LES BÉTES A LAINE
laines de moutons communes de l'Angleterre ou de la France.
Le cachemire est le duvet récolté sur les chèvres asiatiques vivant dans la vallée de Cachemire (Pendjab). Excessivement fin, d'une doLiceur extraordinaire, d'une grande longueur et d'une blancheur parfois éclalanle, le duvet de chèvre cachemire est une fibre tevtile Irès estimée. iSous utilisons cette fibre k Roubaix, à Amiens, à Louviers, au Gâteau.
Au printemps, le duvet tombe, mais il est retenu sous les poils grossiers dont la bète est couverte. On peicjne les chèvres pour les récolter. Des animaux de la même race vivant aii Thibet fournissent une fibre analogue mais vm peu moins fine et fréquemment colorée, teinte rousse ou brune.
Tout le monde connaît la chèvre asiatique dont on voit souvent des échantillons en Europe. — Les tissus célèbres sous le nom de châles de cachemire sont tissés avec des fils provenant de la toison de ces chèvres.
C'est également à la race asiatique qu'appartient la variété des chèvres d'Angora (Asie Mineure). Son poil est généralement gris clair, roux, ou même d'une blancheur éclatante. Il constitue des mèches longues, frisées ou bouclées. La mue annuelle du printemps le fait tomber et rend sa récolte facile. C'est ce que l'on nomme le Mohair. Les Anglais, en gens avisés, ont réussi à acclimater la chèvre asiatique, et notamment la variété d'Angora, dans leur colonie du Cap. En igoS, l'Angleterre recevait i5 millions de livres de u mohair» du Cap, et seulement i3 millions de livres de « mohair » de Turquie. Les produits du Cap étaient cotés i fr. 20 la livre, alors que les fibres de Turquie ne valaient pas
232 LA LAINE ET AUTRES FIBRES d'oRIGIjNE AMMALE
plus de 1 fr. 4o à I fr. 5o. Oq peut donc affiimer que le problème de racclinialation a été résolu. Nous pourrions peut-être obtenir un résultat semblable en Algérie ou en Tunisie, car la bergerie de Moudgebeur a constitué un troupeau de race asiatique dont la toison était — paraît-il — d^excellente qualité. En revanche, tous les essais d'acclimatation tentés en France ont échoué ; Tanimal vit et se reproduit avec une grande facilité, mais la fibre perd les qualités qui la font rechercher.
Le lama ou lhama, la vigogne et surtout Valpaca, fournissent encore des poils ayant la plupart des qualités et des usages de la laine. Ces trois animaux appartiennent au groupe des Camélidés, mais ils dilTcrent des chameaux proprement dits par leur taille qui est beaucoup moins élevée, par l'absence de bosse, et par leut pelage qui donne un poil long et surtout beaucoup plus fin.
Les trois espèces (lama, vigogne, alpaca) vivent sur les plateaux ou dans les plus hautes vallées des Cordillières au Pérou. On ne les rencontre qvi'à des altitudes variant de 2.000 à 5. 000 mètres. Le lama et l'alpaca ont été domestiqués ; la vigogne est restée presque toujours à l'état sauvage.
De ces trois animaux, lalpaca est celui dont le poil fait l'objet du commerce le plus important. L'alpaca a l'apparence d'un gros mouton dont le corps est couvert d'une toison brune, fauve, parfois blanche. La laine ou poil est droite, c'est-à-dire à peine ondulée, brillante, douce, nerveuse ; la longueur du brin dépasse parfois G m. 3o. Les toisons d'alpaca sont imj^ortées presque exclusivement en Angleterre, et c'est à Bradford qu'on les transforme en fils. Nous recevons ces fils qui sont
LES DÉTES A T.AINK
utilisés avec des laines ou des mohairs pour la fabrication de tissus spéciaux connus sous le nom d'alpaga, Orléans ou pachas.
Pour avoir une idée exacte de l'importance de la production des poils de lama, vigogne et alpaca, il nous suffira de relever les importations anglaises, puisque l'Angleterre est à peu près le seul pays qui utilise cette matière première. Nous mettons en regard les chiffres relatifs (aux entrées de mohair et de poils de chameau.
Importations en Anf/leterre (Circulaire de Frcd. Hulh et C").
Milliers de LU. (de /j53 graninies)
I>ama , vigogne ,
alpaca. .