‹ Les Fièvres ExanthématiquesChapitre 21 sur 55 · MER · texte numérisé non relu

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Porot pense de même, que l’érythème infectieux ne peut être considéré que comme un syndrome trop général, dont il est possible de détacher des formes mieux définies dont la fièvre boutonneuse paraît être un exemple.

Le 15 août 1911, Porot décrit les symptômes cliniques de cette affection avec une grande précision et, en novembre de la même année, Fraudet, dans sa thèse (Bordeaux) en fait une étude assez complète.

La question resta ensuite quelques années sans être particulièrement étudiée. Puis, l'apparition de la maladie à Mareille et les nombreuses études des auteurs provençaux, amenèrent Conseil, en mars 1929, à affirmer l'identité entre la fièvre exanthématique marseillaise, la febbre eruttiva, et la fièvre boutonneuse à l’aide des examens de laboratoire et de la clinique, et, en septembre 1930, il demande que le nom donné à ces lèvres soit de préférence celui de fièvre boutonneuse.

Conseil et Durand, en mai 1930, prouvent expérimentalement le rôle de Rhipicephalus sanguineus dans la transmission de l'affection.

Durand, en décembre de la même année, étudie de nouveau cette maladie, montre ses rapports avec les fièvres décrites à Marseille et en Italie, insiste sur le rôle du chien porteur de tiques, dénote la fréquence de l’escarre d'inoculation et présente les résultats expérimentaux qu'il a obtenus.

En juin 1931, Netter oppose la fièvre boutonneuse (ou maladie de Marseille) à la fièvre toulonnaise, qu'il considère comme différente.

Enfin, au Congrès de Marseille, en septembre 1932, les fièvres de Marseille et d'Italie sont définitivement rattachées à la fièvre boutonneuse.

Nous n'’allons donc traiter que l'historique de ces deux fièvres de Marseille et d'Italie.

La fièvre exanthématique marseillaise.

Olmer, le 5 juin 1925, décrivait le premier, une fièvre spéciale, avec exanthème, sur laquelle l'attention d’un certain nombre de médecins avait été attirée, depuis quelques années. (Roche, de Sorgues, Martini et Trastour, à Aubagne, en 1910 ; Fournier et Andréoli, à Cannes, 1917 ; d’'OElnitz, à Nice, en 1921.) Cette affection paraissait cependant discrète puisqu’Olmer n’en signalait que huit cas.

Piéri et Brugeas, en octobre 1925, relevaient pour la première fois la présence d’une escarre noirâtre.

Olmer, Boinet et Piéri, Burnet et Olmer, Camoin, Fournier et Andréoli, d’'OElnitz, décrivaient successivement de nouveaux cas, l'apparition de la maladie à La Ciotat, à Cannes, à Nice, et cherchaient à reconnaître la nature de cette nouvelle affection.

La question fut portée par Olmer devant l’Académie de Médecine, en juillet 1927, et Netter, devant l’exposé clinique et les résultats de laboratoire, voulait y voir l'apparition dans le Midi de la France, du typhus bénin de Brill.

Cependant, les travaux suscités par cette nouvelle affect'on se poursuivaient : Boinet, Piéri, Dunan, Burnet, Olmer, aisaient tour à tour paraître les résultats de leurs observations que J. Olmer résumait dans sa thèse.

Des controverses s’établirent entre les auteurs toulonnais, les auteurs tunisiens et les auteurs marseillais, au sujet de cette fièvre, ces derniers, notamment, montrant une certaine ardeur à en défendre l’individualité.

Nous n'insisterons pas sur les nombreuses recherches de Raybaud, d’Audibert, de Boinet et Piéri, de Burnet, de Durand, de Dunan, d’Olmer D. et J., de Brumpt, de Joyeux, d'Heckenroth, au cours des années qui suivirent. Foules ces recherches, et bien d’autres dont nous ne menlisnnons jras les auteurs, n’ont contribué qu’à identifier la fièvre exanthématique marseillaise à la fièvre boutonneuse : nous en verrons, en temps voulu, les résultats.

La « Febbre Eruttiva » d’Italie.

Si la fièvre boutonneuse fut reconnue d’abord en Italie par Sérafini, Bignami, par Gabbi, à Tripoli, en 1913, c'est Cardueci qui donna un nouvel essor aux recherches en décrivant, en 1920, la « febbre eruttiva ».

Falconi, la même année, Césari, Filipella, Pecori, Cavalett, en 1921, puis Ingrao, en 1927, apportèrent de nouveaux cas ; Pecori crut pouvoir affirmer que tous les cas de Carducci étaient de la maladie de Brill et appela l'affection : « dermotyphus estival bénin ». Gulino, Prévitera (1930) reprirent cette idée.

