‹ Les Fièvres ExanthématiquesChapitre 31 sur 55 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Nous avons voulu montrer par cette étude que toutes ces fièvres font partie d'un vaste groupe nosologique et qu'elles nous paraissent unies par des liens d’étroite parenté.

Nous avons voulu faire particulièrement ressortir que d’une part, la fièvre exanthématique toulonnaise et le typhus mexicain sont cliniquement superposables et bien dus au virus du typhus épidémique; et que, d'autre part, on ne peut élever, contre le rapprochement de la fièvre exanthématique toulonnaise et de la fièvre boutonneuse, qu'une seule objection, objection de valeur, il est vrai, en regard de très nombreuses et frappantes analogies.

Toutes ces fièvres nous paraissent dues à des virus frères descendant d’un même virus originel. Ce virus originel a subi une « mutation » à travers les âges et les divers hôtes vecteurs qui l’ont abrité lui ont donné une individualité plus ou moins accusée.

Le point important à connaître est le suivant :

Ces virus sont-ils définitivement « fixés » dans leur forme actuele ou sont-ils encore capables de mutation ?

Ces virus sont-ils définitivement fixés ? On pourrait le croire étant donné les résultats toujours négatifs des expériences ayant pour objet de faire passer par le pou le virus de la fièvre boutonneuse.

Si cette hypothèse est admise, toutes les discussions sur les fièvres exanthématiques deviennent de ce fait dénuées d'in-

térêt pratique. Il est bien évident que ces virus tels qu'ils se présentent me font courir à l’homme, pour la plupart, qu'un danger relativement faible; nous savons, en effet, que les animaux réservoirs de ces virus sont atteints tout au plus d’une fièvre légère et de courte durée ; leurs ectoparasites ne sont aucunement contraints, comme dans la peste, qui tue ou infecte gravement ces animaux, à quitter leur hôte naturel pour aller se jeter sur un autre organisme, en l’espèce l’homme.

Mais si l’on admet au contraire que ces virus sont susceptibles de se modifier encore, on peut à bon droit redouter de leur voir acquérir sous des influences spéciales, des caractères de contagiosité et de malignité extrêmes et être à l’origine de véritables désastres dans une époque à venir.

Il est difficile, et il serait pt de notre part, de répondre à cette question.

Il nous semble cependant que, devant une éventualité aussi grave, il convienne de penser au pire. On doit donc s’entourer de toutes les précautions possibles et poursuivre avec soin les recherches, car la preuve de la fixation complète de ces virus est loin d’être faite, et peut-être verra-t-on par adaptation à l’homme d'êtres infiniment petits, plus ou moins inoffensifs, se réaliser la vue prophétique de Charles Nicolle : « I] y aura des maladies nouvelles. »

Vu : BON A IMPRIMER

Le Président, SABRAZES.

Vu : Le Doyen :

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