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PATES

Etiologie de la fièvre boutonneuse

La fièvre boutonneuse frappe tous les âges elle semble avoir quelque prédilection pour les femmes et atteint des gens de toutes conditions

C'est une maladie de la saison chaude, qui sévit surtout à la campagne ou dans les banlieues des villes.

Epidemiologie, Contagiosite, l’Agent Vecteur

L’atteinte plus fréquente de gens aisés, vivant en banlieue ou à la campagne et la non-contagiosité de l’affection, ne permettaient pas d’incriminer le pou, lequel d'ailleurs que très rarement retrouvé sur les malades.

D'autre part, la fréquence de la « tache noire » si comparable à un chancre d’inoculation, la piqûre par une tique, si souvent relevée dans les anamnestiques des malades (Mazet, Olmer, Godlewski), enfin la constataton presque constante de chiens parasités dans l'entourage des gens atteints, finirent par faire abandonner les idées premières d’une inoculation possible par phlébotomes (Conor et Bruch), par tromb'dium (OImer), pour incriminer plutôt les tiques et plus particulièrement Rhipicéphalus sangquineus.

Le cas de fièvre boutonneuse survenant quatre jours après inoculation accidentelle intra-oculaire du sang d’une tique, signalée par L. et M. Marcon venait à l'appui de cette thèse.

Durand et Conseil, en 1930, firent la démonstration expérimentale du bien-fondé de cette hypothèse. Ils réussirent, en effet, à transmettre expérimentalement la fièvre boutonneuse au singe, à l’aide du produit de broyage de tiques Rhipicephalus sanguineus.

L'année suivante, Durand montra que cette tique pouvait héberger le virus de la fièvre boutonneuse et le conserver pendant une semaine au moins.

Blanc et Caminopetros confirmèrent un grand nombre de ces expériences et purent établir au cours de l’année 1931 que les

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tiques des deux sexes étaient infectieuses; qu’elles pouvaient conserver les virus pendant leur hibernation, que tous les Rhipicephalus sanguineus me sont pas également dangereux et enfin, contrairement à l'opinion de Brumpt, que le virus serait héréditaire chez les tiques, puisque les œufs et surtout les larves (gardées loin de toute souillure) sont virulents..

Joyeux et Pieri (1931) remarquèrent également que le virus peut subsister chez la tique au moins pendant la première moitié de l’hibernation; peut-être s’affaiblit-il ensuite; en tous cas, pour réactiver ce virus, la tique a besoin de se nourrir de sang.

Enfin, prouvant définitivement le rôle de la tique, Conseil réussit à Tunis à déterminer chez des Arabes une fièvre exanthématique authentique en leur inoculant des tiques broyées.

À côté de la tique, Toullec demande qu’on étudie également le rôle possible, comme agents vecteurs, de larves, comme le rouget ou le trombidium. |

Pour Sepet, enfin (1932), d’autres modes de contagion pourraient encore être envisagées : il cite l'exemple d’une jeune femme qui aurait contracté la maladie en soignant sa mère et n'aurait pas présenté la tache noire escharrotique cutanée.

La réaction de Weïl-Félix dans la fièvre boutonneuse

Si, pendant de très longues années, la réaction de Weiïl-Félix. avait été trouvée négative dans la fièvre boutonneuse, à quelques exceptions près (Durand, Olmer, Legroux, Teyssonnière), Durand vient d'établir que la fièvre boutonneuse donne régulièrement une réaction de W.-F. positive. Cette réaction est sans doute plus tardive et plus faible que dans le typhus vrai, mais elle est constante. Elle n’est donnée que pour certaines souches et le rythme d’agglutination correspond tout à fait à celui que Plazy avait constaté dans la fièvre exanthématique toulonnaise. te

Les Innoculations aux Animaux

C'est Burnet et Olmer qui réussirent les premiers en 1928

pe à inoculer avec succès (3 cas sur 5) la fièvre boutonneuse au singe.

Ils constatèrent en outre que cet animal était immunisé par ce fait contre le typhus historique. Ces expériences furent reprises par da suite et confirmées par Durand, Blanc et Caminopetros, qui montrèrent la possibilité du passage en série du virus de singe à singe et la virulence du sang dès le début de la période fébrile, même en l’absence d’éruption.

Les inoculations au cobaye s'étaient toujours montrées négatives jusqu'à ces derniers temps; mais on vient de réussir par inoculation de tiques infectieuses à donner au cobaye une périorchite analogue à celle que nous avons déjà étudiée à propos du typhus mexicains (Plazy et Germain, Congrès de Marsetlle). |

Blanc et Caminopetros constatèrent la très grande réceptivité du spermophile de Macédoine au virus provenant du sang de l’homme ou de tiques broyées. Cet animal ne présente d’ailleurs pas de symptôme clinique de cette infection mais son sang, son foie, sa rate sont virulents.

Le virus de Ja fièvre boutonneuse détermine enfin chez le rat blanc une affection apparente.

Signalons pour mémoire qu'on pu reproduire la maladie chez l’homme par inoculation expérimentale et que Claude et Coste l’ont utilisée comme moyen de pyrétothérapie.

