‹ Les figurines antiques de terre cuite du Musée du LouvreChapitre 12 sur 18 · CYRÉNAÏQUE, GRÈCE · texte numérisé non relu

CYRÉNAÏQUE, GRÈCE

Caricatures bachiques et autres; acteurs, sujets de genre.

Nous avons peine à comprendre le sentiment qui portait à déposer de pareilles représentations dans les sépultures antiques; mais les anciens, qui faisaient parader des mimes et des bouffons jusque dans le cortège des grandes funérailles, considéraient le rire et même l’obscénité comme des dérivatifs aux influences funestes qui entouraient la mort. Les figures satyriques et comiques en particulier, se rattachant au cycle funéraire de Bacchus, participaient au caractère protecteur qu’avaient les masques de théâtre, comme oscilla.

Fig. 1. — Sorte de Silène aux oreilles pointues, couronné de fleurs. Il soulève, pour danser, sa longue robe blanche qui fait un contraste comique avec sa face rubiconde et sa barbe noire calamistrée. Cette figure pourrait se rapporter aux travestissements féminins du culte de Bacchus; mais nous croyons plutôt qu’elle représente le même génie aphrodisiaque que le n° 4 de la PL 39. Type analogue à Kertch ( Compt. rend. Sl-Pétersb., 1861, PL 2, fig. 4). — Terre rouge. Haut. omi2.

Fig. 2. — Petite figurine de Satyre, assis sur un rocher, que recouvre une peau de bête, coloriée en jaune; il joue de la double flûte. — Terre rouge. Haut. omo6.

Fie. 3. — Vieillard grotesque, s’appuyant sur son bâton. — Terre rouge. Haut. orao8.

Fig. 4. — Homme debout, dont l’épaisse chevelure crépue accompagne un profil très fin, qui n’a rien du nègre et qui pourrait représenter le type gréco-libyen des classes inférieures de la population cyrénéenne. Il est vêtu d’une courte tunique ceinte. Dans l’état incomplet du double exemplaire que nous possédons, il est difficile d’expliquer la pose, qui a quelque chose de celle d’un conducteur de char. — Terre rouge. Haut. omi 1 .

Fig. 5 et 6. — Nous avons complété cette planche par deux petites figurines d’acteurs, acquises d’un marchand grec, comme provenant d’Athènes. L’un, coiffé de la kyné, tient une bourse et s’enveloppe dans son étroit manteau de comédie. L’autre est remarquable par sa couronne, dont les corymbes exagérés lui font comme deux cornes, et par son pied fourchu, qui le rattache au chœur du drame satyrique. — Terre jaune. Haut. omo8 et omio.

CYRÉNAÏQUE

Suite des caricatures, animaux grotesques.

Fig. 1 .—Singe accroupi, couronné de fleurs et jouant de la harpe. — Terre rouge. Haut. omi2.

Fig. 2. — Vieille femme à tête de truie ; de sa patte fourchue elle frappe sur un tympanon. Provenance incertaine. — Terre jaune. Haut. omi 1.

Fig. 3. — Silène affourché sur son âne et jouant du tympanon. — Terre rose. Haut. omi2.

Fig. 4. — Satyre barbu, assis à rebours sur un porc et tenant un lébès cannelé. Serait-ce une allusion au nom de Sybas (de sys, porc) donné à un personnage bachique, sur un vase peint? (cf. Compt. rend. S‘- Pétersb., 1 863 , PI. 6, fig. 1). — Terre jaune. Haut. omi3.

Fig. 5. — Petit singe, modelé à la main, dont la tête coloriée en rose, avec les yeux indiqués par des points noirs, cerclés de blanc, est d’une étonnante vérité; il tient entre ses jambes uneécuelle. Même type à Kertch

[Compt. rend. Sl-Pétersb ., 1877, PI. 6, fig. 9 et 10 )• — Terre jaune. Haut. om07.

Fig. 6. — Nègre accroupi, dont la face a quelque chose du singe. Ce type, qui n’est peut-être qu’une dérivation du cynocéphale accroupi, ne se retrouve pas seulement à Cyrène, mais aussi parmi les terres cuites de Camiros d’une époque assez avancée. — Terre jaune. Haut, om09.

CYRÉNAÏQUE

Fig. 1. — Silène, représenté comme dieu courotrophe et protecteur de l’enfance. Il est ici le père nourricier du petit Bacchus, qu’il porte emmaillotté sur son épaule, lui destinant sans doute la grappe à trois ramifications qu’il tient à la main; la tête de l’enfant est brisée. Même type à Kertch ( Compt. rend. S‘-Pétersb.y 1868, PI. 3, fig. 1, et 1869, PI. 2). — Terre jaune. Haut. om09.

Fig. 2, 3 et 4. — On peut rapprocher de ce prototype une curieuse représentation qui est jusqu’ici particulière à la fabrique des terres cuites cyrénéennes. Elle figure un démon grotesque, chauve, ventru et court, aux oreilles bestiales, à la face souriante, qui rappelle la figure de Socrate' et surtout celle de Silène. Entouré d’une ceinture de jeunes garçons, au nombre de trois ou de cinq, tous drapés dans de petits manteaux de couleur alternativement bleue et rose, il est parfois lui-même encapuchonné dans une espèce de pénule fermée, analogue à celle] que portent certaines formes du dieu Priape et aussi le petit Télesphore, génie de la santé. Je verrais dans cette manière de Père Gigogne un dieu de la génération, protecteur des enfants mâles, peutêtre le patèque Gigon ou Gignon , qui faisait partie du cycle d’Aphrodite ( Thesaur . ling. grœc. à ces mots). J’écarte à regret, à cause des oreilles pointues, l’idée d’un Socrate héroïsé, comme génie protecteur de l’école, — Terre rouge. Haut. omio, omi 1 et omi4.

Fig. 5 et 6. — Deux autres nains grotesques et barbus, l’un debout, l’autre accroupi, couverts du même manteau à capuchon que les figurines ci-dessus. — Terre rouge. Haut. omo85.

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