouver en plus des bacilles de Koch par examen direct ou après homogénéisation. es Il en est de même dans la suite, mais tous les éléments, cellules polynucléaires, cellules pulmonaires jeunes, macrophages endothéliaux et même reticulum à réaction muqueuse subissent la dégénérescence : contour des cellules peu nets, réseaux frag-
mentés, moins bien colorés, noyaux déformés (ceux des cellules endothéliales sont allongés, étirés, bossués; les noyaux des
polynucléaires sont picnotiques). H y à en plus persistance des gouttes d’ exsudat séro-albumineux (activité du processus d’infiltration). æ
e) FoRMEs CURABLES À ALLURE = — Même aspect que la pneumonie caséeuse à son début et à sa période d’ état. ce bacilles sont trouvés précocement.
D Puis GALOPANTE. — Tantôt formule de pneumonie caséeuse, tantôt formule de ramollissément banal. Mais on trouve toujours, comme dans la pneumonie ou l'œdème, aigu du poumon, des gouttelettes d’exsudat séro-albumineux. On rencontre en plus des cellules alvéolaires et toujours une dégénérescence: marquée. Tantôt enfin la nécrose ou (ramolhssemeni, tuberculeux banal).
g) PuTISIE FIBREUSE. — Ce sont des emphysémato-tuberculeux. Deux formes :
1° Tuberculose cicatrisée (bronchite chronique et emphysème). — Polynucléaires bien conservés, réseaux muqueux, mucus hyalin, quelques cellules alvéolaires intactes.
2° Tuberculose ramollie torpide avec emphysème et bron-
chile chronique. — Cellules et réseaux altérés, picnose, dislo-
câtion.
La simple lecture de ces différentes formules montre bien, semble-t-il, ce que nous avons nous-même rencontré. Il faut cependant répéter avec les auteurs que celles-ci ne sont que des schémas. Un poumon tuberculeux n’est pas entièrement fibreux, évolutif ou pneumonique généralement; aussi rencontre-l-Gn
souvent des lames où les schémas s’intriquent à l'infini, donc fort difficiles Sinon impossibles à expliquer.
Un principe est surtout à retenir dans notre travail : puisque nous ne nous occuperons presque que de tuberculoses surabondamment prouvées par la clinique, la bacilloscopie et la radiologie, toute formule qui s’éloignera de la formule banale (cellules du bucco-pharynx, de l’épithélium bronchique, cellules
jeunes de l’épithéliam pulmonaire, cellules intactes d’origine :
sanguine, surtout polynucléaires) pour tendre vers l'abondance et surtout l’altération des éléments, la multiplicité des macrophages altérés surtout, devra être considérée comme sévère. Nous en verrons la preuve sous peu dans nos observations.
2° La méhode d'examen cytologique à laquelle nous nous sommes rallié
Après avoir tenté la simple coloration à l’hématéine-éosine, nous avons préféré celle au biéosinate et à l'azéo de Tribondeau : : à
Ne pas fixer à la flamme (le biéosinate fe). mais en recou-
: vrant l’étalement de biéosinate. Abriter de l'air sous couvercle de boîté de Petri.
Après trois minutes, laver rapidement à l’eau distillée séutres
Puis verser dans un verre de montre :
HAUSSE ECS NE RARE 10 centicubes.
Azéo de Tribondeau ....::.... TRS Re X gouttes.
. Bien mélanger. Plonger la lame encore humide, face enduite en-dessous pendant douze minutes. Laver rapidement à l’eau distillée, sécher vite.
Si on éprouve le besoin d’éclaircir, plonger la lame une se-
conde dans :
Alcool 80 degrés eds Hier ete 10 grammes.
GIVCÉT MES MOSS RIRE RER | gramme,
Relaver et sécher.
UE de Eee
Si nécessaire de renforcer, replonger la lame dans le bain colorant (utilisable {rente minutes au moins) sans se préoccuper de la goutte d'huile de cèdre mise pour l'examen antérieur.