Les Recherches de Laboratoire

Nous ne nous y attarderons pas :

Le sang dans la fièvre boutonneuse ne présente rien à signaler si ce n’est (Olmer) une légère polynucléose au déclin de l’affection.

On n’a rien trouvé d’anormal dans le liquide céphalo-rachidien, même dans un cas très grave qui se termina par la mort. (Notons en passant cette différence avec le typhus exanthématique.)

Toutes les hémocultures, tous les frottis, se sont toujours

montrés négatifs.

Au point de vue histologique de l’éruption, enfin, on n’a guère remarqué qu’un peu de congestion des vaisseaux entourés de manchons leucocytaires, justifiant le terme d’« endovascularite » que Durand avait appliqué à la fièvre boutonneuse. Ces lésions sont les mêmes que celles que nous retrouvons à l'étude de la macule dans le typhus exanthématique.

Le Virus de la Fièvre boutonneuse

Le germe de la fièvre boutonneuse est encore inconnu, bien que Durand et Brumpt aient trouvé des Rickettsia dans le corps de Rhipicephalus sanguineus porteurs de virus : Rickettsia Conori.

Quant au virus, Brumpt, en 1930, étudiant les tiques appartenant à la deuxième génération de celles récoltées en foyer infecté, prouve que le virus n’est pas un parasite normal de cet acarien. Il montre que le virus peut passer de la nymphe à la tique et qu'il est susceptible d’être conservé à basse température.

Pour Raybaud (1928), pour Joyeux et Pieri (1931), ce virus pourrait se transmettre d’une année à l’autre par l’intermédiaire des tiques vivant dans les terriers. Il serait possible d’autre part qu'il s’aflaiblisse pendant l’hiver.

Les travaux de Blanc et Caminopetros (1931) nous apportent enfin toute une série de connaissances sur ce virus :

Celui-ci se trouve dans le sang, qui est contagieux chez l’homme pendant toute la maladie, et chez le singe seulement pendant la période fébrile. Les globules comme le sérum sont virulents. Le virus peut passer dans le liquide céphalo-rachidien en dehors de toute manifestation méningée. C’est un virus qui traverse les filtres. C’est un virus héréditaire chez la tique.

Les Réservoirs du Virus

Un grand nombre d'animaux furent successivement incriminés : les lapins, les lièvres, les renards par Raybaud dès

1928; les chiens, les rats, les souris, les mulots, des poules, les chats, les lapins, les rongeurs, par Brumpt.

Blanc et Caminopetros incriminent la tique elle-même puisque le virus persiste chez elle et s’y transmet par hérédité. La conservation du virus pourrait donc se faire, d’après eux, sans l'intervention d’un animal domestique réservoir.

Pour Durand, cependant (7 mars 1932), le chien adulte en zone d’endémie est immunisé déjà par une atteinte antérieure puisque par inoculation on ne lui confère pas de maladie, tandis qu'on détermine facilement cette maladie çhez des jeunes chiens tenus dès leur naissance à l’abri des tiques.

Pour Joyeux et Pieri (27 juin 1932), le lapin pourrait constituer aussi un réservoir de virus; en effet, après injection intra-péritonéale de sang virulent ou de tiques broyées, il conserve quelque temps le virus dans sons encéphale et ces auteurs ont reproduit la maladie chez l’homme en lui injectant du cerveau de lapin atteint de fièvre boutonneuse.

Même remarque a pu être faite enfin en ce qui concerne la gerbille, le rat, la souris (Durand, Laiïgret, Joyeux, Pieri).

Les expériences d’immunité croisée

Elles se sont jusqu’à maintenant toujours montrées négatives en: Ce Qui CONCerne :

Le typhus exanthématique historique, Le typhus endémique bénin, Le typhus mexicain, La fièvre exanthématique toulonnaise, La fièvre pourpre des montagnes rocheuses.

Le traitement de la fièvre boutonneuse

Il reste encore symptomatique.

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Distribution géographique

La fièvre boutonneuse, décrite d’abord à Tunis, fut retrouvée, nous l'avons vu, dans la région marseillaise et en Italie.

Elle sévit en France sur un territoire assez vaste qui s'étend de la région de Nice (d’OElnitz), Cannes (Fournier et Andreol, Védrenne), Fréjus (Turcan) jusqu'aux environs de Montpellier (Janbon), Béziers (Pagès), Alès (Euzière), et remonte au nord jusqu’à la Durance, à Sorgues (Godlews i, Roche), etc.

Nous retrouvons cette affection signalée à Madrid par Tapia, au Portugal, sous le nom de fièvre escharro-nodulaire par Jorge, en Italie, en Roumanie, etc.

Au Maroc, Béros et Balozet; en Algérie, Raynaud, Lemaire, en observent des cas fréquents.

Petzetakis à Alexandrie, Gabbi à Tripoli, J. Olmer à Beyrouth la retrouvent et montrent ainsi qu’elle sévit sur tout le pourtour du bassin méditerranéen.

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