Cependant, au Congrès de Marseille, en septembre 1932, l'exanthème infectieux d'Italie fut rattaché à la fièvre boutonneuse de Tunisie (Gastronuovo, Sampietro).

Symptomatologie de la fièvre boutonneuse

Le début en est brutal, la température monte d'emblée à 39°5, 40°, quelquefois précédée de frissons. Le malade se plaint d’arthralgies, de myalgies (sur lesquelles Fournier et Andréol insistent particulièrement), d’une céphalée intense et de douleurs vagues dans les membres inférieurs.

Il existe un état saburral de la langue et des voies digestves, et très souvent de la constipation. On a signalé parfois des douleurs abdominales diffuses ; en fait, l’abdomen est le plus souvent indolore. La face est rouge, les conjonctives sont injectées ; on note quelquefois des crises de sudation.

Sur la face inférieure de la langue, et sur la muqueuse buccale, on observe souvent un énanthème fugace, angine qui peut aller jusqu'à l’ulcération (Olmer, Boinet et Piéri). Le pouls est régulier.

Fréquemment, et c’est l’honneur des auteurs marseillais d’avoir les premiers mis en relief ce symptôme, on peut trou-

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ver sur le corps du malade une petite escarre, « tache noire », de Pieri et Brugeas, précédée parfois d’un point de folliculite suppurée pouvant déterminer une adénite locale.

Vers le deuxième ou troisième jour, une éruption apparaît, faite d'éléments rosés, surélevés, à base indurée, ni macules ni papules, ni nodosités, ni taches lenticulaires, et que Conor qualifait de « boutons » (Carducci remarquait également leur caractère plus papulo-nodulaire, et Jorge avait donné à l’affection, pour cette raison, le nom de fièvre escarro-nodulaire.) Ces taches éruptives, qui ont de 1 à 5 mil'imètres énviron, disparaissent momentanément sous la pression du doigt. Au reste, elles ne sont ni prurigineuses, ni douloureusés en général.

Cette éruption débute n'importe où, souvent par la face palmaire des mains et la face plantaire des pieds et se généralise par poussées successives aux bras, aux jambes, aux cuisses ; le tronc et la face sont ensuite envahis plus discrètement d’ai!leurs. Pendant une semaine environ ces boutons ne varient pas en coloration ou en nombre, puis on remarque que la pression du doigt les fait moins parfaitement disparaître, qu'ils deviennent rouge foncé, rouge violacé, franchement purpuriques et deviendront finalement d’un jaune cuivré avant de s’effacer vers la quatrième ou cinquième semaine, sans desquamation appréciable, laissant une trace un peu pigmentée.

La température cependant reste élevée, faite d’oscillations quotidiennes (avec rémissions matinales pouvant aller jusqu’à un degré). La langue, saburrale, est humide, le ventre souple, rarement balloné, la rate assez souvent percutable. Il ÿ a quelques râles aux bases pulmonaires ; on observe des épitaxis. Le malade ne présente pour ainsi dire jamais de délire ou de tuphos ; Audibert et Murat ont signalé des myoclonies.

Au bout de sept à huit jours environ tous les symptômes s’amendent peu à peu, la température descend le plus souvent en 1ysis.

La convalescence est plus ou moins rapide, remarquable par

son asthénie. Béros et Balozet ont remarqué quelquefois la persistance de douleurs tibio-tarsiennes.

Il existerait des formes cliniques, très rares, sans ér pton,

Evolution. — Mortalité.

La fièvre boutonneuse est une maladie bénigne qui évolue d'une façon cyclique pour aboutir en douze ou quatorze jours à la guérison, Sepet a cependant noté des formes graves et a notamment relevé 5 décès sur 66 cas.

Il n'existe ni rechute ni récidive; la maladie est suivie d’rmmunité pendant quelque temps (immunité qu’on a prouvée expérimentalement), qu’on ait affaire à une forme à éruption ou à une forme sans éruption. |

Portes d’entrée

Il y en aurait deux

La peau,

Les conjonctives (Audibert, Aubaret, Olmer).

Chabal fait remarquer à l’appui de cette thèse que la conjonctivite de Parimaud est une manifestation pouvant apparaitre au cours de la fièvre boutonneuse et en dépendant.

Complications

Elles sont très rares. On a pu noter à titre exceptionnel des congestions pulmonaires, des hémorragies intestinales, un cas de scapulalgie (thèse de J. Olmer, Janbon, à Arles a relevé un cas de phlébite. Par contre, une mention spéciale doit être faite de l’arythmie et de la tachycardie notées par différents auteurs. Un cas d’asthénie cardiaque persistante a été signalé par Giraud-Costa en 1930.

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