‹ Les fibres textiles d'origine animaleChapitre 107 sur 122 · I.A VALEUR DE LA PRODUCTION LALMÈRE · texte numérisé non relu

I.A VALEUR DE LA PRODUCTION LALMÈRE

matières premières constitue un moyen de production et non un produit : il doit, en conséquence, être déduit du total a[)parent des valeurs créées, si nous voulons voir clair et évaluer sans double emploi, sans erreur, le véritable produit brut national de l'industrie lainière.

Il y a plus. La laine française elle-même ne constitue qu'vin moyen de production, comme nous le disions plus baut, et non un produit. L'industrie lainière n'encrée point la valeur; elle l'augmente simplement, en transformant ces matériaux, et le véritable produit brut de cette industrie n'est représenté justement que par la plus-value dont la matière brute a bénéficié.

Cette méthode de calcul et d'analyse des faits n'est pas nouvelle. Elle a été conçue et appliquée déjà avec une grande autorité et une admirable clarté par Lavoisier — un statisticien — dans son beau travail sur l'évaluation du produit territorial du royaume * en

Il est impossible, en effet, que l'on ne tienne pas compte des importations de laines étrangères ou plus exactement de leur valeur diminviée de la valeur correspondante des exportations^ car c'est seulement cette différence qui entre en fabrique et reçoit [une plusvalue résultant d'un travail industriel.

Il est inadmissible que la valeur de nos laines françaises figure dans le produit brut d'une industrie textile, alors qu'elle est comptée déjà parmi les éléments du produit brut de l'agriculture française. Le double emploi serait évident.

I. Lavoisier, De la richesse territoriale du royaume. Mélanges d'économie politique, Paris, Guillaumin, 18/17, P- 583.

35o LA LAINE ET AUTRES FIBUES DOKIGINE ANIMALE

En réalité, nous ne connaissons avec une exactitude suffisante que les quantités de laines produites en France, les importations et les exportations correspondantes. Le poids de la laine transformée dans nos ateliers est considéré comme égal à la tonte française grossie des importations, cette masse totale étant toutefois diminuée des exportations de laines brutes. La diflérence évaluée en francs représente la matière première à laquelle le peignage, le cardage, la filature et le tissage vont ajouter une valeur qui est précisément le produit brLit de l'industrie lainière. C'est bien là Féquîvalent de ce que Lavoisier, il y a plus d'un siècle, appelait aussi le produit brut de l'agriculture française. A moins de prendre les mots et les apparences j)our des réalités, il est tout aussi déraisonnable de compter la valeur de la laine comme un élément du prodiiit brut de l'industrie lainière que de ranger les semences ou les aliments consommés par le bétail parmi les valeurs qui constituent le produit brut de l'industrie agricole.

La laine transformée, comme la semence confiée au sol, ou le fourrage donné aux animaux domestiques est un moyen de production, mais non pas un produit.

En nous appuyant sur ces considérations, nous allons chercber à cWaluer le prodiiit brut de l'industrie lainière en France. Les principales données de ce problème sont emprvmtées au rapport si remarquable qu'ont publié les Annales du Commerce extérieur en 1890, sous la signature de MM. Natalis Rondot et Grandgeprge ^

I. Rapport de la section de la Commission permanente des valeur; de tlouane.

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