Adoption des étaloas d'or au Japon, loi du 8 mars
LES PRIX DES SOIES ET LELUS VAUIATIONS l8l
blanc n'en constilnc pas moins une hausse de 12 ponce, soit 3o 0/0 sur la valeur de 1889.
Si maintenant on considère que l'argent est la seule monnaie qui ait eu cours à celle époque en Chine, au Japon et aux Indes, il est facile, dit-on, de se rendre compte de l'influence considérable que la hausse de l'argent a pu exercer sur les rapj^orts commerciaux de TEurope avec ces pays de l'Extrême-Orient. Pour unc^ même quanlité de soie vendue, les négociants asiatiques ont exigé la même quantité de piastres ou de lacis. Le cours du métal blanc venant à nionler, les acheteurs d'Europe ont dû payer de plus en plus cher ces piastres et ces taels, dont ils devaient la même quanlité. Du même coup, les prix d'achat, nominalement fixes, se sont élevés dans la proportion même de la hausse de l'argent, de 3o 0/0 si l'on prend les points extrêmes, de 10 0/0 si l'on considère la moyenne des cours.
Gela posé, on fait observer qvie cette hausse de métal blanc a constitué en faveur des soies européennes, pendant la campagne 1890, une protection équivalente au quantum de cette hausse, puisqu'en fait les soies d'Orient ont été payées de i5 à 3o 0/0 plus cher que si l'argent élait resté au cours de 4 2 pence. Il faudrait donc attri- ])Uer à la hausse du mêlai blanc le maintien des cours de la soie pendant la plus grande partie de 1890.
Cette théorie est fort ingénieuse, bien faite pour séduire certains esprits. Nous ne pouvons cependant nous y rallier. jNous admettons bien que la hausse de l'argent a pu exercer une certaine influence sur les cours de la soie en 1890, mais nous ne pensons pas que ce fait ait eu une action aussi étendue que celle qu'on lui attribue.
LA SOIE
Examinons d'abord quel rôle joue généralement la hausse du change dans les transactions internationales. Exactement le même que le fret. Le change, le fret, sont des frais qu'il faut ajouter au prix d'achat dans le pays d'origine, pour calculer le prix de revient sur le ^iiarché de consommation. Remarquons que l'achat se faisant toujours en vue des besoins du marché de consommation, c'est le cours de ce marché, ou les cours qui font prévoir des besoins prochains, qui règlent, en fait, le prix de vente sur le marché d'origine. On comprend dès lors que le commerçant qui achète de la soie en Chine pour la revendre à un prix déterminé sur le marché de Lyon réglera son prix d'achat en taëls, en tenant compte du prix de l'argent au moment où il conclura son marché. Il n'est donc pas exact de dire qu'il payera la soie à un prix fixe en taëls ; le prix en taëls d'une même quantité de soie, toutes choses étant égales d'ailleurs, devra varier suivant les variations du prix de l'argent. D'où il suit nécessairement que la hausse de l'argent a pour effet, non pas de faire monter le prix des soies sur les marchés d'Europe, mais d'en faire baisser le prix en taëls sur les places de Chine. Bien entendu, le vendeur chinois, s'il se trouve en face d'une hausse de l'argent qui oblige l'acheteur européen à baisser ses offres en taëls, cherchera à résister ; et ici intervient un nouvel élément fort important dans la fixation des prix ; c'est la quantité des marchandises offertes et les prévisions de leur production prochaine. Si le vendeur chinois sait qu'il y a de grandes réserves de soies disponibles, il acceptera la baisse correspondante à la hausse du métal blanc ; s'il estime que la récolte a été mauvaise, que les quantités