‹ Les fibres textiles d'origine animaleChapitre 2 sur 122 · ÉCONOMIE POLITIQUE III · texte numérisé non relu

ÉCONOMIE POLITIQUE III

une science d'observation et crexpériences : expériences que les observateurs mêmes n'ont pas provoquées, mais qui ne s'en font pas moins à leur profit, pour leur instruction propre, et pour celle des gens qui suivront ensuite les déductions qu'ils tireront de l'observation de ces expériences, de ces faits de la vie courante. Quand les économistes observent des faits et voient des conséquences se produire après tel ou tel de ces faits préalables, ils disent : les mêmes efTets a produisent les mômes conséquences ». Et lorsque les mêmes relations ont été notées un certain nombre de fois, on en tire cette conclusion logique : (( il y a une loi ». On se trouve donc en présence des lois tirées de la connaissance des choses, d'observations méthodiques et suivies, comme dans les autres sciences. 11 y a des lois économiques, il y a une science économique ; ceux qui, au xyii*" siècle, en ont réellement posé les bases, n'étaient pas partis d'à priori ; ils avaient observé et établi des relations de cause à effet.

Pour attaquer le côté scientifique de l'Economie politique, on invoque les discordances, les différences d'opinions qui se manifestent entre certains économistes, entre telle et telle école, prétendant faire de l'économie politique tout en énonçant des lois pourtant opposées, chacune affirmant que la vérité est de son côté. Il ne faut pas oublier que, dans les sciences en formation, il en est toujours ainsi ; la théorie du phlogistique avait encore une multitude de défenseurs, quand physique et chimie pouvaient pourtant et devaient être considérées comme des sciences. Les choses ne se passent pas très différemment dans les sciences même très avancées : on sait les discussions qui se poursuivent à Fheure actuelle et les avis opposés qui se font jour sur la nature de la lumière, sur l'électricité, etc.

La vérité, encore une fois, c'est que la sciehce économique est une science nouvelle, qui va s'épurant conslam-

ENCYCLOPÉDIE SCIENTIFIQUE

ment, parce que les grandes lois posées, autrement dit déduites, par les économistes clairvoyants, se confirment de plus en plus, grâce à la multiplication des observations faites dans la vie de tous les jours par les gens à Tesprit vraiment scientifique, qui ne se laissent pas entraîner par des conceptions a priori. C'est ce qui s'est passé, par exemple, pour le monométallisme ou le bimétallisme ; toutes les lois énoncées en la matière par ceux qui ont fait véritablement de la science en matière d'Economie politique se sont pleinement confirmées ; les discussions sur ce sujet ont cessé à pevi près complètement parmi les gens informés de ces questions, la presque totalité des nations en étant venues à pratiquer Vart économique^ qui consiste à suivre les conseils de la science économique. Nous assistons à un mouvement d'esprit analogue en ce qui concerne le machinisme et ses avantages pour tous, pour la société comme pour les individus considérés isolément.

Assurément, toutes les discussions et les divergences n'ont pas encore disparu de la science économique ; nous avons vu qvi'il en est ainsi au sein de cette physique et de cette chimie qui sont autrement vieilles que TEconomie politique, et qui ont cet avantage précieux de pouvoir provoquer de véritables expériences et les renouveler autant qu'elles le veulent. Nous avons tenu à choisir nos collaborateurs avec éclectisme, de manière que, sin^' des points controversés, dans des volumes traitant de matières plus ou moins connexes ou voisines, le lecteur puisse entendre les avis contraires ou divergents, et, se trouvant renseigné donbl(*ment^ soit mis à même de se faire une opinion propre par la comparaison.

On a fait à l'Economie politique le reproche de ne point se définir avec précision, bien des définitions ayant été données de son objet. Gela prouve tout uniment qu'on peut exprimer une même idée sous des formules différentes.

Page 1